La chanteuse de La Lambada, Loalwa Braz Vieira, retrouvée morte carbonisée

Par @Culturebox
Mis à jour le 19/01/2017 à 19H12, publié le 19/01/2017 à 16H04
Le groupe Kaoma (Loalwa Braz Vieira au centre)

Le groupe Kaoma (Loalwa Braz Vieira au centre)

© BENAROCH/SIPA

La chanteuse brésilienne Loalwa Braz Vieira, interprète du tube mondial La Lambada, a été retrouvée morte carbonisée dans sa voiture, jeudi à Saquerema, sur le littoral de la région de Rio de Janeiro, a-t-on appris jeudi de source policière.

"Oui, je peux confirmer cela", a déclaré à l'AFP un policier du commissariat local, sans fournir plus de précisions dans l'immédiat. Selon les médias locaux, le corps de la chanteuse a été retrouvé carbonisé à l'intérieur de son véhicule, non loin de son domicile.

La présence de deux hommes armés a été signalée près du domicile de la chanteuse dans la nuit, selon le site d'information G1, citant des "informations préliminaires" de la Police militaire locale. Mais il était encore prématuré d'établir un lien formel avec le décès, selonla même source.

Une autopsie devait être pratiquée dans la journée.
La Lambada ("Chorando se foi") - clip 1980
Loalwa Braz Vieira a accédé à une fulgurante et éphémère célébrité mondiale en 1989 en interprétant avec le groupe Kaoma la chanson "Chorando se foi" ("Il
est parti en pleurant", ndlr), plus connue sous le nom de "La Lambada".

La lambada est en réalité un genre musical tropical fusionnant carimbo, merengue, salsa et zouk, dont Loalwa Braz Vieira était l'icône brésilienne dans les années 1980.

La Lambada, accompagnée d'un clip joyeux et sensuel mettant en scène un couple dansant dans un style chaloupé très collé-serré, a connu un succès
planétaire, se vendant à 15 millions d'exemplaires dans plus de 100 pays.

En France, où Loalwa Braz a vécu plusieurs années, le tube s'était vendu à 700.000 exemplaires. Il s'était imposé comme le tube de l'été et avait été repris dans une célèbre publicité de soda.

Talentueuse mais mal entourée

"C'est triste, c'était une femme chaleureuse, sympathique, mais aussi fragile qui a pas mal souffert et traversé beaucoup d'épreuves", a témoigné auprès de l'AFP Ricardo Vilas, un chanteur brésilien exilé en France sous la dictature militaire brésilienne et qui l'a connue plus tard à Paris.

"Elle avait soudainement gagné beaucoup d'argent et acquis une célébrité mondiale. Elle n'y était pas préparée. Du coup, elle se mettait dans des embrouilles compliquées avec des types louches qui gravitaient dans son entourage. Avec l'argent de la Lambada, elle avait acheté un château, mais elle avait ensuite eu des problèmes avec le fisc. Elle s'était éprise d'un boxeur qui la battait", raconte-t-il.

"C'était une très bonne chanteuse, une vraie voix", se souvient encore Ricardo Vilas, marqué par sa générosité : en 1997, elle avait accepté de chanter gratuitement un bout de la chanson "Samba e Futebol", qu'il avait composée et lancée en France avant le Mondial-1998 de football. Au Brésil, Loalwa Bras s'était déjà fait un nom bien avant La Lambada.

Née à Rio d'un père chef d'orchestre populaire et d'une mère pianiste classique, elle avait entamé sa carrière à l'âge de 13 ans, s'orientant vers les sonorités du jazz.

Appréciée par les monstres sacrés de la musique brésilienne, elle avait enregistré ou partagé la scène avec Gilberto Gil, Caetano Veloso, Tima Maia, Gal Costa ou Maria Bethânia.