Hellfest 2016 : l'anti-sèche en 7 points

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 18/06/2016 à 15H36, publié le 16/06/2016 à 12H05
Slam,  décibels et ambiance d'enfer à nouveau au menu du Hellfest 2016, du 17 au 19 juin à Clisson.

Slam,  décibels et ambiance d'enfer à nouveau au menu du Hellfest 2016, du 17 au 19 juin à Clisson.

© Salom-Gomis Sebastien / Sipa

Rammstein, Black Sabbath, Megadeth, Gojira, Korn, Volbeat, Slayer, Mass Hysteria : les oreilles ont de quoi saigner pour la 11e édition du Hellfest à Clisson depuis vendredi, jusqu'à dimanche. Voici l'essentiel à savoir sur cette manifestation de "musiques extrêmes", l'une des plus importantes du genre en Europe et déjà le troisième festival de France après Les Vieilles Charrues et Solidays.

1.
Les chiffres clés du Hellfest 2016 
162.000 spectateurs attendus cette année
6 scènes de différents styles musicaux
175 groupes au programme
16 millions d'euros de budget
200 euros le pass trois jours


2.
De quelle(s) musique(s) parle-t-on ? 
On appelle généralement les mordus du Hellfest les "metal heads" ou "métalleux" en français. Pourtant, le Hellfest ne se cantonne pas au metal. Il présente aussi du rock, du punk-rock, du hard rock, du hardcore, du stoner, du rock'n'soul, du post-rock etc. Et quand bien même il se cantonnerait au metal, il s'agit d'un genre aux courants multiples, tout sauf monolithique ! La bannière metal retroupe notamment (prenez votre inspiration) le black metal, le thrash metal, le death metal, le stone metal, le folk metal, le speed metal, le doom metal, le power metal, le metalcore, le metal progressif et même le metal symphonique (comme les Hollandais Delain ou la Finlandaise Tarja). La liste est infinie et en évolution perpétuelle. A quand un master en metal ? 


3.
Quel est le profil des festivaliers du Hellfest ? 
Selon une étude publiée en 2011 par Christophe Guibert de l'université d'Angers, le profil type du festivalier du Hellfest est un homme à 81% (mais le ratio de femmes est en progression ces dernières années) et il est âgé en moyenne de 26 ans. Les cadres et professions libérales y sont sur-représentés (25% des festivaliers). 30% d'entre eux sont étrangers. "Le metalleux est une personne plutôt cultivée, sympa et non violente", estime pour sa part Corentin Charbonnier, auteur de la première thèse sur le Hellfest soutenue en décembre 2015 à l'Université de Tours. Dans "Le Hellfest comme lieu de pélerinage", il explique que pour les adeptes du metal, venir au festival s'apparente à un véritable "pèlerinage", synonyme de fête et de communion. À deux doigts du sacré. 

Un échantillon de festivaliers enthousiastes au Hellfest 2015.

Un échantillon de festivaliers enthousiastes au Hellfest 2015.

© Salom-Gomis Sebastien / Sipa
4.
Une scénographie de choc 
Au Hellfest, le seul festival français capable d'afficher complet en trois semaines avant même d'avoir annoncé la programmation, on vient autant pour la musique que pour le décor et l'ambiance. Les organisateurs du festival l'ont bien compris, qui soignent particulièrement la scénographie, à laquelle est consacrée près d'un quart du budget cette année (4 millions sur 16 millions de budget). Les mauvaises langues parlent dès lors de "parc d'attractions pour les metalleux". Ils n'ont pas tort. Et alors ? Des portes d'entrée (de l'enfer) toujours plus spectaculaires ? Check. Des effets spéciaux pyrotechniques sur les scènes ? Check. Une grande roue ? Check. Un skate park en forme de crucifix ? Check. Un feu d'artifice ? Check. La statue géante ? Check. Après le gigantesque "Hell Fist" en 2015, personne ne pourra louper cette année la statue à l'effigie de Lemmy Kilmister de Motörhead disparu en décembre dernier. Une œuvre haute de 15 mètres et constituée de 30 tonnes de béton. Un hommage à la (dé)mesure de cette icône rock'n'roll venue à cinq reprises botter les fesses du Hellfest.

Le regretté Lemmy Kilmister de Motörhead (ici en 2011 à Rock in Rio) fait l'objet d'un hommage particulier au Hellfest 2016.

Le regretté Lemmy Kilmister de Motörhead (ici en 2011 à Rock in Rio) fait l'objet d'un hommage particulier au Hellfest 2016.

© Wilton JuniorI / Agência Estado / AFP
5.
Prêts pour la mêlée du Wall of Death ? 
Dans le rock, tout le monde connait maintenant le pogo (sauter sur place et s'agiter brutalement) et le slam (plonger depuis la scène en espérant se faire porter par le public). Dans le rock on pratique également de temps à autre le headbang cher aux métalleux qui consiste à agiter frénétiquement sa tête et sa chevelure (si possible une tignasse longue) au rythme de la musique. On connaît moins le rituel du Wall of Death, traduit par "Mur de la mort", très couru des metal heads. Soit spontanément, soit à l'invitation du groupe qui se trouve sur scène, le public se scinde en deux parties de façon à laisser une allée au milieu. Les deux groupes se fonçent alors l'un sur l'autre comme des dingues, façon charge des Gaulois contre les Romains. Euphorisant paraît-il, et ce en dépit des contusions, lèvres fendues et autres genoux déboités – aux Hellfest, les cicatrices sont des trophées-souvenirs.

6.
D'où vient le "Horns Up", signe de ralliement des métalleux ? 
Vous voulez en être ? Alors serrez le poing. Dressez uniquement le pouce et l'auriculaire (le petit doigt). Brandissez en l'air comme des cornes. En anglais on l'appelle d'ailleurs le "Horns Up" (cornes en l'air).C'est le signe de ralliement des amoureux de metal. Il permet aussi de montrer son appréciation à la façon du pouce en l'air. Et c'est bien sûr la façon la plus commune de se saluer au Hellfest. S'il s'agit d'un signe utilisé depuis l'Antiquité, sa forme actuelle dans le metal a été popularisée par l'ancien chanteur disparu de Black Sabbath Ronnie James Dio, durant la tournée "Heaven and Hell" en 1980. Il disait lui-même tenir ce geste de sa grand-mère sicilienne qui en usait pour conjurer le mauvais œil...

Des festivaliers du Hellfest font le "Horns up".

Des festivaliers du Hellfest font le "Horns up".

© Aymeric Guillonneau /Citizenside/ AFP
7.
Au Hellfest, on trouve même des doudous... d'enfer
Avec leurs noms de groupes agressifs ou repoussants, tels que Terrorizer, Agressor, Megadeth, Overkill, Sadist ou Bain de Sang, mais aussi leurs tenues de deuil intégral, leurs tignasses et leurs accessoires cloutés, on peut se figurer, comme Madame Christine Boutin qui dénonçait en 2010 la "culture de la mort" promue par le Hellfest, que le metal est un style dangereux et neurasthénique. Il n'y a pourtant pas plus jovial qu'un metalleux. Jetez un oeil sur les produits dérivés en vente au festival : au milieu des T-shirts, bonnets et autres recharges de smartphones aux armes du Hellfest, on trouve aussi un tablier de cuisine (la cuisine, c'est de l'amour) et un doudou. Une peluche-marionnette violette de loup du doux nom de "Hellfy" qui fait le "horns up" avec sa patte. Si c'est pas chou, ça !

"Hellfy", le doudou metal en vente sur le shop du Hellfest.

"Hellfy", le doudou metal en vente sur le shop du Hellfest.

© http://www.hellfestshop.com/fr/

> Le Hellfest se déroule du 17 au 19 juin 2016 à Clisson (Loire Atlantique)
En termes de sécurité, le Hellfest a indiqué cette semaine que ses agents de sécurité ont été multpliés par deux cette année, que l'intégralité du site est désormais équipée d'un système de vidéo-surveillance et qu'un renfort de police montée a été ajouté.

> Retrouvez toutes les infos et la couverture du Hellfest sur le site France 3 Pays de la Loire