Le marché de la musique enregistrée en baisse de 3,9% en 2011

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 30/01/2012 à 16H18
Dans un magasin de musique à Nantes en 2010

Dans un magasin de musique à Nantes en 2010

© Alain Le Bot/Photononstop

Le marché de la musique enregistrée a reculé en France en 2011 pour la neuvième année consécutive, affichant une baisse de 3,9% à 617,2 millions d'euros, selon les chiffres publiés lundi par le Snep.

Le principal syndicat de producteurs de disques a pour la première fois tenu compte des droits voisins (radios, lieux sonorisés ...) perçus par les producteurs dans le calcul des chiffres du marché, conformément à la norme utilisée par la Fédération internationale de l'industrie phonographique. Si on ne tient compte que de l'évolution des ventes physiques (CD et DVD) et numériques de musique (téléchargement, streaming...), le marché de la musique enregistrée a reculé de 5,6% sur l'année. Une baisse à peu près équivalente à celle enregistrée en 2010.

Mais ce chiffre recouvre des situations opposées: le marché physique a baissé de 11,5%, tandis que le numérique a progressé de 25,7%. Au sein de ce segment, le téléchargement a progressé de 18,4%. Le téléchargement constitue toujours la plus importante source de revenus numériques mais sa part est en baisse (51% contre 54% en 2010). Les revenus des abonnements ont explosé de 89,4%, soit presqu'un quart du marché numérique (contre 15,5% en 2010).

Les revenus du streaming financé par la publicité ont bondi de 50,2% mais du fait de leur faible rendement leur part reste faible dans les revenus numériques (12,5%). Enfin, les revenus tirés de la téléphonie mobile (sonneries de téléphone) ont reculé de 17,4%.

Le directeur général du Snep David El Sayegh a "envoyé un message aux politiques"
Sans citer le PS, qui a annoncé qu'il supprimerait Hadopi et le remplacerait par une loi sur l'exception culturelle en cas de victoire, David El Sayegh a indiqué que les producteurs de disques voulaient un maintien de l'autorité chargée de lutter contre le téléchargement illégal. "On enverrait un message catastrophique en légalisant les échanges hors marché. On veut qu'une vraie autorité, efficace, reste en place", a-t-il déclaré, estimant qu'Hadopi était "avant tout un dispositif éducatif". "On est en train de créer le business de demain, il ne faudrait pas ruiner les investissements qui sont faits", a-t-il dit. "Supprimer Hadopi serait nous renvoyer au Moyen Age numérique", a renchérit le président du Snep Denis Ladegaillerie, soulignant que l'offre était en plein essor et que tous les segments du marché numérique étaient en progression.