Tan Dun à l'Auditorium de Lyon : un choc musical et visuel

Par @Culturebox
Mis à jour le 26/05/2016 à 09H25, publié le 26/05/2016 à 09H23
Tan Dun en pleine performance de "Martial arts trilogy" au Chili en 2015

Tan Dun en pleine performance de "Martial arts trilogy" au Chili en 2015

© MARIO RUIZ/(EPA) EFE/Newscom/MaxPPP

Le compositeur chinois oscarisé Tan Dun présente ce soir et samedi sa nouvelle création à Lyon. Reprenant le célèbre hymne de Béla Bartók, "The Miraculous Mandarin", l'Orchestre National de Lyon jouera également 13 morceaux de Tan Dun, librement inspirés de 13 femmes qu'il a rencontrées et filmées. Vibrant hommage de l'artiste au language Nu Shu et au caractère organique de la musique.

Le compositeur s’est passionné pour le destin de femmes originaires d’une contrée reculée, venues à Pékin acclamer Mao, le nouveau président de la République. Dans leur village isolé s’était développé un idiome secret, transmis de femme en femme. À Pékin, personne ne les comprenait et on les interna, les croyant folles. Le Nu Shu, c’est ce langage inouï et la tradition vocale qui s’y rattache.

Reportage : M. Figureau / S. Goldstein / D. Dumas


13 microfilms, 13 musiques, 13 femmes

Venir écouter Tan Dun à l'Auditorium, c'est toujours s'embarquer pour un long voyage en musique entre Occident et Orient. Il propose, cette fois-ci, de découvrir le Nu Shu, une langue ancestrale de son pays. Le compositeur a écrit 13 musiques illustrant 13 femmes qu'il a filmées. Ce dernier transmet ces petits mouvements à l'Orchestre National de Lyon : "On peut se demander pourquoi on fait de la musique, nous les compositeurs et chefs d'orchestre. En réalité, la musique c'est les larmes de l'Histoire. Je cherche à créer à partir de ce qui s'estompe et part en fumée", confie Tan Dun. 


Une touche de Bartók

Dans le "Mandarin Merveilleux", Bartók traite lui aussi la violence de la ville. Trois voyous séquestrent une fille et l’obligent à séduire des passants qu’ils vont ensuite détrousser. Cela commence avec des bruits urbains où l’érotisme monte progressivement. Sommet de la période expressionniste de Bartók, cet hymne déploie un orchestre démesuré et débordant.

Pour accompagner ces chants, Tan Dun utilise des percussions chinoises et des éléments de la nature comme des galets ou de l'eau : "Il y a plus de 5 000 ans, les gens écoutaient les rivières, les orages et le bruit de la mer. Il est important de revenir à l'origine organique de la musique", explique le compositeur oscarisé pour "Tigre et Dragon" d'Ang Lee en 2000. 


Tan Dun remporte l'Oscar de la meilleure bande originale pour "Tigre et Dragon" en 2000 :

Les représentations de "Mandarin Merveilleux" sont prévues jeudi 26 et samedi 28 à l'Auditorium de Lyon.