David Bowie : découvrez son album inédit, le très soul "The Gouster"

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 28/09/2016 à 21H26, publié le 28/09/2016 à 19H01
David Bowie à Los Angeles en septembre 1974, durant les répétitions de la seconde partie de son Diamond Dogs Tour, baptisé aussi The Soul/Philly/Dogs Tour.  Le musicien Earl Slick est au second plan, 3e en partant de la droite.

David Bowie à Los Angeles en septembre 1974, durant les répétitions de la seconde partie de son Diamond Dogs Tour, baptisé aussi The Soul/Philly/Dogs Tour.  Le musicien Earl Slick est au second plan, 3e en partant de la droite.

© Terry o'Neill / Getty Images

Ses admirateurs le savent : David Bowie était fou de soul music. Son album "Young Americans" sorti en 1975, qui marquait un tournant en ce sens, en témoigne. Mais l'icône du glam rock avait enregistré l'année précédente un album encore plus proche de ses influences soul et funk. Ce disque inédit, "The Gouster", est enfin disponible et il est jouissif. Ecoutez-le ci-dessous.

Des versions très soul

Les sept titres de "The Gouster" sont inclus dans le coffret de neuf CD (!) "Who Can I Be Now ?" (1974-1976), qui vient de sortir, presque neuf mois après sa mort début janvier. L'album dont nous parlons est le CD 4. 

Ces sept titres ont été enregistrés dans les studios Sigma Sound de Philadelphie en 1974, durant une pause de la tournée américaine The Diamond Dogs Tour qui avait été rebaptisée The Soul/Philly/Dogs Tour. Des sessions de travail qui ont ouvert la voie à l'album "Young Americans" l'année suivante.

On retrouve chacune des chansons de "The Gouster" ailleurs dans sa discographie, (notamment "Somebody Up There Likes Me" et "Can You Hear Me" sur "Young Americans") mais toujours dans des versions différentes. Celles-ci ont la particularité d'être toutes des interprétations très soul, très "black".

Le titre d'ouverture en particulier est un choc. "John I'm Only Dancing", qui figurait dans l'album "The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders From Mars" paru en 1972 est revisité à la façon de Sly & The Family Stone. Même au micro, Bowie fait une imitation convaincante de ses héros de la musique noire.

Ecoutez les deux versions de "John, I'm Only Dancing" et comparez

La version de "The Rise and Fall..." en 1972

La version de "The Gouster" en 1974

The Gouster : un dress code afro-américain

"David a eu une longue passion pour la soul, tout comme moi", explique le fidèle producteur de David Bowie Tony Visconti dans les notes de pochettes. "Nous étions fous du show télé Soul Train (Bowie finit par être invité à cette émission. En 1975, il y chanta "Fame" et "Golden Years" NDLR).Nous n'étions pas jeunes, doués et noirs (en référence à une chanson de Nina Simone), mais nous voulions absolument faire un album de soul qui tue."

Tony Visconti précise aussi la signification du titre "The Gouster". C'était  le nom du "dress code des adolescents afro-américains des années 60, à Chicago." Mais "dans le contexte de cet album, il s'agissait d'attitude, d'une attitude de fierté et de hype."

Il suffit de voir (ci-dessous) le look que Bowie arborait, son attitude et sa façon de chanter au Dick Cavett show en 1974, la même année que l'enregistrement de "The Gouster", pour comprendre.



Ecoutez "The Gouster" (le CD4 du coffret Who Can I Be Now?) : avancez au titre n°50 "John, I'm Only Dancing" puis les six suivants.