L'orgue de Corbara vibre à nouveau sous les doigts d'Umberto Forni

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 23/08/2012 à 11H43
La mezzo-soprano Emmanuelle Fruchard et l'organiste Umberto Forni

La mezzo-soprano Emmanuelle Fruchard et l'organiste Umberto Forni

© France3 / Culturebox

Avec une centaine d’instruments répartis sur l’île, la Corse possède un patrimoine d’orgues qui reste méconnu et parfois même à l’abandon. Depuis plus de quarante ans, l'association Renaissance de l'orgue se bat pour réhabiliter ces petits bijoux. Chaque fin d’été, durant une semaine, elle organise des concerts dans différentes églises de Corse où les orgues ont pu être restaurés. C’est le cas de l’église la Collégiale A Nunziata,de Corbara en Balagne. Le 21 août, l'organiste italien Umberto Forni, accompagné d'un ensemble de toutes nationalités a pu jouer « Le concert des Trois Grâces » sur un orgue Saladini/Agati-Tronci datant du XIXè siècle

Si on regarde la répartition géographique de la centaine d’orgues présents sur l’île de beauté, on s’aperçoit que le nord est mieux doté que le sud, certaines régions possédant même un orgue par village. La présence ou non de l’instrument témoigne de la vie économique locale. Le Nord de la Corse, surnommé « Terre du Commun » s’est plus vite émancipée. Plus riche, l’installation d’un orgue y avait une valeur religieuse mais aussi sociale. Dans le Sud, « Terre des Seigneurs », le système féodal s’est maintenu plus longtemps, avec une économie plus austère, plus compartimentée. Instruments, décors, facteurs et styles, les deux régions  ont également été marquées par des influences différentes : italiennes pour le Nord, française pour le sud. Jusqu’à la Révolution française, la pratique de l’orgue était réservée à une élite, formée à la musique et c’est surtout au sein des couvents religieux qu’on peut trouver des instruments. Les événements de 1789 vont bousculer les choses. Les orgues sont parfois pillés, détruits, délaissés ou déplacés dans des églises paroissiales. Mais à partir de 1810, c’est le début d’un âge d’or de l’orgue avec un renouveau qui doit beaucoup au savoir-faire des artisans. La première guerre mondiale marquera un nouveau coup d’arrêt à cette période bénie. Le conflit a besoin d’hommes et de bois de noyer, très utilisé pour la fabrication des orgues mais aussi pour les crosses des fusils. Il faudra ensuite attendre les années 60 et 70 pour que des passionnés s’intéressent à nouveau aux orgues anciens de Corse et se lancent dans leur restauration à l’image de l'association Renaissance de l'orgue, fondée en 1970 à La Porta, en Castagniccia ou encore de l'association Saladini qui doit son nom à un facteur d'orgue originaire de Speloncato (Haute-Corse).

Dernier concert de l'été, le 23 août à Pioggiula à 21h sur un orgue Saladini de 1844

Un ouvrage, pour aller plus loin : 

« L’orgue corse de 1557 à 1963 » de Sébastien Rubellin - Editions Alain Piazzola - 313 pages