Paul Klee à la Cité de la musique : des concertos et un pinceau.

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 16/11/2011 à 11H11
  • Paul Klee: le château.(Détail) .1923.
  • Paul Klee : Autoportait juvénile . 1910.
  • Franz Marc: Petite composition . 1913.
  • Paul Klee : Hamamet. 1914
  • Paul Klee:jardin fantastique. 1920
  • Paul Klee: Jouet. 1931.
  • Paul Klee : la lumière et les arrêtes . 1935
  • Paul Klee:Eidola: ex-pianiste. 1940.
  • Paul Klee: le timbalier ( détail ) . 1940
  • Anonyme :Quintette .
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  • Paul Klee: le château.(Détail) .1923.
    Cette aquarelle est typique du travail de Paul Klee: jeux de couleurs,de lignes et de signes. © DR
  • Paul Klee : Autoportait juvénile . 1910.
    Paul Klee débute mais le trait du visage est déjà fractionné . © DR
  • Franz Marc: Petite composition . 1913.
    La " violence des couleurs " et la liberté du trait influenceront considérablement Paul Klee. © DR
  • Paul Klee : Hamamet. 1914
    Le paysage se résume à des formes géométriques et les arbres à des signes . © DR
  • Paul Klee:jardin fantastique. 1920
    Dans cette huile les arbres sont posés comme des notes de musique sur une portée. © DR
  • Paul Klee: Jouet. 1931.
    Les signes, nouvel alphabet poétique sont de plus en plus présent.  © DR
  • Paul Klee : la lumière et les arrêtes . 1935
    Le paysage devientn uniquement un jeu de formes. © DR
  • Paul Klee:Eidola: ex-pianiste. 1940.
    Le piano et son clavier font totalement parti du corps du personnage. © DR
  • Paul Klee: le timbalier ( détail ) . 1940
    Le trait est large, menaçant et l' oeil observe...mais il y a toujours le jeux des lignes avec cette ambiguité : le signe deviendra - t- il lettre ou note de musique ? ou les deux à la fois? . © DR
  • Anonyme :Quintette .
    A droite , Paul Klee en train de jouer du violon . © DR

Paul Klee à longtemps hésité entre une carrière de violoniste et le métier de peintre. La musique est omniprésente dans sa vie mais aussi dans son oeuvre. Cette exposition : "Paul Klee Polyphonies" (jusqu' au 15 Janvier) démontre comment la musique a toujours été l'inspiratrice d'un travail artistique aux très nombreuses facettes.

Exposer un peintre à la Cité de la Musique, à première vue cela peut paraître curieux, mais en fait Paul Klee, l'homme de la couleur, a toujours eu des notes dans sa tête. Mieux, il était persuadé que la musique avait atteint son apogée avec Mozart et que les arts visuels devaient eux aussi s'approcher de cet idéal. La musique l'a accompagnée toute sa vie, elle a éclairée et influencée une  oeuvre diverse, polyphonique, dans laquelle le peintre a toujours essayé de concilier les contraires. Et l 'artiste révait d'une synthèse des deux arts: musique et peinture. A travers 130 oeuvres et plus de 70 documents, l' exposition place sous les projecteurs et sous le regard du visiteur la culture musicale d'un coloriste ivre de concertos.

Des débuts en musique et la conquête de la couleur 

Paul Klee est né dans une famille de musiciens, il apprend le violon des l' âge de sept ans. Enfant, il fréquente déjà les salles de concerts et d'opéras. Jeune adulte il hésite entre une  carrière musicale et picturale avant de céder à "la déesse du pinceau au parfum d' huile". Mais il mettra plus de quinze ans à s'imposer comme peintre et pendant ce temps la musique lui permet de gagner sa vie. Durand toute son existence, en duo avec sa femme pianiste Lily ou avec des amis au seins de quatuors il pratrique la musique, surtout les grandes oeuvres du répertoire classique et romantique. Dans sa conquête de la couleur, ses rencontres avec d'autres peintres sont capitales. Vers 1912 il fait parti du mouvement Cavalier Bleu ( Blau Reiter) et découvre le travail de Franz Marc. Plus tard il croisera les oeuvres de Kandinsky et Delaunay : celles ci jouèrent un rôle important dans son évolution. Il travaille en écoutant Mozart, Beethoven mais aussi Schumann ou Debussy. 

Le choc de la Tunisie  et l' expressionisme de la couleur 

Les années 1912-1915 sont capitales : Paul Klee pense à un projet d' une construction "polyphonique" de la couleur. Un voyage en Tunisie en 1914 est un choc et une révélation : le projet d'abstraction auquel il rêve peut passer par un paysage ( tunisien ) et ce paysage peut devenir un champ de signes. Il construit ainsi une nouvelle écriture poétique. Mais Paul Klee a aussi une deuxième révélation : Il rencontre l'univers du compositeur et pianiste Ferrucio Busoni, défenseur d'un "nouveau classicisme" et il en est profondement marqué. La musique de Busoni correspond parfaitement à l'oeuvre plurielle de Paul Klee car elle est faite de plusieures lignes mélodiques entremêlées.

 

Le bauhaus et les rencontres avec Stravinsky , Bartok et les autres 

En 1920 Klee est appelé au Bauhaus de Weimar, il poursuit ses recherches sur la transposition des principes d' écritures musicales en peinture. Il quitte le Bauhaus pour l' Académie de Dusseldorf en 1930, ses oeuvres s'aérent car il recherche un nouveau language polyphonique. Il est influnencé par Mozart et Haydn, un art intemporel.

Le renvoi et la fin 

Des l'arrivée d' Hitler au pouvoir Paul Klee est renvoyé de l'académie de Düsseldorf. Il se rend à Berne où il meurt en 1940. Dèe 1935 il est victime de Sclérodermie et doit renoncer à la pratique du violon. A la fin de de sa vie il peint avec un trait large et schématique. En 1940 il dessine une série intitulée "Eidola": une multitude de musiciens fantômatiques qui font corps avec leur instruments. Jusqu'à son dernier souffle la musique ne l'aura jamais quitté, d' ailleurs lui même déclarait :"Tantôt je m' imaginais capable de dessiner, tantôt capable de rien...il n'y a guère qu'en musique que je n' ai jamais connu d'hésitations".

http://www.cite-musique.fr

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ferruccio_Busoni

Musée de la Cité de la Musique : 221 avenue Jean jaures . Paris XIXe.

Du mardi au samedi : 12h/18h . Le dimanche : 10h/18h. Entrée:8 euros.