Emel Mathlouthi, la voix du jasmin, au Café de la Danse

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 03/03/2012 à 12H02
Emel Mathlouthi (janvier 2012)

Emel Mathlouthi (janvier 2012)

© Baltel / SIPA

Emel Mathlouthi, qui a été une des voix de la révolution tunisienne, sera le mardi 6 mars à Paris sur la scène du Café de la Danse, pour le premier d’une série d’une douzaine de concerts, notamment dans plusieurs festivals

La chanteuse tunisienne a publié en janvier son premier disque, « Kelmti Horra » (Ma parole est libre, World Village / Harmonia Mundi). Emel Mathlouthi y interprète des chansons qu’elle a composées entre 2005 et 2009. Elle y lance ses textes engagés en arabe tunisien ou classique, parfois en français, en anglais ou en espagnol, et sa voix aux intonations orientales sur des sonorités électroniques et des arrangements de cordes.

Emel Mathlouthi est née il y a trente ans dans une cité de la banlieue de Tunis. Son père, intellectuel et universitaire, est plus ou moins tenu à l’écart en raison de ses idées progressistes. La jeune fille a commencé par reprendre des tubes de rock et des chansons de Bob Dylan ou Joan Baez.

En 2005, elle décide d’adapter les poèmes du Palestinien Mahmoud Darwich et commence à écrire ses propres textes. Elle est révélée en France en 2006 lors du prix RMC-Moyen-Orient, où elle atteint la finale. Muselée dans son pays, elle décide de gagner la France en 2007, grâce à une bourse de la Cité des Arts. Mais elle retourne régulièrement dans son pays.
 

Et le 23 décembre 2010, Emel Mathlouthi donne un concert à Sfax. A peine une semaine plus tôt, Mohammed Bouazizi s’est immolé par le feu à Sidi Bouzid, dans le centre de la Tunisie, déclenchant la révolution tunisienne.

Au grand désarroi des organisateurs du concert, l’artiste décide d’interpréter ses chansons engagées plutôt que le répertoire imposé de chansons traditionnelles. Et Emel Mathlouthi dédie son concert au martyr de Sidi Bouzid.

Son acte courageux et sa participation le mois suivant aux manifestations à Tunis, où elle entonne « Kelmti Horra » a capella, ont fait sortir la chanteuse du réseau underground où elle était jusque-là confinée.

Après le Café de la Danse le 6 mars, Emel Mathlouthi sera à l’Institut du Monde arabe le 16 mars, à La Défense le 28 mars dans le cadre de Chorus des Hauts-de-Seine, à Babel Med Music le 29 mars à Marseille, au Printemps de Bourges le 28 avril