Christine and the Queens, un double musical salutaire pour Héloïse Letissier

Par @Culturebox
Mis à jour le 04/03/2015 à 10H50, publié le 04/03/2015 à 09H41
Christine and the Queens sur scène à Angers, au Chabada (28 février 2015)

Christine and the Queens sur scène à Angers, au Chabada (28 février 2015)

© Josselin Clair / PhotoPQR / Le Courrier de l'Ouest / MaxPPP

"Christine & the Queens prend aujourd'hui toute la place et c'est très bien", confie Héloïse Letissier à l'AFP à propos de son double musical. "Moins je suis Héloïse, mieux ça me va", ajoute la chanteuse sacrée artiste féminine de l'année aux dernières Victoires de la musique, en concert vendredi à l'Olympia.

"J'ai toujours été peu intéressée par mon état civil et mon quotidien. C'est pour ça que j'ai créé un personnage, pour m'échapper dedans", explique à l'AFP la chanteuse de 26 ans aux cheveux chatain clair.

"Un processus de survie"

Plus qu'un simple pseudonyme, ce personnage de Christine & the Queens, avec ses costumes masculins et ses chorégraphies mêlant danse contemporaine et pas de danse de Michael Jackson sur des chansons éléctro-pop, était "au départ un processus de survie" pour "exprimer ce qu'elle n'arrivait pas à exprimer".
Chant et chorégraphie pour "Christine", lors du premier passage de Christine & the Queens aux Victoires 2015
Cette élève brillante qui a renoncé à des études théâtrales est devenue "Christine" au retour d'un voyage à Londres en 2010 où elle a passé ses nuits dans un club de travestis. Elle s'y est liée d'amitié avec des drag queens qui lui ont donné envie de chanter, et qui, ducoup, demeurent accolées à son nom de scène.

"Christine n'est rien d'autre qu'une stratégie, c'est comme quelqu'un qui met du rouge à lèvres pour se sentir plus à l'aise avec son visage", explique la chanteuse. Elle reconnaît dans un sourire que "beaucoup de psys ont dû ouvrir leur calepin" quand elle a soudain remercié "Christine" lors des Victoires où elle a aussi reçu le trophée pour le meilleur vidéo-clip.

"Ce qui se passe est assez vertigineux"

"Tout ce qui se passe, c'est assez vertigineux, car je suis une très jeune interprète", reconnaît celle dont le premier album "Chaleur humaine" (Because Music) a profité d'un effet "Victoires" pour dépasser la barre des 300.000 exemplaires écoulés.

"La Victoire de l'artiste féminine, je sais que ce n'est pas la même que celle qu'on donnerait à une Catherine Ringer qui a 30 ans de carrière et un parcours incroyable. Je la prends à mon échelle, comme un +bienvenue+. Maintenant, il faut que je construise le répertoire qui va avec cette Victoire !", souligne la jeune femme, à l'affiche de l'Olympia vendredi à Paris dans le cadre d'une tournée au long cours lancée en 2014. Cette tournée de "présentation", qu'elle vit un peu "comme un premier rendez-vous amoureux", doit encore emmener la nouvelle "reine" de la pop (surnom qu'elle prend avec le sourire car cela lui rappelle Greta Garbo dans le film "La reine Christine") un peu partout en France.
Christine and the Queens chante "Saint-Claude" lors de sa seconde prestation aux Victoires de la Musique, en costume rouge comme la couleur de son fameux clip (13 février 2015)
Une tournée et des festivals

Elle est notamment à l'affiche du printemps de Bourges en avril, du festival parisien "We Love Green" en mai, puis des Francofolies de la Rochelle en juillet. Un crochet est aussi prévu à Bruxelles (17 mars) puis un autre par le festival texan South by Southwest (SXSW, 21 mars), après un passage au Canada en février, pour cette chanteuse dont la petite musique pop commence à se faire entendre aussi au-delà des frontières françaises.

"Les moments que je passe sur scène sont toujours mes préférés et les plus intéressants pour moi à travailler. C'est un excellent moment pour tester plein de choses, voir les choses qui fonctionnent", assure cette artiste qui prend plaisir à abolir les limites entre théâtre, danse et chanson.

"J'aime bien regarder vers l'Amérique, mais on n'est pas dans quelque chose rouleau compresseur. Je ne suis pas Beyoncé ! J'aime travailler avec ce qui me plaît dans la danse contemporaine, même si je ne suis pas non plus Pina Bausch...", dit cette fan absolue de Michael Jackson à propos de ses spectacles.

Perfectionniste, elle reconnaît "savoir ce qu'elle veut sur scène" mais aime aussi "ne pas prévoir ce qui peut se passer entre les chansons" pour laisser des "moments pour des accidents" et ne pas figer le spectacle.
Christine and the Queens : "Nuit 17 à 52" aux Victoires de la Musique (14 février 2014)