Iran : les jeunes auteurs de la vidéo "Happy" condamnés

Par @Culturebox
Publié le 19/09/2014 à 18H42
Une des jeunes femmes de la  vidéo "Happy" We Are Tehran.

Une des jeunes femmes de la  vidéo "Happy" We Are Tehran.

© saisie écran

Sept Iraniens ayant participé à un clip vidéo sur le hit mondial "Happy" de Pharrell Williams diffusé sur internet ont été condamnés à des peines de prison et de coups de fouet avec sursis, a fait savoir vendredi l'un de leurs avocats.

Une expression de joie trop occidentale

La vidéo, mise en ligne sur Youtube en avril, montrait trois hommes et trois femmes, non voilées, chanter et danser dans les rues et sur les toits de Téhéran au son du succès musical planétaire qui fait l'éloge de la joie et du bonheur.

La vidéo, qui a été vue plus d'un million de fois depuis avril, avait provoqué la colère des milieux conservateurs, estimant que les Iraniens, en particulier les jeunes, délaissent les valeurs islamiques pour un mode de vie plus occidental. Les participants avaient été arrêtés en mai puis libérés sous caution quelques jours plus tard après une "confession" diffusée par la télévision d'Etat.
91 coups de fouet et de la prison pour toutes les danseuses

Lors de leur procès, les sept jeunes ont été reconnus coupables de "diffusion illégale d'un film" et "relations illicites", a précisé leur avocat, Farshid Rofougaran.
   
L'une des danseuses, qui avait également mis en ligne la vidéo, a écopé d'un an de prison et 91 coups de fouet. Les cinq autres danseurs et le réalisateur du clip ont été condamnés à six mois de prison et 91 coups de fouet. Toutes ces peines ont été prononcées avec sursis, a-t-il ajouté.
   
L'avocat a indiqué ignorer si ses clients souhaitaient faire appel de ce jugement, qui lui a été signifié oralement par un tribunal de Téhéran.  
   
"L'absurde le dispute à l'injuste" pour Amnesty

Plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme ont dénoncé ces condamnations. "Avec ce verdict, l'absurde le dispute à l'injuste", a réagi Amnesty International dans un communiqué, estimant que si le jugement était confirmé, "ces personnes seraient condamnées et cataloguées comme criminelles uniquement pour avoir réalisé un clip vidéo en hommage à la joie".
   
L'arrestation de ces jeunes avait été largement dénoncée sur les réseaux sociaux, dont l'accès est bloqué par les autorités iraniennes.

Le président iranien Hassan Rohani avait lui-même estimé dans un message sur Twitter que "le bonheur est le droit de notre peuple. Nous ne devrions pas être trop durs face à des comportements causés par la joie".

Quant à Pharrell Williams, il avait tweeté en mai sa tristesse de voir des jeunes arrêtés "pour avoir tenté de partager la joie".