Lorsque Salif Keita, noble de naissance, chante et dédie, à la manière d’un griot, le morceau Mandjou au président guinéen Sékou Touré, il bouleverse totalement la riche tradition dont il est issu.

Tout au long de ces douze minutes épiques, Salif Keita inverse en effet non seulement les codes sociaux de l’espace mandingue, mais donne à l’Afrique de l’Ouest son premier véritable tube. Publié en 1978, Mandjou est un véritable tour de force enregistré à Abidjan, où se sont établis Les Ambassadeurs, devenus pour l’occasion Ambassadeurs Internationaux, la formation malienne dont Salif est alors le chanteur vedette.
Depuis la métropole ivoirienne, Salif commence son ascension vers les sommets grâce à ce premier succès panafricain. Comme son modèle vocal, le grand griot guinéen Sory Kandia Kouyaté, Salif s’imprègne de l’esthétique, du vocabulaire et des louanges des griots sur Mandjou, morceau monumental qui précipite l’avènement d’une musique africaine à portée internationale. Les congas jouent un motif cubain alors que les cuivres exécutent des arabesques exquises, tout en étant solidement ancrés dans la roche rouge du pays mandingue.
« Je suis un noir, ma peau est blanche et moi j’aime bien ça, c’est la différence. Je suis un blanc, mon sang est noir, moi j’adore ça, c’est la différence qui est jolie », chante-t-il sur La différence. Tout est dit dans cet hymne à la tolérance, avec lequel il exprime parfaitement ses convictions artistiques qui touchent à l’universel, loin des louanges serviles de ses grands débuts.

Distribution

  • Date 25 avril 2014
  • Durée 1h 40min
  • Production Oléo Films
  • Réalisation Josselin Carré