FNAC Live : Nekfeu "parle autant de Dragon Ball que de bouquins"

Par @Culturebox
Mis à jour le 17/07/2015 à 16H14, publié le 17/07/2015 à 15H59
Le rappeur Nekfeu, le 7 juillet 2015 à Paris

Le rappeur Nekfeu, le 7 juillet 2015 à Paris

© MATTHIEU ALEXANDRE / AFP

Le rappeur Nekfeu, en concert le samedi 18 juillet dans le cadre du festival Fnac Live à Paris, explique essayer de "casser des tabous et des codes" existant encore dans le rap en puisant ses inspirations hors des cultures urbaines.

Matthieu Chedid, "Gainsbarre", Karl Lagerfeld, Jack London, Guy de Maupassant... "Moi, ça ne me dérange pas de prendre des références qui n'ont rien à voir avec le rap, comme dans le rock ou dans des bouquins", explique Nekfeu,jeunerappeur Parisien de 25 ans, ses cheveux un peu longs cachés sous une casquette noire, attablé à une terrasse de café dans le Ve arrondissement où il a ses habitudes.

Plongée dans une bibliothèque

"Mon rap, c'est un vitrine où je place tout ce qui me plaît. C'est comme quand tu décores ta chambre et que tu vas mettre des figurines de Goldorak ou des Chevaliers du Zodiaque. Ce n'est pas forcément pour montrer ça aux autres mais pour te les approprier", ajoute Ken Samaras, dont le nom de scène vient du verlan de son surnom "le Fennek".

Dans son premier album solo, "Feu", le membre des groupes 1995 (récompensé par une Victoire de la musique l'an dernier), S-Crew et l'Entourage a largement puisé dans sa bibliothèque: "Martin Eden" (Jack London), "Le Horla" (Guy de Maupassant), "Risibles amours" (Milan Kundera). On croise aussi dans ses textes l'auteur américain John Fante ("Demande à la poussière"), Zola ou Houellebecq. 

Un côté ludique

"J'ai toujours aimé ce côté ludique quand des rappeurs citaient des livres et que, du coup, que je comprenais leur texte parce que j'avais lu ce livre ou bien que j'allais lire le livre pour savoir de quoi ils parlaient", explique le jeune homme d'origine grecque.

"Quand je lis des écrivains russes du XVIIIe ou du XIXe, pour moi c'est de la littérature de voyous. Ca parle de duels, de cuites à la vodka, d'amours passionnés. C'est dommage que ça passe parfois pour trop vieillot", ajoute-t-il.

Une star des médias

Et à ceux qui lui reprocheraient de faire étalage de sa culture, il réplique: "Je parle autant de Dragon Ball que de bouquins, je mets tout ça au même niveau. (...) Après, si le fait de parler de bouquins et de pouvoir aller sur France Inter, ça me différencie de certains rappeurs qui ne sont pas intéressés par ça, tant mieux, j'en suis fier!"

Adopté par certains médias habituellement peu versés dans le rap, Nekfeu réfute tout régime de faveur parce qu'il serait blanc: "Maître Gims ou Black M, ils sont partout, et ils ne sont pas blancs que je sache! Les médias se sont intéressés à moi à partir du moment où mon album a marché",dit celui dont le premier album s'est écoulé à ce jour à près de 70 000 exemplaires et dont les tubes "On verra" ou "Nique les clones" cumulent les clics sur les sites de streaming.

De quoi rassurer ses parents qui le voyaient bien devenir assistant social : "Quand les parents ne voient pas d'argent rentrer, ils s'inquiètent, c'est normal. Maintenant, je vais leur ramener le disque d'or!"