À New York, Stromae embrase le Madison Square Garden

Par @Culturebox
Mis à jour le 02/10/2015 à 10H06, publié le 02/10/2015 à 10H07
Stromae sur la scène du Madison Square Garden, à New York, le 1er octobre 2015

Stromae sur la scène du Madison Square Garden, à New York, le 1er octobre 2015

© Matthew Eisman / Getty Images / AFP

Stromae a franchi jeudi soir une étape significative dans sa tournée nord-américaine, enflammant le légendaire Madison Square Garden, et devenant du même coup l'un des très rares chanteurs francophones, avec Charles Aznavour et Céline Dion, à triompher dans la mythique salle new-yorkaise.

"Je suis tellement fier et honoré de me produire ici", a lancé le grand Belge, visiblement ému, cité par l'AFP, afin de clôturer son tour de chant.

Stromae s'était déjà produit deux fois à New York, mais dans des salles beaucoup plus modestes. Cette fois, il s'attaquait à la "World's most famous arena", la salle de concert la plus célèbre au monde, comme elle se surnomme elle-même.

"Madison Square Garden, it's a big deal !"

"Madison Square Garden, it's a big deal !" (c'est un truc énorme), a-t-il lancé, en ouverture, à un public majoritairement composé d'Européens, au sein duquel flottait un drapeau belge.

Mais Paul Van Haver, de son vrai nom, a conservé la parfaite maîtrise de sa prestation et déroulé son concert tel un habitué du lieu. "Ta fête" en lever de rideau, comme à l'habitude, puis les titres s'enchaînent : "Evora", "Carmen", "Formidable", que le Bruxellois a agrémenté de ses fameux pas de danse, en agitant ses longs segments à la manière d'un pantin désarticulé.

Durant presque deux heures de spectacle, Stromae n'a pas donné le moindre signe de fatigue, lui dont la santé est régulièrement objet de rumeurs depuis qu'il a interrompu sa tournée africaine, en juin. Plus récemment, le 22 septembre, en pleine tournée nord-américaine, il a annulé un concert à Minneapolis, dans le Minnesota, avant d'expliquer, quelques jours après, avoir été victime d'une chute sans gravité.

"Tout en lui est unique", confie une spectatrice américaine

"C'était top", s'est enthousiasmé, à la sortie du concert, Sasha, une Américaine qui ne connaissait qu'"une ou deux chansons" de Stromae . Elle a aimé son "énergie", et plus encore le fait qu'il l'ait conservée tout au long du spectacle. "Tout en lui est unique", a dit Evodie, une autre Américaine séduite par le personnage. "Son style, sa musique, sa manière de danser, ses vêtements."

"Je l'avais vu à Terminal 5", l'une des deux salles où il s'était déjà produit, "mais je ne pensais pas qu'il pourrait remplir le Garden", a reconnu, admirative, Evodie. Le "MSG" était pourtant plein, lui qui peut abrioter plus de 19.000 personnes en configuration concert.

Stromae a donc conclu jeudi soir en fanfare une tournée réussie de onze dates (en excluant le concert annulé de Minneapolis), autour de laquelle il avait réussi à créer l'effervescence grâce à plusieurs vidéos postées sur YouTube. On l'y voit poser son synthétiseur à Times Square au milieu de la nuit ou un prêtre de Los Angeles le marier avec lui-même, réunissant le couple imaginaire du clip de "Tous les mêmes".

Saga de Stromae aux USA, suite : un mariage avec lui-même dans "Tous les mêmes" à Los Angeles (vidée postée le 29 septembre 2015)

La prestation de jeudi a été suivie avec passion par le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, présent dans la salle et qui a twitté plusieurs photos et vidéo. Après un "Papaoutai" endiablé sur un premier rappel, le trentenaire a prolongé les adieux durant de longues minutes, désireux de communier sans urgence avec le public.

Stromae a obtenu durant plusieurs minutes le silence du Madison Square Garden pour entonner avec ses quatre musiciens un "Tous les mêmes" a cappella, à la manière de sa vidéo postée à Los Angeles.

"J'adore, parce qu'à chaque fois, on découvre de nouvelles choses", a expliqué Anne Simon, professeur de français dans le New Jersey et qui avait déjà vu Stromae lors de ses deux premières sorties new-yorkaises.

Elle ne s'étonne pas du succès qu'il rencontre hors des pays francophones. "Mes élèves le connaissent", dit-elle, "et tous mes amis profs de français apprennent +papaoutai+ à leurs élèves". "Je sais que j'irai le revoir", promet déjà Evodie.