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La Folle Journée de Nantes : 3 questions à René Martin, l'homme orchestre

Publié le 30/01/2013 à 12H22, mis à jour le 30/01/2013 à 15H20
René Martin, l'inventeur et le maître d'oeuvre de la folle Journée

René Martin, l'inventeur et le maître d'oeuvre de la folle Journée

© Vincent Garnier

René Martin est le maître d’œuvre de cet évènement que sont les « Folles journées » de Nantes. Chaque année, il fait se déplacer des foules entières pour écouter de la musique classique, pour découvrir avec délice qu’elle est beaucoup plus facile d’accès qu’on le croit. Cette année la musique française et la musique espagnole sont à l'honneur. Notre blogueur Bertrand Renard, l'a rencontré.

En lisant le programme on est frappé par son incroyable diversité, par le nombre de compositeurs français oubliés ou inconnus… En valent-ils la peine ?
René Martin : Bien sûr. C’est une période (1860-1950) d’une telle richesse... Tous ces compositeurs sont de vraies personnalités, très talentueux. Ils ne sont pas reconnus à leur valeur car la célébrité leur était indifférente, ils repartaient vivre des mois dans leur région, la Bretagne, l’Auvergne. Ravel adorait Koechlin par exemple. Pierné est un merveilleux orchestrateur, Roussel aussi. On va découvrir Jean Cras, capitaine au long cours, qui a composé toutes ses œuvres sur son bateau : c’est une musique très subtile, très originale. André Caplet , auteur de merveilleuses œuvres religieuses. Ou l’inconnu Lucien Durosoir, violoniste, qui avait rencontré Caplet dans les tranchées de 14-18 . Et Théodore Dubois : tous les musiciens ont étudié son austère « Traité d’harmonie », eh ! bien sa musique est étonnante. Comme beaucoup d’écrivains de cette époque, ils aimaient vivre à l’écart. Ils avaient un grand sens de la responsabilité de l’artiste, ils se sentaient uniquement au service de leur art, avec une exigence qui ne passait pas par la notoriété.

On va s’apercevoir qu’un Reynaldo Hahn, l’ami de Proust, est bien plus profond qu’on le dit, admirer la grandeur d’un Jehan Alain, tué à 29 ans en 1940 et qui a révolutionné l’orgue. Et puis on entendra des œuvres pour orchestre d’harmonie, incroyables, comme les « Dionysiaques » de Florent Schmitt. Notre école des vents est une des meilleures du monde, d’ailleurs dans l’orchestre de la Police nationale il n’y a que des premiers prix du conservatoire.

Pourquoi la musique espagnole pour accompagner la musique française ?
Parce que leurs grands musiciens sont tous passés par Paris, « Iberia », le chef-d’œuvre d’Albeniz a même été créé dans notre capitale. A l’époque il y avait une vraie connexion franco-espagnole. Au XIXe siècle nos artistes faisaient le voyage en Espagne comme au siècle précédent le voyage en Italie. La musique espagnole, ce sont aussi des couleurs différentes, une chaleur…

Il manquera à cette « Folle Journée » celle qui en fut un des piliers, Brigitte Engerer (disparue en juin) 
Brigitte qui nous aurait si magnifiquement joué les concertos pour piano de Saint-Saëns. Au-delà de l’amie, c’était une femme exceptionnelle, généreuse, intelligente, d’une vraie grandeur humaine. Elle avait quelque chose de « médium » comme souvent les russes, elle qui ne l’était pas mais qui avait étudié en Russie. Il est question de donner son nom à un des auditoriums de Nantes où elle avait joué si souvent.


Le programme de La Folle Journée 2013