Obsèques familiales pour Manitas de Plata

Par @Culturebox
Mis à jour le 09/11/2014 à 10H07, publié le 08/11/2014 à 19H44
Des applaudissements de la famille et de la communauté tzigane autour du cercueil de Manitas de Plata, à Montpellier (8 novembre 2014)

Des applaudissements de la famille et de la communauté tzigane autour du cercueil de Manitas de Plata, à Montpellier (8 novembre 2014)

© Guillaume Horcajuelo / Epa / MaxPPP

La grande famille tzigane s'est réunie samedi au funérarium et au cimetière de Grammont, à Montpellier, pour les obsèques de Manitas de Plata, chantre de la musique gitane et du flamenco, disparu mercredi à 93 ans.

Sous un soleil éclatant et un ciel aussi bleu que les yeux du légendaire guitariste, le cercueil de Manitas de Plata a traversé, pour ce dernier voyage en limousine, la foule des photographes et des caméras sous les applaudissements d'un millier de personnes, pour beaucoup des membres de sa famille : soeurs, frères, fils, filles, petits-fils, neveux, nièces...

Un message de Brigitte Bardot
Le cercueil du guitariste a ensuite été posé sur un tapis rouge pour une cérémonie d'hommages solennels. L'ancienne star du cinéma français Brigitte Bardot, qui l'a connu, a envoyé un message par SMS pour s'excuser de son absence. Et dans une lettre à la famille, lue par Françoise, la fille et tutrice de Manitas, elle a exprimé sa "profonde tristesse" et souligné que le virtuose de la guitare resterait "inscrit au patrimoine de l'humanité".

Bientôt une statue en son hommage
"C'est une légende qui s'en va", a dit le maire de Montpellier, Philippe Saurel, cité par l'AFP, et qui a promis de faire ériger une grande statue de l'artiste dans la ville. "Manitas a marqué l'histoire du monde. C'est un des plus grands personnages de la ville. Nous traiterons sa mémoire comme elle doit l'être."

Dans la famille de Manitas de Plata, un surnom trouvé par son oncle (littéralement "petites mains d'argent" en espagnol, mais plutôt "doigts de fée"), se mêlaient la tristesse de la perte d'un proche et l'envie de rendre hommage à ce géant de la musique.

"C'est un moment triste, c'est une moitié de moi qui est partie", a avoué un des neveux, Pépé Baliardo, pour qui l'oncle Manitas est "un mythe". "Sa musique est éternelle", a renchéri un autre neveu, Yaca Maraval. "On a perdu la star de la musique gitane", a regretté un autre neveu, Bik Regis, qui veut à l'avenir rendre hommage à Manitas le plus souvent possible. "C'est notre devoir."

Reportage : J.Gaussen / A.Grellier / F.Hertmann / J.Morch / S.Janneau / F.Rinauro
"Ta musique nous accompagne"
"Tu étais un dieu de la musique gitane", "tu as été le meilleur guitariste", "à notre grand guitariste", "ta musique nous accompagne", "à bientôt mon ami" ou encore "adieu l'artiste", ont écrit des admirateurs sur les quatre registres de condoléances à l'entrée du cimetière Saint-Étienne.

"Le coeur sur la main"
"On le voyait tous les jours. C'était un homme simple avec son costume jaune. Il avait le coeur sur la main. Il donnait son argent", s'est souvenu avec émotion Dany Lepage, une voisine de Manitas à La Grande-Motte (Hérault), où le guitariste a vécu quasiment jusqu'à la fin de sa vie. "Il jouait dans les cafés. C'est là qu'on aimait allait l'écouter. Tous les matins, il traversait la rue pour aller chez le coiffeur. C'est une grande tristesse de ne plus voir ses petits doigts s'agiter."

La cérémonie officielle a été suivie d'un moment de recueillement religieux mené par le pasteur évangéliste tzigane Mickaël Rey, ancien pianiste, guitariste et chanteur, qui avait participé dans les années 1990 à des tournées avec son oncle Manitas. "Nous étions des artistes, mais lui, c'était la star", a-t-il relevé le pasteur, qui était auprès de son oncle quand il est décédé mercredi.

Le cercueil de Manitas de Plata, de son vrai nom Ricardo Baliardo, a ensuite été porté en cortège et inhumé, sous les applaudissements, dans le caveau familial. Juste à côté de la tombe d'un autre guitariste, Manolo, également membre de la famille. "Quel concert", a lancé un anonyme en passant.