Patrizia Gattaceca rassemble l'héritage du chant corse dans "Cantu in Mossa"

Par @Culturebox
Mis à jour le 19/12/2016 à 17H38, publié le 19/12/2016 à 17H18
Le livre de Patrizia Gattaceca en hommage au chant corse © France 3 / Culturebox

Chanteuse et poétesse, figure du mouvement du Riacquistu, Patrizia Gattaceca explore en 224 pages plusieurs décennies de musique corse dans "Cantu in Mossa, le chant corse sur la voie" aux éditions Albiana.

Le nouvel ouvrage de Patrizia Gattaceca propose un large panorama de la chanson corse à travers les âges. Il s'intéresse en particulier au renouveau artistique initié par le mouvement du Riacquistu des années 1970 que la chanteuse a bien connu.

Reportage : P. Nicolas / P. Alessandri / A. Touati

Se réapproprier un héritage pour mieux créer  

Pour Patrizia Gattaceca, le Riacquistu, qui signifie réappropriation, est aussi et surtout un mouvement de création. Son but : se servir de son héritage, de "ce qui était enfoui", pour créer et "aller de l’avant". L’artiste, compositeur-interprète, en sait quelque chose car elle en a elle-même été partie prenante. Durant cette période de bouillonnement culturel, elle sort son premier disque à l’âge de 19 ans en 1976, puis crée, avec Patrizia Poli, l’un des premiers groupes corses féminins, E duie Patrizie. En 1990, elle cofonde les Nouvelles Polyphonies Corses, avec qui elle obtient une Victoire de la musique deux ans plus tard. Et pour elle, le mouvement, loin de s’être éteint, "se poursuit encore aujourd’hui".


Le chant pour défendre l’identité culturelle corse

Parmi les dizaines de représentants de ce courant innovant présentés dans le livre, figurent les célèbres groupes Canta U Populu CorsuA filetta et I muvrini. Reconnus internationalement comme des références du chant polyphonique corse depuis les années 1970, certains d'entre eux ont aussi choisi d'explorer des sphères plus larges : créations contemporaines, musiques de films ou collaborations avec des groupes de jazz.

Mais pour Antonu Marielli, le fondateur du groupe Diana di l’Alba, la tradition du chant corse reste avant tout un moyen d’expression d’une identité : "On chante quand on a mal quelque part, quand on souffre. Des poètes ont fait de très belles choses quand ils étaient loin de Corse". En toile de fond, donc : défendre le patrimoine culturel corse, sa langue et surtout son chant. Ce que Patrizia Gattaceca, dans ce livre, s’est appliquée à faire.

Cantu in Mossa, le chant corse sur la voie, Patrizia Gattaceca, (Albiana) 224 pages – 37 euros