Africolor : l'édition 2012 démarre samedi avec le Mali à l'honneur

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 16/11/2012 à 16H23
Mah Damba, diva malienne de la caste des griots, est à Africolor 2012.

Mah Damba, diva malienne de la caste des griots, est à Africolor 2012.

© Africolor

La 24e édition d'Africolor, qui se tient à travers toute la Seine-Saint-Denis jusqu'au 24 décembre, débute samedi à Sevran. Le Mali, dont les riches traditions musicales sont actuellement menacées, est à l'honneur de cette édition avec de nombreux artistes invités. Le festival ne néglige pas pour autant ses autres univers : les rencontres et créations, le maloya ou les musiques des Caraïbes.

La "partition politique" actuelle du Mali, "notre seconde patrie", "sonne le glas de toute vie musicale au Nord de Bandiagara, car certains esprits étroits ont cru lire quelque part que la musique nous éloigne de la divinité", écrivent les organisateurs dans l'éditorial publié en une du site d'Africolor.

"Pour notre part", soulignent-ils, "nous affirmons que les musiques de transe de Moriarty et Christine Salem, d’Erol Josué, d’Aziz Sahmaoui, de Groove Lélé ou de Koudédé, ainsi que les rencontres entre Ballaké Sissoko et Andy Emler ou celles de l’Oratorio Mandingue au sein duquel se côtoient Sequenza 9.3 et Mah Damba sont des moments extatiques qui nous rapprochent des Dieux."

Ballaké Sissoko et Vincent Segal "Mama FC"

Les temps forts de la programmation malienne
Le 18 novembre au Pré-Saint-Gervais, la soirée sera malienne entre traditions des griots avec la diva malienne Mah Damba, et celle des chasseurs avec la rencontre du ngoni (cordes pincées) et du balafon.

Le 22 novembre à Pantin, la kora, harpe-luth à 21 cordes, résonnera avec Chérif Soumano, au son du World Kora Trio. La kora, autre instrument emblématique avec le balafon de l'ancien Empire mandingue sur lequel se trouve une partie du Mali actuel, sera ensuite à l'afffiche à trois reprises grâce au maître Ballaké Sissoko.

Le 7 décembre à Bobigny, Ballaké Sissoko glissera les notes de sa kora entre le piano free jazz d'Andy Emler et le saxophone de Guillaume Orti.

Le 9 décembre à Bonneuil-sur-Marne, Ballaké Sissoko se produit avec le violoncelliste Vincent Segal: ces deux musiciens forment depuis trois ans un duo à cordes magique, entre tradition mandingue et musique européenne.

Le 11 décembre, au 104, Ballaké Sissoko donnera un récital de kora pour la seule incursion du festival dans la capitale.

Le 24 décembre, la traditionnelle Nuit de Noël mandingue, absente l'an dernier, fait son retour en clôture, qui plus est dans une salle importante, le Nouveau Théâtre à Montreuil.

Erik "On Bel Journée"

Des ponts tissés entre musiciens
Africolor met en lumière les liens tissés par des musiciens venus d'horizons éloignés. Mah Damba reviendra ainsi le 1er décembre à Clichy-sous-Bois interpréter l'Oratorio mandingue, créé l'an dernier, avec son groupe associé à l'ensemble vocal contemporain Sequenza 9.3. et au vibraphoniste Vincent Limouzin.

Le festival, qui a révélé au monde la voix exceptionnelle du fidèle Danyel Waro, ne serait plus tout à fait le même sans le maloya, ce chant et ses rythmes prenants des descendants d'esclaves noirs de La Réunion. Deux soirées lui seront consacrées : celle du 2 décembre à Villepinte réunira Votia et Groove Lele, deux ensembles dans lesquels figurent des enfants de Granmoun Lele, le patriarche du genre, celle du 8 décembre à Bobigny associera Moriarty et Christine Salem.

Les Caraïbes sont également à l'honneur avec La bande à pied (nom haïtien pour fanfare) Follow Jah de Piéton-Ville. Elle déambulera sur différents campus universitaires pendant toute la durée du festival. Et c'est au son des tambours "Kâ" guadeloupéens et du chanteur caribéens Erik, venu offrir au public la primeur de son prochain album, que s'ouvre Africolor samedi à Sevran.