Julien Jâlal Eddine Weiss, serviteur de la musique arabe, est mort

Par @Culturebox
Publié le 05/01/2015 à 19H28
Julien Jâlal Eddine Weiss en concert avec l'ensemble Al Kindi, à la Maison des Cultures du Monde, à Paris, en janvier 2011

Julien Jâlal Eddine Weiss en concert avec l'ensemble Al Kindi, à la Maison des Cultures du Monde, à Paris, en janvier 2011

© URMAN LIONEL/SIPA

Julien Jâlal Eddin Weiss, compositeur et joueur de qânun qui interprétait la musique savante arabe et orientale avec son ensemble Al-Kindi depuis plus de trente ans, est mort vendredi à Paris des suites d'un cancer à l'âge de 61 ans, a annoncé sa productrice, Sabine Chatel.

Né le 18 octobre 1953 à Paris d'une mère suisse allemande et d'un père alsacien, Julien Weiss, guitariste de formation classique, était tombé amoureux de la musique arabe en 1976 en découvrant l'Irakien Mounir Bachir, grand maître du oud (luth oriental). Il s'était alors lancé dans l'étude de cet instrument et des lois raffinées régissant la musique micro tonale orientale.

Abandonnant le oud pour le qanûn, sorte de cithare orientale à laquelle il s'était initié auprès de grands maîtres dans divers pays du Moyen-Orient, Julien Weiss avait fondé en 1983 l'ensemble instrumental Al-Kindi conçu comme un takht (regroupement de solistes) consacré à la musique du monde arabe. Il s'était entouré des meilleurs musiciens de Syrie, Tunisie ou d'Irak, et des grandes voix des répertoires classiques traditionnels.

Avec Al-Kindi, il a publié quinze disques et s'est produit sur les grandes scènes mondiales.
L'ensemble Al Kindi dirigé par Julien Jalal Eddin Weiss : "Stabat Mater Dolorosa", hommage musulman à la Vierge Marie
Poussant toujours plus loin son immersion dans la culture orientale, ce musicien français, fait Officier des Arts et des Lettres en 2001, s'était converti à l'Islam en 2006, devenant Jâlal Eddine (Splendeur de la foi) Weiss, en hommage au fondateur de l'ordre des derviches tourneurs Jâlal Eddine Rûmi.

En 1995, il avait acquis un palais mamelouk du XIVe siècle au coeur de la vieille ville syrienne d'Alep, dont il avait fait sa résidence, son lieu de travail, et un salon de musique. Depuis 2003 et jusqu'à il y a deux ans, il faisait la navette entre Alep et Istanbul, où il avait une autre de ses résidences, afin d'approfondir les liens qui unissent la musique arabe et ottomane.

Son dernier concert date du 22 mai dernier, au festival Arabesques à Montpellier, avec Al-Kindi et les derviches tourneurs de Damas.