La Seine Musicale ouvre ses portes cette semaine avec Bob Dylan en vedette

Par @Culturebox
Mis à jour le 17/04/2017 à 20H50, publié le 17/04/2017 à 17H15
L'auditorium de la Seine musicale qui est inaugurée le 22 avril 2017.

L'auditorium de la Seine musicale qui est inaugurée le 22 avril 2017.

© PATRICK KOVARIK / AFP

Deux salles de concerts, la "Grande Seine" dévolue aux spectacles d'envergure et l'Auditorium dédié au classique, dans un bâtiment conçu comme un vaisseau émergé sur l'Ile Seguin : la Seine musicale ouvre ses portes cette semaine, avec Bob Dylan en concert le 21 avril, la chef Laurence Equilbey le 22 (à suivre sur Culturebox Live) et à partir de demain, 18 avril, quatre journées portes ouvertes.

Le chanteur, prix Nobel de littérature, étrennera ce nouveau temple de la musique vendredi 21 avril, à la veille de l'inauguration officielle.
Mais avant même ce premier concert, qui affiche complet, la Seine Musicale se dévoilera au grand public à partir de demain, mardi 18 avril, pour quatre journées "portes ouvertes" où sont invités riverains, familles et musiciens amateurs ou professionnels.

Bob Dylan le 21 avril et Laurence Equilbey le 22 avril (à suivre sur Culturebox) 

Bob Dylan pourra juger des dernières technologies de pointe qui équipent la "Grande Seine", réservée aux concerts, comédies musicales et spectacles vivants. Selon les configurations, cette salle pourra accueillir de 4.000 à 6.000 spectateurs.
La Seine musicale : la "grande salle" dédiée aux musiques amplifiées.

La Seine musicale : la "grande salle" dédiée aux musiques amplifiées.

© PATRICK KOVARIK / AFP
Le lendemain, ce sera au tour de deux représentants français de l'électro, The Avener et The Shoes, d'assurer le tempo, juste après l'inauguration de l'autre salle, l'Auditorium, par l'Insula orchestra, l'orchestre résident, dirigé par Laurence Equilbey, qui joue sur instruments d'époque. Au programme de ce concert que vous pourrez suivre en direct sur Culturebox Live : Mozart, Beethoven, Carl Maria von Weber, avec la soprano Sandrine Piau et le pianiste Bertand Chamayou.
Dédié aux musiques non amplifiées, cet auditorium entièrement fait de bois excelle par son acoustique et peut accueillir 1.150 personnes. Les auditeurs sont répartis sur plusieurs balcons étagés tout autour de la scène créant une grande proximité avec les musiciens.

"Un grand navire" de 36.500 m2 

Conçue par l'architecte japonais Shigeru Ban (lauréat du prix Pritzker en 2014), associé à Jean de Gastines, avec qui il a réalisé en 2009 le Centre Pompidou-Metz, la Seine Musicale possède en outre cinq studios d'enregistrement et de répétition ultramodernes. Il sera possible tout à la fois d'y répéter un spectacle, de le présenter sur scène et de l'enregistrer, "chose rare en Europe", se félicite Patrick Devedjian, président du Conseil départemental des Hauts-de-Seine.

Elle sera également un lieu d'enseignement et de formation avec l'installation en son sein de la Maîtrise des Hauts-de-Seine (choeur d'enfants de l'Opéra de Paris) et de l'Académie musicale fondée par le contre-ténor Philippe Jaroussky qui viendra y dispenser des master classes. Trois ans et demi ans de travaux, pour un coût de 170 millions d'euros, financés aux deux-tiers par le département des Hauts-de-Seine et à un tiers par des fonds privés (Bouygues Bâtiment Île- de-France, Sodexo, OFI InfraVia, TF1), ont permis d'ériger ce nouveau pôle culturel. Il s'agit de la première institution culturelle française à faire l'objet d'un partenariat public-privé (PPP).
"L'oeuf" au sein de la nouvelle Seine musicale.

"L'oeuf" au sein de la nouvelle Seine musicale.

© PATRICK KOVARIK / AFP
Pour cet ambitieux projet architectural qui prend place sur l'ancien site des usines Renault et s'étend sur 36.500 m2, Shigeru Ban explique avoir voulu créer "l'image d'un grand navire", avec une "voile protectrice faite de panneaux photovoltaïques".
Montée sur rails, cette voile suit la course du soleil, d'est en ouest, tout au long de la journée. Elle tourne autour d'un "oeuf" de verre gainé de croisillons de bois qui abrite l'Auditorium. "Selon l'heure de la journée, le bâtiment est totalement différent, notamment à cause des ombres sur l'enveloppe de verre", commente Shigeru Ban, soucieux d'avoir recours à "la technologie environnementale".

De Jeff Mills à Michel Sardou

Deux ans après l'installation de la Philharmonie dans l'est parisien, la Seine Musicale vient donc rééquilibrer l'offre dans la capitale. Avec le Stade de France au nord et des grandes salles intra-muros comme Bercy ou le Zénith, des lieux prestigieux (Salle Pleyel, Olympia) et d'autres récemment reconstruits (Bataclan, Elysée Montmartre), l'offre évènementielle n'a jamais été aussi grande.

Jean-Luc Choplin, programmateur en chef, souhaite faire de la Seine Musicale une "destination où toutes les musiques, du rock au baroque, peuvent sonner et dissoner".  Sont ainsi attendus le vétéran américain de la techno Jeff Mills (4 mai), le claviériste jazz Herbie Hancock (29 juin), la comédie musicale West Side Story (12 octobre-12 novembre) ou même Michel Sardou fin 2017/début 2018.