Le Conservatoire de Niort rend un hommage à l'inclassable Frank Zappa

Par @Culturebox
Mis à jour le 15/05/2017 à 11H31, publié le 15/05/2017 à 11H13
Frank Zappa en 1982

Frank Zappa en 1982

© MARCELLO MENCARINI / Leemage

Les élèves du Conservatoire de Niort s'attaquent à un monument de complexité : l'oeuvre du compositeur et guitariste américain Frank Zappa (1940_1993). Ce touche à tout de génie, parfois très compliqué à approcher s'est frotté à tous les genres, du rock le plus binaire aux compositions les plus complexes pour Pierre Boulez.

Le défi est de taille. Les classes de musique actuelles amplifiées du conservatoire Auguste-Tolbecque de Niort ont décidé de s'attaquer à Frank Zappa. Une oeuvre comme un massif montagneux où les promenades de santé succèdent aux à-pics les plus vertigineux, où les compositions savamment sophistiquées, dodécaphoniques, alternent avec des rocks à la binarité la plus basique.

Frank Zappa, né à Baltimore en 1940 dans une famille d'origine italienne est mort à Los Angeles en 1993. Entre temps, et depuis les années 60, il n'a cessé de publier des albums d'une richesse sans doute inégalée dans le monde de la musique moderne. Particulièrement prolifique sous son nom ou celui de son groupe "The mothers of Invention",  Zappa aligne les albums regorgeant de morceaux qui n'en finissent pas, captations de concerts retravaillées à l'infini en studio, dynamitage en règle des règles du rock et solos de guitare époustouflants.

Reportage : F. Gibert / T. Chapuzot / C. Pougeas

Une oeuvre touffue

M. Z. se moque des icônes (Dylan en prend un coup dans "Flakes" qui figure sur  l'album "Sheik Yerbouti", cherchez au passage le jeu de mots qui se cache dans ce titre ! ), M. Z. chante le pipi, le caca et les pieds qui puent, M. Z. compose une ode aux groupies qui passent entre les bras de tous les musiciens dans le car du groupe en tournée, M. Z. déconseille à l'Eskimo Nanook de manger la neige jaune (où les huskies ont fait leur pipi !).

Bref, Zappa ne respecte rien, sinon la musique. Certains de ses albums, comme "Sheik Yerbouti" déjà nommé ou le concept "Joe's Garage" offre des portes d'entrée qui permettent de pénétrer "en douceur" dans une oeuvre touffue. En la découvrant sous sa face la plus ardue, les meilleures volontés pourraient se décourager et renoncer à partir à la découverte de cet artiste hors de toute norme.

Frank Zappa "Cosmik Debris" avec les Mothers of Invention, Jean-Luc Ponty, George Duke, Tom Fowler, Bruce Fowler, Ruth Underwood, Ian Underwood et Ralf Humphrey.

Pierre Boulez

Le guitariste prodige, nourri de jazz, fumeur de Winston, qui dirigeait ses musiciens les trois-quarts du temps dos à son public s'est peu à peu éloigné du rock pour se rapprocher de la musique expérimentale. A la fin de sa vie, il est mort en 1993, il avait même collaboré avec Pierre Boulez qui a conduit plusieurs de ses oeuvres.

Frank Zappa est mort à 52 ans, d'un cancer de la prostate. Ses enfants, et en parliculier son fils Dweezil Zappa, continuent de faire vivre son oeuvre sur scène et la prolongent par leurs propres compositions typiquement dans l'esprit paternel.