Décès de la soprano Denise Duval, égérie de Poulenc, à 94 ans

Par @Culturebox
Mis à jour le 26/01/2016 à 19H20, publié le 26/01/2016 à 18H46
Denise Duval et Francis Poulenc en mars 1960 © Louis Joyeux / INA / AFP

La soprano française Denise Duval, égérie de Francis Poulenc, est décédée lundi à 94 ans en Suisse, où elle vivait depuis son retrait de la vie artistique, a annoncé sa famille.

Née à Paris le 23 octobre 1921, Denise Duval avait fait ses études au conservatoire de Bordeaux où elle a débuté au théâtre. Très vite, elle se tourne vers la chanson et est remarquée par Francis Poulenc aux Folies-Bergère. Fleur Pellerin, la ministre de la culture a rendu hommage, mardi, dans un communiqué à "l’une des plus belles interprètes des plus illustres compositeurs français du XXe siècle".
 
Ravissante et dotée d'un vrai tempérament (elle monte à Paris en dépit de l'opposition de son père militaire pour se lancer dans la chanson), Denise Duval séduit immédiatement Poulenc et une amitié exceptionnelle les lie jusqu'au décès de ce dernier, en 1963.

"Un rayon de soleil"

"Elle a été pour lui un rayon de soleil, ils étaient confidents l'un de l'autre jusqu'au bout", a témoigné son biographe Bruno Berenguer,, délégué artistique à la création à Radio France. "Nous étions vraiment très unis", avait confié la soprano lors de la sortie d'un DVD autour de "La Voix humaine", en 2009. Le compositeur lui écrira un jour: "Tu représentes exactement ce que j'aurais voulu être si j'avais été femme !".
Poulenc fait appel à elle dès 1947, pour la création à la Salle Favart des "Mamelles de Tirésias", opéra bouffe tiré du drame surréaliste d'Apollinaire. Denise Duval enchaîne les œuvres de son temps (Darius Milhaud, Germaine Tailleferre...) et promène sa voix de soprano gracile dans quelques productions de l'Opéra de Paris ("La Flûte enchantée", "Oberon", "Les Indes galantes").

Poulenc, encore et toujours

Mais c'est Poulenc encore et toujours qui la fera triompher, d'abord dans le rôle de Blanche lors de la première française de "Dialogues des carmélites" (Palais Garnier, 1957) et surtout dans "La Voix humaine", composée à son attention d'après une pièce de Cocteau. "Si je n'avais pas été l'interprète de Poulenc, personne ne parlerait de moi", disait-elle modestement.
 
Outre sa présence sur les scènes françaises, Denise Duval s'est produite dans les plus grandes salles lyriques internationales : Scala de Milan, La Fenice de Venise, festivals de Glyndebourne et d'Edimbourg, Opéra de Monte Carlo, Liceu de Barcelone, São Carlos de Lisbonne, Carnegie Hall de New York, Théâtre Colón de Buenos Aires. Denise Duval avait quitté la scène en 1965, à la suite d'un accident vocal mal traité, qui l'avait laissée quasiment aphone.