Pleyel : la Cité de la Musique contre-attaque en appel

Par @Culturebox
Mis à jour le 24/11/2014 à 20H01, publié le 24/11/2014 à 20H02
La salle Pleyel.

La salle Pleyel.

© Pierre Verdy / AFP

La Cité de la Musique a contesté lundi devant la cour d'appel de Paris l'interdiction qui lui a été faite de conclure un contrat de concession de la salle Pleyel, s'estimant lésée par un litige qui ne la concerne pas.

La Cité de la Musique est une victime collatérale d'un contentieux qui oppose deux particuliers, Marie-Christine Tarditi et son époux Hubert Martigny, avec lequel elle est en instance de divorce.
   
M. Martigny a été propriétaire de la salle Pleyel de 1998 à 2009. Il l'a cédée à la Cité de la Musique en 2009 pour 60,5 millions, un prix très inférieur à sa valeur, selon Mme Tarditi.
   
Une procédure est en cours devant le tribunal de commerce pour faire annuler l'assemblée générale de la société IDSH, dont Mme Tarditi est actionnaire minoritaire, qui a acté la cession de la salle.
   
Dans l'attente de ce jugement, Mme Tarditi a obtenu du tribunal de commerce qu'il interdise, à titre conservatoire, à la Cité de la Musique de signer un contrat de concession, comme il en a l'intention.
   
A l'audience lundi, les conseils de la Cité de la Musique ont plaidé, entre autres, que l'affaire ne relevait pas de la justice judiciaire mais de la justice administrative.
   
Depuis la décision du tribunal de commerce, le préfet d'Ile-de-France a invité la cour d'appel à se dessaisir, au profit du tribunal administratif.
   
Le parquet général, en réponse, a estimé que la cour était bien compétente pour examiner l'appel.
   
Outre la compétence, les avocats de la Cité de la Musique ont également plaidé que Mme Tarditi n'avait pas intérêt à agir car elle n'avait jamais été propriétaire de la salle Pleyel.
   
Ils ont aussi rappelé que la vente de la salle Pleyel à la Cité de la Musique n'avait jamais été contestée en justice, ni par IDSH ni par Mme Tarditi.
   
"Si on la récupère, on la récupère comment? Grevée d'une concession de 15 ans et ce qui fait son ADN, c'est à dire la musique classique, ayant disparu", a répliqué le conseil de Mme Tarditi, Me Olivier Pardo, évoquant le cahier des charges du contrat de concession.
   
Il prévoit en effet que le nouvel exploitant ne puisse pas y produire de musique classique ou de danse classique. Il s'agit de ne pas concurrencer la Philarmonie de Paris, nouvelle salle de concert de l'est parisien, dont l'ouverture est prévue le 14 janvier.
   
La cour a mis sa décision en délibéré au 16 décembre.