Miossec en tournée : tempêtes et accalmies, ça tangue pour le Brestois

Par @Culturebox
Mis à jour le 20/06/2016 à 17H09, publié le 30/05/2016 à 11H29
Le petit ensemble. Orchestre de Miossec © Yann Orhan

Miossec est de retour avec un nouvel album intitulé "Mammifères". Avec son groupe, "le petit ensemble", il parcourt la France. Nous avons assisté à son concert parisien.

Lorsque l’on tape "Mammifères" sur un moteur de recherche, la première occurrence est "mammifères marins", précédant à peine "mammifères Miossec", en référence à son nouvel album. Rien d'anormal quand on sait l’attrait pour les embruns et les bourrasques maritimes qui entourent le Brestois aux 10 albums en 21 ans. 

Pour leur passage parisien, leur premier concert dans la capitale, le Petit Ensemble - nom du nouveau groupe qui entoure Christophe Miossec -  avait choisi une salle entre barge high tech  et péniche branchée de bord de Seine : Le Flow.

On imagine aisément cette petite bande de pirates armés de violon, mandoline, accordéon et guitare prendre d’assaut l’ouvrage. Mirabelle Gilis (violon, mandoline), Leander Lyons (guitares, basse, synthé), Johann Riche (accordéon et chœur) et Christophe Miossec s’assoient face à la salle et c'est parti pour 18 morceaux menés à l’allure d’un cirque tzigane proche de l’embardée. Premier titre : "On y va." Miossec tête baissée, feutre noir, voix blanche et murmures, clame que "même si on les prend pour des fous, on y va". 

Grandes étendues et recoins secrets

La traversée peut donc commencer. Ça tangue sur le bateau et le tango arrive à temps, la chanson s’appelle "après le bonheur", Miossec titube comme un Argentin à la voix de plus en plus profonde. Les nouveaux morceaux défilent, impressionnants de force et d’énergie. Le groupe a tourné de petites salles en chapelles, de vignobles en musées, sa musique est celle de la route, des grandes étendues et des recoins secrets. Elle est jouée comme au coin du bar mais résonne à l’autre bout du continent. 

"La vie vole", la mandoline donne le la d’une chanson douce à la tragédie cachée. Miossec y évoque les terrasses, "celle des quartiers parisiens qui sont un peu un symbole. Un mot si innocent, si décontracté. Mais quand ça se fait mitrailler, les mots n'ont plus le même sens", ainsi qu'il l'a déclaré à Ouest France. Sa manière à lui de se souvenir du Paris tragique du Bataclan et des cafés du 13 novembre. 

La nuit tombe sur Paris, il enchaîne sur "La nuit est bleue", sa note bleue à lui. L’accordéon de Johann Riche flirte avec le violon de Mirabelle Gilis, la voix de Miossec se fait un lancinant murmure pour raconter en 4 minutes 41 qu’il n’y a rien à comprendre à la fin d’un amour perdu.

Miossec le survivant 

Il a écrit pour un autre grand fauve, Johnny Hallyday, "Cascadeur". Un titre sur le temps qui passe chez les anciens champions, ceux qui survivent à tous les risques du métier. Il dit qu’il est capable de survivre aux grandes explosions. Miossec a la voix souriante pour se raconter. C’est donc autobiographique pour celui qui a débuté avec trois albums nommés : Boire, baiser et brûler. C’était au siècle dernier, le Brestois a donc survécu à toutes les tempêtes.

Deux heures ont passé, c 'est le temps du rappel, retour des 4 ferrailleurs pour "Brest" extrait de 1964, un album de 2004. "Est-ce que toi aussi ça te bouleverse", la Seine ce soir-là à Paris sentait l’océan et la pointe de la Bretagne entre orages et accalmies. Entre orage et accalmies, c'est la météo de la nouvelle tournée de Christophe Miossec.
 
Sur le site de Miossec, toutes les dates de sa tournée 

Reportage lors de son passage à Toulouse pour le festival Rio Loco