La rumba catalane : l'âme des gitans veut entrer au patrimoine de l'UNESCO

Par @Culturebox
Mis à jour le 27/08/2017 à 10H33, publié le 27/08/2017 à 10H21
Ls Gipsy Kings à Lisbonne (Portugal), 2 novembre 2011

Ls Gipsy Kings à Lisbonne (Portugal), 2 novembre 2011

© RM3/WENN.COM/SIPA

Née dans les quartiers pauvres de Barcelone dans les années 50, la rumba catalane est jouée aujourd'hui par tous les gitans. Ode à l'ouverture sur le monde, à la confluence des influences. Flamenco et autre héritage arabo-andalou, rythmes cubains, influences latino, quelques notes antillaises et le tour est joué. La rumba catalane pourrait entrer au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO.

Un rythme endiablé, un jeu de guitare unique, des sonorités arabo-andalouses et une pincée de rock issus des années 60. La "rumba catalana" connait son apogée dans les années 1970 avec le groupe mythique des Gipsy Kings.

Tony Patrac, représentant de la communauté gitane d'Agde se bat depuis deux ans pour que cette tradition perdure et soit reconnue de tous. "C'est une fierté de pouvoir faire connaître notre musique, notre rumba". Il milite notamment pour que la rumba catalane soit inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO

Reportage Fr. 3 Languedoc-Roussillon : S. Taponier / J. Morch / F. Paul-Paslier / C. Calmels

La rumba, "l'expression même de la joie de vivre"

La démarche entreprise par Tony Patrac et ses amis s'inscrit dans un projet global de valorisation et d'intégration de la culture gitane. L'un de ses proches, Gino Soles, affirme avec beaucoup de sincérité : "La guitare fait partie de notre vie. La rumba rassemble gitans et non-gitans, elle ne divise pas". Bien plus qu'une coutume parmi d'autres, cette musique est pour eux un moyen d'expression vital qui leur permet "d'exister aux yeux des autres". 

On trouve des musiques traditionnelles et populaires dans des conservatoires mais la rumba, non. Or, c'est l'expression même de la joie de vivre, ça exprime les peines, les souffrances et les joies de la communauté gitane. C'est aussi signe de partage. C'est tout cela qu'on souhaite mettre en lumière.

Hervé Parent, coordinateur projet région Occitanie


Pour appuyer son projet, Tony Patrac va jusqu'à inviter tous les gitans du grand sud à rassembler photos, archives et souvenirs pour alimenter un fonds de mémoire collective.