"David Bowie : the seventies" : une exposition photo à Paris puis à Aix

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 10/06/2016 à 15H20, publié le 10/06/2016 à 12H04
David Bowie sur scène au Earl's Court Arena à Londres en mai 1973.

David Bowie sur scène au Earl's Court Arena à Londres en mai 1973.

© Gijsbert Hanekroot / Getty Images

Un peu plus d'un an après la belle exposition de photos de Davie Bowie signées du Japonais Sukita, la galerie Stardust à Paris propose un autre regard sur le Thin White Duke. Celui d'un photo-reporter néerlandais, Gijsbert Hanekroot, qui a immortalisé Bowie dans les années 70, principalement sur scène. A voir à Paris jusqu’au 2 juillet, puis cet été à Aix-en-Provence.

Des clichés soignés pourtant saisis à la volée, jamais en studio

Si vous êtes amateur de rock, vous avez forcément croisé dans votre vie au moins une photo de Gijsbert Hanekroot. Et sans doute beaucoup plus. Si son nom reste méconnu, le tableau de chasse de ce Néerlandais est tout à fait impressionnant. Dans les années 70, il a shooté les plus grands, de Neil Young à Patti Smith, de Lou Reed à John Lennon, de Bob Dylan à Jimmy Page. Mais aussi David Bowie.

Contrairement au délicieux Mr Sukita rencontré l’an passé dans cette même galerie Stardust, Gijsbert Hanekroot n’a jamais saisi les pauses de Bowie en studio. A voir certains de ses clichés, on jurerait pourtant qu’ils ont été saisis dans l’intimité d’un huis clos. Et surtout pas en concert. Pourtant c’est bien le cas. On y constate que l’esthétique radicale et soignée de Bowie ainsi que sa grâce naturelle et son sens profond du geste l'accompagnaient partout. Y compris dans la vraie vie.
David Bowie sur scène à Rotterdam le 13 mai 1976 à Rotterdam.

David Bowie sur scène à Rotterdam le 13 mai 1976 à Rotterdam.

© Gijsbert Hanekroot / Getty Images

"Un contrepoint aux photos officielles"

Autodidacte, Hanekroot travaillait à l’époque pour un magazine de rock local, Oor (qui signifie "oreille" en néerlandais) dont il fut le photographe principal durant cinq ans, avant de se faire doubler par son propre assistant, le célèbre Anton Corbijn.

Il faisait du photo-reportage et donc beaucoup de photos de scène. Principalement en noir et blanc mais aussi en couleurs. D'abord avec un Nikon puis un Canon. "J'ai le sentiment que mes photos était un contrepoint au travail des photographes que Bowie recrutait pour chacun de ses albums", analyse-t-il. "Mon travail sur lui s'étale sur cinq ans, de 1973 à 1978, ce qui est bien plus que les photographes officiels qui "duraient" rarement plus de 18 mois."

Gijsbert Hanekroot devant ses clichés à la Galerie Stardust, mai 2016.

Gijsbert Hanekroot devant ses clichés à la Galerie Stardust, mai 2016.

© Laure Narlian / Culturebox

Beaucoup de photos de scène

L’exposition présente une grosse vingtaine de ses clichés de Bowie saisis en concert, en 1973, 1976 et 1978, mais aussi durant un show télé en février 1974 à Amsterdam et sur le tournage du clip de "Rebel Rebel".

On peut admirer de belles photos graphiques en noir et blanc de Ziggy Stardust, drapé d'un kimono ou à genoux sur scène tel un extra-terrestre au troisième œil, mais aussi en Halloween Jack avec salopette rouge et bottes à talon. On le croise encore dans le lobby d'un hôtel, d'une élégance presque surnaturelle en long manteau moiré et pochette féminine, puis sur scène en Thin White Duke, ultra classe avec ses cheveux gominés et son look années 30.

David Bowie avec sa femme Angie et son fils Duncan à Amsterdam en 1974.

David Bowie avec sa femme Angie et son fils Duncan à Amsterdam en 1974.

© Gijsbert Hanekroot

Une session particulière à Amsterdam en 1974

La session la plus savoureuse est celle saisie en couleurs en 1974 en marge de la remise d’un Edison Award (un prix de l’industrie musicale) aux Pays-Bas. En tenue d’Halloween Jack (cheveux rouges, bandeau de pirate sur l’œil, créole à l’oreille et foulard noué sur le cou), on retrouve Bowie à une table encombrée en compagnie de sa première femme, Angie Barnett, et de son fils Duncan Jones, âgé d’à peine trois ans. On voit aussi Bowie en gros plan, souriant un verre à la main, vibrant de vie, prêt à sortir du cadre pour trinquer avec vous.

Toutes les photos sont en vente signées et numérotées 1/25 dans une fourchette allant de 750 à 2.500 euros.

Un livre regroupant tous ces clichés et quelques autres, très intelligemment mis en pages (découpes et superpositions très "pop up" books), est en vente à la galerie au prix de 20 euros.


Exposition Davie Bowie The Seventies
Jusqu'au 2 juillet 2016
Galerie Stardust
19 rue Notre Dame de Nazareth Paris 3e


Puis du 7 juillet au 27 août
à la Shan-Art Gallery
3 bis rue Fernand Dol
13100 Aix-En-Provence