Les chants de Nadau font vibrer la fibre occitane du Sud-Ouest

Par @Culturebox
Mis à jour le 27/06/2017 à 10H16, publié le 26/06/2017 à 16H30
Nadau en concert - Zénith de Pau, février 2017

Nadau en concert - Zénith de Pau, février 2017

© France 3 / Culturebox / capture d'écran

Enregistré lors d'un concert mémorable au Zénith de Pau, leur dernier CD vient de paraître. Nadau, c'est 43 ans de carrière, 4 Zénith et 4 Olympia, mais c'est aussi et avant tout l'amour d'une tradition, la défense d'une langue : l'occitan. Le chanteur du groupe Miquèu Maffrand revient sur ce phénomène musical bien connu des occitans.

Le groupe Nadau, "c'est la cornemuse landaise qui s'engueule avec la guitare électrique, c'est le chant traditionnel qui se frite et qui se frotte avec la musique". Encore aujourd'hui, le chanteur Miquèu Maffrand s'étonne de ce succès. Ne pas être à la mode, c'est peut être là tout le secret de leur réussite. Rencontre avec un artiste hors du commun. 

Si on a fait 43 ans de carrière, si on a réussi quelque chose, c'est parce qu'on n'a jamais été à la mode


Reportage France 3 Toulouse : S. Issaly 

Véritables hymnes occitans

L'histoire de Nadau commence en 1973, à une époque où mai 1968 est encore dans les esprits. Le groupe accompagne les luttes viticoles et ouvrières, multipliant les chansons engagées. C'est le cas de "De cap tà l'immortèla Nadau", un hymne à la liberté et à l'amour de son pays, l'Occitanie. 

Sèi un país e ua flor, E ua flor, e ua flor, Que l'aperam la de l'amor, La de l'amor, la de l'amor, (Je connais un pays, et une fleur, Et une fleur, et une fleur, On dit que c'est celle de l'amour, Celle de l'amour, celle de l'amour)

1er couplet de De cap tà l'immortèla - Nadau
Le combat mené est aussi celui d'une langue. En 1980 naît à Pau la première Calandreta, une école d'enseignement en occitan. Une victoire pour Nadau qui n'a jamais cessé d'encourager ces initiatives

"On a réussi parce qu'on n'a jamais été dans l'air du temps" 

160 chansons, 2 Olympia de Paris en mai 2000 et 2007, plusieurs Zénith, Nadau revient sur son succès. Un secret de cette réussite? "Non, il n'y a pas de recette, sinon on ferait des tubes tous les jours. Il y a quelque chose de mystérieux  là dedans, et dans le fond, c'est peut être mieux comme ça". Si leurs chansons ne sont pas dans l'air du temps, en revanche elles sont "dans le coeur des gens". A l'image de "L'encantada", autre chanson phare. 

Toujours au rendez-vous, la jeunesse du sud-ouest chante en choeur avec eux, se déplace jusqu'à l'Olympia pour leurs 40 ans. "Entre les drapeaux occitans, gascons et béarnais, les nombreuses têtes coiffées de bérets, les sons de cloches de brebis et la célèbre "Immortèla" chantée à tue-tête, difficile de se croire en plein Paris". En concerts, mais aussi dans les bistrots, ils chantent des textes qui ont plus de 200, 300 ans. Réunissant toutes les générations, leurs concerts sont avant tout des moments de partage, au rythme de ces mélodies occitanes. Une manière de vivre pleinement l'une de ces paroles de Nadau : "C'est un honneur d'être sur Terre et de pouvoir rester debout". 
 

Les jeunes chantent et je m'émerveille de voir que l'on vit encore, que l'on est toujours là. C'est un honneur d'être sur Terre et de pouvoir rester debout

Tout l'été, ils multiplieront les concerts, notamment le 3 juillet à Saint Amand de Vergt (24), le 7 au Fousseret (31), le 8 à Foix (09). Dates à découvrir sur le site officiel.