"Blurred Lines" : Robin Thicke et Pharrell Williams jugés coupables de plagiat

Par @Culturebox
Mis à jour le 11/03/2015 à 10H11, publié le 11/03/2015 à 09H51
Pharrell Williams et Robin Thicke le 30 juin 2013 à Los Angeles

Pharrell Williams et Robin Thicke le 30 juin 2013 à Los Angeles

© Franck Micelotta / AP / Sipa

Robin Thicke et Pharrell Williams ont été reconnus coupables d'avoir plagié un titre phare de Marvin Gaye pour leur tube planétaire "Blurred Lines", et devront verser plus de 7 millions de dollars à ses héritiers.

Après deux jours de délibérations, le jury de 8 personnes d'un tribunal de Los Angeles a estimé que les chanteurs vedette avaient enfreint les droits d'auteur de Marvin Gaye pour son titre légendaire de 1977, "Got to give it up". Il a accordé environ 4 millions de dollars de dommages et intérêts et quelque 3,4 millions de dollars au titre des revenus générés par "Blurred Lines".
Williams et Thicke n'étaient pas au tribunal mardi. Des membres de la famille Gaye et l'un de ses avocats ont versé des larmes à la lecture du verdict, que Nona Gaye, fille de la légende de la soul, a qualifié de "miracle", assurant que sa famille avait mené cette bataille judiciaire parce que qu'"il (Marvin) ne peut le faire lui-même".

Le chanteur, l'un des fers de lance du label "Motown", auteur de titres comme "Sexual healing", "What's going on ?" ou encore "I heard it through the grapevine", est mort brutalement le 1er avril 1984 à 44 ans, abattu par son père.

Au cours des deux semaines de procès, les jurés ont entendu "Blurred lines" comparé à la partition, jouée par un pianiste, de "Got to give it up", qui était brevetée. Les jurés avaient reçu pour instruction de se concentrer sur la mélodie et non sur tous les arrangements de "Blurred Lines".
Marvin Gaye : "Got to give it up" (1977)
"Chacun de nous est libre d'élaborer sur +Got to give it up+ à partir du moment où l'on ne copie pas les notes" du morceau, a affirmé l'avocat de Thicke en conclusion de sa plaidoirie. "La famille Gaye n'est pas propriétaire d'un genre ou d'un groove".

Pharrell Williams, 41 ans, avait déclaré la semaine dernière au tribunal qu'il admirait beaucoup Marvin Gaye : "La dernière chose qu'on veut faire, c'est prendre quelque chose à quelqu'un qu'on aime." Puis il avait ajouté : "La musique soul sonne comme de la musique soul", afin d'expliquer des similarités entre les deux titres.

Richard Busch, avocat de la famille Gaye, a au contraire affirmé que Thicke et Williams avaient intentionnellement créé leur tube planétaire de 2013 en faisant de "Blurred Lines" une version modernisée de "Got to give it up".

Le clan Gaye réclamait une part des près de 16,5 millions de dollars générés par "Blurred Lines". Selon des éléments lus pendant le procès, Thicke et Williams ont gagné chacun plus de 5 millions de dollars grâce à ce titre qui a fait danser le monde entier il y a deux étés.

Pharrell Williams "extrêmement déçu"

Le troisième co-auteur de "Blurred Lines", Clifford Joseph Harris (T.I), qui n'a pas été condamné, aurait touché 700.000 dollars. Une porte-parole de Pharrell Williams a indiqué à l'AFP que ce dernier était "extrêmement déçu par la décision, qui crée un horrible précédent pour la musique et la créativité".

"Pharrell a créé +Blurred Lines+ avec son esprit, son coeur et son âme (...). Nous étudions le verdict et évaluons nos options", a-t-elle ajouté.

L'avocat des Gaye a pour sa part déclaré que les deux chanteurs "pensaient que la famille Gaye n'aurait pas les ressources pour mener cette bataille. Ils se trompaient. Ils ont commencé ce combat mais nous l'avons terminé". Les co-auteurs de "Blurred Lines" avaient déposé la première plainte dans ce litige il y a deux ans, et les Gaye ont contre-attaqué.

"Blurred lines" a fait polémique dès sa diffusion en raison de paroles et d'un clip taxés de misogynie. Robin Thicke avait par ailleurs affirmé lors d'une audience ne pas être l'auteur de la chanson, assurant qu'elle avait été composée par Pharrell seul. Depuis "Blurred lines", il a sorti un album guère remarqué, "Paula", du nom de son ex-épouse. Pharrell Williams a, lui, enchaîné les tubes entre sa collaboration avec Daft Punk, le mega-hit "Happy", et reçu également de nombreux prix.