Lorient: 700.000 spectateurs pour "une des meilleures" éditions du festival interceltique

Par @Culturebox
Mis à jour le 15/07/2014 à 19H02, publié le 11/08/2013 à 18H22
Sinead O'Connor au festival interceltique de Lorient 2013

Sinead O'Connor au festival interceltique de Lorient 2013

© FRED TANNEAU / AFP

Quelque 700.000 spectateurs ont assisté à la 43e édition du Festival interceltique de Lorient (FIL) qui s'achève dimanche, une fréquentation en hausse par rapport à celle, en baisse, de l'édition 2012,ont annoncé ses organisateurs.

"C'est une des meilleures éditions des dernières années, nous sommes très contents", a déclaré  le directeur général du festival Lisardo Lombardia. Avec 700.000 visiteurs en dix jours, le festival, dont la vocation est de rassembler les cultures celtiques contemporaines, renoue avec son niveau de 2011, après avoir accusé une chute à 650.000 spectateurs l'an passé. Plus de 60.000 personnes ont notamment assisté à la Grande parade interceltique le 4 août.

La santé financière du festival reste fragile pour cause de crise

Les spectacles payants ont accusé un nouveau recul avec 83.000 billets édités, contre 95.000 en 2012 et 111.000 en 2011. Mais la vente pour la première fois d'un "badge FIL", d'un coût de trois euros et permettant d'accéder à certaines animations, a contribué à équilibrer les comptes, après un déficit de 280.000 euros l'année dernière. Au total, 37.150 badges ont été vendus, pour un total de 111.450 euros, selon la direction. Le Festival était doté cette année d'un budget de 4,75 millions d'euros, soit 400.000 euros de moins qu'en 2012. Cette 43e édition, placée sous le signe de la province espagnole des Asturies, a compté avec l'aide de 1.300 bénévoles, contre 1.100 en 2012. La 44e édition, qui se tiendra du 1er au 10 août 2014, sera dédiée à l'Irlande.

Le festival s'est achevé après une "grand messe" de Sinéad O'Connor

La dernière nuit de fête a été marquée notamment par un  fest-noz géant et un concert aux accents mystiques de la chanteuse irlandaise Sinéad O'Connor. Une messe en breton, une course pédestre et un petit fest-deiz (bal diurne) pour la route : c'est sur ce programme apaisé que la ville tentait de reprendre son souffle après dix jours de festivités.
Le Fest-noz a été inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO

Le Fest-noz a été inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO

© FRED TANNEAU / AFP
Sinéad O'Connor,  l'excentrique Irlandaise au crâne toujours rasé, revenue en grâce auprès de la critique avec la sortie en 2012 de son album "How about I be me (And you be you) ?" sautait sur place  en coulisses, comme un boxeur s'échauffant, ou une enfant impatiente. A 46 ans, le personnage tient toujours un peu des deux, mélange de force et de fragilité, de douceur et de douleur extrêmes.

"Son énergie reste la même"

Le corps menu englouti dans une robe rouge sombre, un peu gothique, boutonnée jusqu'au col, la chanteuse a ouvert le concert avec une reprise  poignante de " Queen of Denmark " de John Grant, avant de dérouler son répertoire rock, pop et folk sans oublier "Nothing compares 2 U", le tube qui  la propulsa dans la cour des grands en 1990.

Mais c'est sur une note religieuse que s'est achevé le concert de la chanteuse, laquelle fit scandale en 1992 en déchirant la photo du pape, avant  d'être ordonnée "prêtresse" d'une église irlandaise dissidente. Avec son  interpétation a capella du dernier couplet "Before we end our day", Sinéad  O'Connor a prouvé qu'elle sait encore faire frémir les foules. "Sa discographie a changé, mais son énergie reste la même", a constaté, ravi, Joël Le Quer, un fan de la première heure.

Fest-noz géant

Dans un registre différent, des milliers de participants ont dansé une grande partie de la nuit lors du traditionnel fest-noz géant du festival, le premier depuis l'inscription du célèbre bal de nuit breton au patrimoine de l'Unesco en décembre 2012.

L'occasion de pratiquer à grande échelle pour des habituées comme Eliane et Pierrette, venues des alentours et qui dansent "chaque semaine" dans des festou-noz, ou de découvrir comme Nadine et Robert Bau, des Clermontois venus "par curiosité", alors qu'ils passent les vacances dans la région avec leur petite-fille. Si Nadine a effectué quelques pas, son mari ne s'y est pas risqué "par manque de souplesse", affirme-t-il.

Camille, "presque douze ans", arbore, elle, un immense sourire : "au début, la musique, c'est spécial, parce qu'on ne connait pas, mais après on s'habitue", confie-t-elle, tandis que les musiciens entament un nouveau morceau. C'est une "ridée six temps", fameuse danse bretonne dansée en chaîne. Dès les premières notes de cornemuse, les danseurs, se tenant par le petit doigt, forment une large ronde qui tourne sur elle-même. Dans le cercle, au milieu des habitués, les néophytes hésitent, piétinent, mais finissent par suivre tant bien que mal le tempo...