L'Orchestre National de Barbès met une touche féminine dans "La Dame de coeur"

Par @Culturebox
Mis à jour le 19/03/2014 à 15H53, publié le 27/02/2014 à 09H55
L'ONB sur scène

L'ONB sur scène

© Orchestre National de Barbès

L'Orchestre National de Barbès est de retour avec un nouvel album. "Dame de coeur" poursuit le brassage musical et invite les femmes à partager cette aventure. Six chanteuses donnent une tonalité plus féminine à cet album, plus douce et subtile, diraient certains. Quoi qu'il en soit, cet album féminin est à découvrir dans les bacs le 3 mars 2014 et en tournée en France.

Connu par les aficionados sous le nom de ONB, la petite histoire raconte que l’Orchestre National de Barbès est né par hasard sur la scène du New Morning en 1996. Résultat : une joyeuse de bande de copains, mélange de musiciens nord africains, portugais et français. Avec plus de mille concerts, d'Oslo à Tarbes, en passant par Londres et Montévideo, le public se laisse emporter par ce que le groupe qualifie de "French touch transmaghrebine du combo parisien".
 
Rien n’a changé

Une jolie surprise m’attendait en arrivant à la rédaction ce matin-là. Un album qui allait me ramener 18 ans en arrière. Lorsque mon chef me propose de faire un article sur le nouvel album de l’Orchestre National de Barbès, il ne se doute pas une seconde que ce groupe m’a fait danser jusqu’à épuisement alors que je n’avais que 25 ans. Un concert dont je garde un beau souvenir. Dix-huit ans plus tard, c’est avec beaucoup de nostalgie et une oreille attentive que je glisse le CD dans le lecteur de ma voiture.
Finalement, derbouka et percussions résonnent, se répondent et fusionnent. Rien ou presque n'a changé. Le son rythmé est toujours là, à la limite de la transe, et l'envie irrépressible de danser plus que jamais présente.

"Soudani" de l'ONB à Saint-Etienne le 16 novembre 2013
Dame de cœur

Dès le premier titre de "Dame de Cœur", le ton est donné.
"Méditerranée" rappelle que ce groupe est avant tout né d’un métissage. Celui des pays qui entourent la Méditerranée, le Portugal en plus. Un formidable croisement entre les cultures que seul le quartier de Barbès pouvait offrir. Puis, arrivent des morceaux plus explicites de ce mélange des cultures. Des titres chantés en arabe où le raï côtoie le chaabi, chuchote aux sonorités gnawa. Un joyeux mélange comme une ode à la Méditerranée.


"Méditerranée" à Saint-Etienne le 16 novembre 2013
L’orchestre national de Barbès a 18 ans

18 ans? c’est l’âge de la majorité et peut-être d’une certaine maturité. au fil de l'écoute, tout doucement, le style change, s’éloigne des sons d’Afrique du Nord. "Dame de cœur" invite les femmes, des amies chanteuses dans d’improbables duos. Au fil de l'écoute, c'est toute une jeunesse insouciante qui s'envole. Les voix se posent. Le blues s'empare du groupe pour proposer des titres moins frivoles. 
 
Adrien, le titi parisien

Et parce que l’Orchestre de Barbès est avant tout une aventure parisienne, la chanson "Adrien" est un hommage à ce "Parigot".
Aux huit membres déjà présents, ont été récemment intégrés un jeune titi parisien au chant et à la trompette, un saxophoniste survolté, et un batteur. De quoi donner une nouvelle impulsion au groupe. Un nouveau rythme aussi. 

"Adrien" de l'ONB" à Saint-Etienne le 16 novembre 2013
Fidèle mais décousue 

Finalement, si cet album reste fidèle d'une certaine manière aux rythmes et à l'énergie auquel le groupe nous aura habitués, si la promesse de métissage est toujours présente, on regrettera, tout de même cette impression décousue qui se dégage à la fin de l'écoute. On aurait vivement aimé que l'Orchestre National de Barbès reste plus proche de ce qu'il proposait à ses débuts. A l'image de cette chanson envoûtante retrouvée sur YouTube. 

Les rythmes envoutant de l'Orchestre national de Barbès sur YouTube
L'ONB au Sziget Festival à Budapest en 2012
L'Orchestre National de Barbès en tournée avec son nouvel album

L'Orchestre National de Barbès en tournée avec son nouvel album


L'Orchestre de Barbès est en tournée en France.
Le groupe joue à Paris au Trianon les 20, 21 et 22 mars 2014.