Tahiti : un concert de 4 750 joueurs de ukulele pour battre le record du monde!

Par @Culturebox
Mis à jour le 12/04/2015 à 18H33, publié le 12/04/2015 à 17H52
Le record du monde a été établi avec 4.750 participants au concert.

Le record du monde a été établi avec 4.750 participants au concert.

© GREGORY BOISSY / AFP

Du simple quidam au président du "fenua", 4.750 Polynésiens venus de tout l'archipel avec leur ukulele ont relevé samedi 11 avril au soir (dimanche 12 à Paris) le défi de battre le record du monde du nombre de musiciens jouant simultanément.

Maiana, une quinquagénaire joviale de Parara, a traversé tout Tahiti comme une bonne partie des Tahitiens pour converger vers To'ata, la plus grande place de Papeete, sur le front de mer. L'enjeu est d'importance : ils veulent supplanter le record des ...  Anglais qui ont réuni 2.370 musiciens en juillet 2014.

Né avec un ukulele dans les mains

"Hier soir, y'avait pas autant de monde pour Jean-Marie Bigard", s'amuse une vahiné qui patiente dans une longue file d'attente, couronne de fleurs sur la tête. Depuis le début de l'après-midi, To'ata se remplit, malgré quelques averses. Près de 3.000 personnes doivent rester en dehors de l'enceinte prévue pour le record, mais jouent et chantent en même temps que ceux qui ont pu entrer, grâce à un écran géant disposé à l'extérieur. A quelques centaines de mètres, les passagers de deux bateaux de croisières profitent du concert.
"Je suis né avec un ukulele dans les mains, alors ça me touche le coeur de les voir tous jouer ensemble", confie Emile Ariipeu, un caméraman devenu le chef d'orchestre de l'événement : la tentative de record du monde est organisée par sa chaîne, TNTV, et relayée en direct pendant une heure et demie.

Un ukulele dans chaque famille

Dans le public, Franck Tiaahu est venu avec plusieurs dizaines de collègues de sa banque : "dans notre entreprise, on prend des cours deux fois par semaine depuis plus d'un mois, et même tous les jours depuis une semaine, ça va, on est au point !". Certains sont même venus en avion des archipels éloignés, comme les Marquises, les Tuamotu ou les Australes. Teiva Teriivahine, lui, joue au milieu d'une quarantaine d'habitants de Bora Bora. "La chanson du record, c'est la nôtre, c'est un peu grâce à Bora Bora qu'on va gagner", se félicite-t-il.
  
"Les gens ont besoin de partage : on a choisi de jouer des grands classiques de bringues et des familles, et on a des milliers de musiciens qui sont tous synchro", admire Andy Tupaia, chanteur à succès en Polynésie. "Il n'y a pas une famille polynésienne où on ne trouve un ukulele qui traîne, c'est l'instrument sur lequel on pleure son chagrin", confirme le président de la Polynésie française Edouard Fritch, avant de monter sur scène pour jouer aux côtés des stars tahitiennes et hawaiennes, tandis que plusieurs de ses ministres grattent aussi les quatre cordes de leur instrument au milieu du public.

Le record sur "Bora Bora" d'Eddy Lund

A 17h, les présentateurs annoncent la tentative de record. Toute la place se met à vibrer à la mélodie de "Bora Bora", une chanson d'Eddy Lund qui a contribué à la renommée internationale de l'île. Les débutants fixent les écrans qui affichent les quatre accords en temps réel. Mais à la fin de la  hanson, le record ne peut pas être validé : la chanson a été trop courte, et les Tahitiens ont chanté trop fort, alors que c'est le ukulele qui doit dominer.

La place se remet à jouer, murmurant cette fois les paroles, pendant les cinq minutes règlementaires. Une fois le record validé, tous les musiciens finissent la chanson à pleins poumons, et enchaînent sur "Porinetia", une autre chanson très populaire. Même les vigiles chantent en riant, au milieu de quelques drapeaux polynésiens brandis dans un patriotisme bon enfant. Quelques minutes plus tard, un huissier de justice monte sur scène pour valider le record : 4.750 Polynésiens ont joué simultanément. Ce nombre sera officiellement soumis au livre Guinness des records.

"C'est un instrument qui vient à la base de Braga, au Portugal, mais les Polynésiens se le sont approprié : on est presque 5.000 aujourd'hui, et si les Américains nous battent (le 18 avril à Los Angeles), on sera 10.000 dans un stade la prochaine fois !", annonce Heremoana Maamaatuaiahutapu, ministre de la culture.