Interceltique : le trio légendaire Tri Yann enchante avec un show 100% breizh

Par @Culturebox
Mis à jour le 07/08/2017 à 16H52, publié le 07/08/2017 à 14H02
Le groupe nantais Tri Yann a ravi le public du Festival Interceltique de Lorient, le 6 août 2017.

Le groupe nantais Tri Yann a ravi le public du Festival Interceltique de Lorient, le 6 août 2017.

© Elise Koutnouyan / Culturebox

Dimanche 6 août, Tri Yann a enflammé l’Espace Marine pour son grand retour au Festival Interceltique de Lorient, après 6 ans d’absence. Leur show, spécialement conçu pour l’occasion, a joué avec la tradition des veillées bretonnes, à grands renforts de costumes baroques, chants traditionnels et invités locaux.

Les premières notes de musique ont retenti avant même l’arrivée du mythique trio folk. 21h40, à l’Espace Marine de Lorient, les spectateurs patientent sagement dans la fosse, un drapeau breton flotte et près de la régie, une fanfare improvise quelques airs bretons. Une demi-heure plus tard, la voix de Jean-Louis Jossic, leader de Tri Yann, s’élève dans la salle. La scène est vide mais bientôt va se remplir…de spectateurs. Pour sa soirée exceptionnelle "la grande veillée de la belle enchantée", les "Trois Jean" nantais veulent faire les choses dans les règles de l’art. "Dans l’esprit des veillées traditionnelles bretonnes", donc, une quarantaine de spectateurs prend place sur les côtés de la scène, au plus près du trio et de ses musiciens, pour mieux les écouter, les veiller.  
 

Bal costumé et airs bretons

Quelques instants plus tard, Jean-Louis Jossic, Jean Chocun et Jean-Paul Corbineau débarquent sur scène, accompagnés de cinq musiciens, sur "Far away from the Skye", de leur dernier album "La Belle Enchantée". Le ton est donné : la soirée sera énergique et surtout haute en couleurs ! Car les trois compères, vétérans de la musique celtique, ont sorti les costumes baroques. Jean-Louis tout d’or vêtu, kilt, armure à pointes, loup doré sur les yeux et triskel sur le torse. Jean-Paul en marquis bleu et argenté, hermine cousue sur le veston, tricorne de pirate et plumes sur la tête. Et Jean, costume violet et kilt scintillant. Derrière le trio, les musiciens ne sont pas en reste : un magicien noir, un guitariste ambiance Woodstock, pantalon rose et marguerite aux manchettes, un pianiste grimé en automne… Le bal costumé de Tri Yann, sur le thème des "cinq saisons (sic)" fait chauffer la foule en entamant une version revisitée de l’air populaire "Tri Mardolod".
Pendant plus de deux heures et quart, les vétérans de la musique celtique alternent des titres de leur dernier album : "L’ankou, la libertine et le ménétrier", "Les 6 couleurs du monde", ou encore "La bonne fam au courti", avec des chansons traditionnelles, pour le plus grand plaisir des spectateurs, qui entonnent en chœur tous les airs bretons. Les cornemuses du Bagad Saint-Nazaire viennent accompagner "La belle enchantée".

En Bretagne, "la loi du coeur"

Au milieu de sa "grande veillée", Tri Yann invite sur scène deux chanteuses bretonnes, Kohann et Clarisse Lavanant pour le chant à quatre voix "Sant Efflamm hag ar roue azur". Puis le trio nantais laisse à chacune le temps d’une chanson, coup de pouce à cette jeune génération bretonne dont les papys Jean semblent si fiers. Ensemble, ils entonnent ensuite l’hymne breton, "Broh Gozh Ma Zadoù", hommage à leurs racines, à leurs terres, où "la loi du sol et la loi du sang on s’en tape (sic), chez nous, c’est la loi du cœur", revendique Jean-Louis Jossic amoureux de sa Bretagne.


Jean-Louis Jossic, troubadour-né

Malgré leurs presque 70 printemps, le plus vieux groupe français (en années d'activité) déploie des trésors d’énergie pour offrir un show inoubliable à Lorient, six ans après leur dernier passage au Festival Interceltique. Jean-Louis Jossic, chanteur principal et leader incontournable de la bande prend son rôle à cœur : il chante, bouge, s’effeuille au fur et à mesure des chansons pour finir en kilt et t-shirt au motif "banane". Surtout, le Nantais fait rire avec ses contes et anecdotes à dormir debout, multipliant les clins d’œil à ses compatriotes. Mention spéciale pour son hilarante "Bible" revisitée, qui narre l'histoire de Jésus en vacances en Bretagne en 2016, dans laquelle se rencontrent des bolées de cidre, "la méchante sorcière Rachida Datik", des "pauvres McDo bidons" et une jeune fille éplorée car originaire des Pays de la Loire. Jean-Louis est un troubadour-né, une bête de scène tout entière dédiée à son public, conquis d'avance, dont on devine qu'il a grandi avec le groupe depuis ses débuts. 

Tri Yann, né la même année que l’Interceltique, aura offert à Lorient - malgré quelques soucis de sonorisation - une soirée parfaitement calibrée pour le festival. Le trio nantais s’en est allé sur une série de titres mythiques, repris en choeur par les 4 000 spectateurs : "Si mort à mors", "Dans les prisons de Nantes" et l’inévitable "Jument de Michao" (autrement dit : "Le loup, le renard et la belette"), qui conclut en second rappel cette soirée 100% breizh.