La Philharmonie de Hambourg, projet coûteux et grandiose, enfin prête

Par @Culturebox
Mis à jour le 11/11/2016 à 16H17, publié le 11/11/2016 à 16H15
La Philharmonie de Hambourg, 2016

La Philharmonie de Hambourg, 2016

© John MACDOUGALL / AFP

Avec plusieurs années de retard et un budget dix fois plus élevé que prévu, la spectaculaire Philharmonie de l'Elbe, enfin achevée, dote le vénérable port de Hambourg d'une attraction de renommée mondiale.

D'ici au gala d'ouverture le 11 janvier, les ouvriers apportent la dernière touche à l'éblouissante salle de concert dessinée par le cabinet d'architectes suisse Herzog & de Meuron. "Rien de tel n'a jamais été construit", a écrit le critique Peter von Becker, quelques jours après une visite en avant-première. "Cette vieille ville hanséatique abrite maintenant quelque chose qui fait partie de la culture mondiale". Pour le quotidien allemand "Die Welt", le "magnifique" bâtiment est en mesure de rivaliser avec l'emblématique opéra de Sydney. Et de pronostiquer le début d'une "nouvelle ère" pour l'ancienne cité marchande, qui "va réellement devenir une ville internationale".

S'élevant à l'extrémité d'un quai sur l'Elbe, la Philharmonie est bâtie sur un ancien entrepôt, dont seuls les murs extérieurs en briques ont été conservés. Au dessus s'élève une structure de verre dont le sommet prend la forme de vagues. Entre ces deux niveaux est lovée une place publique, protégée par des fenêtres en verre incurvé et offrant une vue imprenable sur le port et les flèches de Hambourg. Le bâtiment abrite aussi des appartements de luxe, des restaurants et un hôtel.
L'intérieur de la Philharmonie de Hambourg, 2016

L'intérieur de la Philharmonie de Hambourg, 2016

© John MACDOUGALL / AFP

10 fois plus que le budget initial

L'Elphie, comme elle a été surnommée, domine du haut de ses 110 mètres la "Speicherstadt" mitoyenne, le quartier des entrepôts constitué d'un entrelacs de rues, de canaux et de ponts inscrit en 2015 au Patrimoine mondial de l'Humanité de l'Unesco. Partie du projet HafenCity de développement du quartier portuaire autrefois délabré, la Philharmonie de Hambourg n'a pas échappé à la controverse avec une ardoise finale de 789 millions d'euros pour la ville de Hambourg. Soit dix fois plus que le budget initial de 77 millions. Sa construction a même failli être abandonnée à cause d'un conflit entre les autorités locales, les architectes et le constructeur Hochtief, a reconnu le maire de Hambourg, Olaf Scholz. La municipalité voit maintenant dans la Philharmonie le joyau de Hambourg, à l'image du musée Guggenheim pour Bilbao (Espagne), capable de dynamiser le profil international de la ville. "Ce bâtiment va entrer dans l'ADN de Hambourg", a assuré Jacques Herzog.

Dans la grande salle, des sièges en terrasses successives

La grande salle, dont l'acoustique a été conçue par Yasuhisa Toyota, peut accueillir 2.100 spectateurs. Elle devrait se classer parmi les dix meilleures au monde, selon la ville de Hambourg. "Dès le premier battement de tambour nous savions que ce serait fantastique", a assuré le chef d'orchestre Thomas Hengelbrock après la première répétition. "Tout le monde dans la pièce était en larmes, absolument tout le monde". Tout autour de la scène située au centre, les sièges se répartissent en terrasses successives, selon une forme dite "en vignoble" qui rappelle la révolutionnaire Philharmonie de Berlin. Ainsi, "les sièges les moins chers ne sont pas à plus de 30 mètres du chef d'orchestre et des solistes", a expliqué l'architecte Ascan Mergenthaler, du cabinet Herzog & de Meuron.

Une petite salle pour toucher un public plus large

Lieu de naissance de Brahms et de Mendelssohn, berceau de la carrière des  Beatles, Hambourg se prépare à accueillir des concerts donnés par les meilleurs orchestres du monde. Mais la Philharmonie veut aussi toucher un public plus large et recevra dans sa deuxième salle, plus petite, des DJ, l'artiste expérimental britannique  Brian Eno ou des musiciens syriens.