Calypso Rose, la reine du calypso, sera aussi la reine des festivals cet été

Par @Culturebox
Mis à jour le 25/06/2016 à 17H59, publié le 25/06/2016 à 17H44
Calypso Rose au festival Django Reihardt à Fontainebleau (22 juin 2016)

Calypso Rose au festival Django Reihardt à Fontainebleau (22 juin 2016)

© Citizenside / François Loock / Citizenside

Calypso Rose, depuis des décennies la "reine" du calypso, cette musique de carnaval originaire de Trinité-et-Tobago que cette pétillante chanteuse de 76 ans utilise pour faire danser les foules et aussi faire avancer la cause des femmes, vient de sortir un nouvel album, "Far From Home", et se produisait samedi à Solidays.

"Ils m'appelaient la fille venue de la petite île/ Et maintenant je voyage à travers le monde/Partout où ils vont, ils voient/Que je suis Calypso Rose, la reine du calypso"
 
C'est ainsi que Linda McArtha Monica Sandy-Lewis, née en avril 1940 sur l'île de Tobago, petit bout de terre des Caraïbes, résume son parcours dans "Calypso Queeen", une chanson qui figure dans son nouvel album "Far From Home" (Because Music) co-produit par Manu Chao et sorti au début du mois de juin.
 
"Reine" du calypso, titre qu'elle a décroché plusieurs fois chez elle dans les traditionnelles compétitions entre chanteurs rythmant les carnavals, Calypso Rose sera aussi cet été la "reine des festivals" : après le festival Django Reinhardt mercredi à Fontainebleau, elle est ce samedi  sur la scène de Solidays, à Paris, puis elle est attendue aux Vieilles Charrues, aux  Escales de Saint-Nazaire ou au festival Esperanzah! près de Namur (Belgique).
Calypso Rose, "Calypso Queen"


La première femme à chanter le calypso

L'occasion de se laisser gagner par la joie de vivre très communicative de cette "Cesaria Evora des Caraïbes" et par le groove entraînant de ses chansons  festives. "Avec cette musique, vous êtes obligés de bouger, de remuer, de vous  déhancher...", assure-t-elle à l'AFP, en fredonnant dans la foulée l'une de ses chansons en guise de démonstration.
 
Calypso Rose, qui porte alors le "sobriquet" de "Crusoe Kid", a écrit sa première chanson à l'âge de 13 ans. A 15 ans, l'adolescente s'invite dans les compétitions de chanteurs de carnavals.
 
"En tant que première femme chantant du calypso, c'était difficile, c'était vraiment un domaine dominé par les hommes", raconte-t-elle.
Calypso Rose, "Abatina"

"Je suis un peu la mère de toutes les chanteuses de calypso"

Mais les "pontes" du calypso l'adoubent et lui attribuent un nouveau nom de scène : "Ils m'ont demandé de m'appeler Calypso Rose, parce que la rose est la mère de toutes les fleurs. Et ils ont eu raison, parce que de toutes les chanteuses de calypso d'aujourd'hui, je suis un peu la mère, celle qui a ouvert  des portes... Elles m'appellent d'ailleurs souvent Mama", sourit la  chanteuse.
 
Elle sera la première femme à remporter (plusieurs fois) le concours de calypso national, qui sera rebaptisé dans les années 1970 "Calypso Monarch" pour remplacer le très masculin "Calypso King". Elle a aussi beaucoup tourné  dans le monde pour diffuser cette musique de son pays qu'elle incarne désormais  plus que tout autre.
 
Femme de combat, qui a vaincu un cancer, elle utilise sa musique non seulement pour apporter "de la joie" aux gens mais aussi faire avancer la cause des femmes.
Calypso Rose, "Love Me of Leave Me"


"A toutes les femmes : battez-vous pour vos droits"

Suite à sa chanson "No Madame", dénonçant l'exploitation des domestiques dans son pays, le salaire des employés de maison y a été revu à la hausse. Dans le titre "Love Me Or Leave Me", elle appelle les femmes à ne pas rester avec des hommes qui leur manqueraient de respect. Les femmes sont "plus  intelligentes", clame-t-elle aussi dans "Women Smarter".
 
"Je dis à toutes les femmes : battez-vous pour vos droits ! Et  respectez-vous", explique celle qui vit depuis longtemps à New York, où elle avait suivi son mari, citoyen américain originaire des Iles Vierges aujourd'hui  décédé. Elle-même a désormais la nationalité américaine.
 
"Mon père avait l'habitude de parler à ma mère comme à un chien. Mais Dieu m'a donné l'inspiration et la capacité de résister", ajoute Calypso Rose, qui avait quitté son île natale de Tobago à l'âge de 9 ans pour être prise en charge à Trinité par la famille d'un oncle et de sa compagne. C'est cette  dernière, nommée Edith Robinson, qui lui a "montré l'amour", ajoute-t-elle pleine de reconnaissance.
 
Un message d'amour et de respect que la "Calypso Queen" se fait fort, depuis, de diffuser à sa manière sur scène.