Victoires du Jazz 2014 : les nominations

Par @annieyanbekian Journaliste, responsable de la rubrique Jazz-Musiques du Monde de Culturebox
Mis à jour le 10/06/2014 à 17H45, publié le 13/05/2014 à 12H02
Du jazz au Parc floral de Vincennes (archives)...

Du jazz au Parc floral de Vincennes (archives)...

© Cédric Lecocq / Le Parisien / MaxPPP

Ping Machine, Jacques Schwarz-Bart, Vincent Peirani, Thomas de Pourquery, Cécile McLorin Salvant, Magic Malik, Thomas Savy, Émile Parisien et Daniel Zimmermann sont les neuf nommés du cru 2014 des Victoires du Jazz. En attendant le verdict peu avant la mi-juin, voici un petit tour d'horizon des prétendants aux trois trophées en jeu.

Les Victoires du Jazz seront décernées les 12 et 13 juin au Parc Floral de Vincennes, dans le cadre du Paris Jazz Festival qui fête ses vingt ans. Trois récompenses seront remises : artiste ou formation de l'année, révélation, album. Comme l'an passé, une seule femme est nommée.
Artiste ou formation de l’année
Trois "soufflants" sont en lice : deux saxophonistes, Émile Parisien (soprano) et Jacques Schwarz-Bart (ténor) et un flûtiste, Malik Mezzadri alias Magic Malik.

- L'ardent Émile Parisien, sacré prix Django Reinhardt en 2013 par l'Académie du Jazz, s'est imposé ces dernières années tant par son travail avec son quartet que par des collaborations marquantes, comme celle avec le batteur Daniel Humair. Cet hiver, il a marqué les esprits avec "Belle Époque" (Act Records), un album enregistré avec Vincent Peirani. Les deux trentenaires forment le tandem musical le plus complice et attachant du jazz français.
Vincent Peirani et Émile Parisien jouent "Song of Medina (Casbah)", de Sidney Bechet, lors du concert "You and the Night and the Music" de TSF Jazz, le 16 décembre 2013 à l'Olympia, à Paris.
- Jacques Schwarz-Bart a sorti de son côté un album hautement inspiré, spirituel et humain, "Jazz Racine Haïti" (Motena/Harmonia Mundi), un projet qui murissait en lui depuis longtemps, l'une des plus belles pages discographiques de ces derniers mois.
Jacques Schwarz-Bart : "Banda" (mars 2014)
- Troisième nommé, Magic Malik s'est illustré cet automne avec l'album "Tranz Denied" (Bee Jazz) dans lequel, toujours flûtiste mais de plus en plus chanteur, il mêle l'univers du jazz à celui de l'électro et de la pop.
Magic Malik : "(Shibuya) Memories" (2013)
Révélation de l’année (Prix Frank Ténot)
- C'est dans cette catégorie que l'on trouve la seule femme de ces nominations, en l'occurrence l'éblouissante Cécile McLorin Salvant (ceux qui étaient présents lundi soir à La Cigale, à Paris, ne contesteront guère ce qualificatif). Révélée grâce à l'album "Gouache" du pianiste Jacky Terrasson, distinguée en janvier par l'Académie du Jazz, elle confirme à 24 ans son statut de -déjà- très grande dame du jazz, tant sur scène que sur son dernier album solo "Woman Child" (Emarcy / Universal).
Cécile McLorin Salvant chante "Nobody" (Bert Williams/Alex Rogers, extrait de "Woman Child") et "Yesterdays" (Jerome Kern), au Detroit Jazz Festival (2013)
- Autre personnalité combinant virtuosité, magie, humour et émotion pure, l'accordéoniste Vincent Peirani, dernier lauréat en date du prix Django Reinhardt de l'Académie du Jazz. Après avoir idéalement accompagné Youn Sun Nah et Daniel Humair, dialogué musicalement avec l'éminent Michel Portal, donné un coup de jeune et d'impertinence à l'accordéon, sorti un excellent "Thrill Box" et cosigné avec son ami Émile Parisien le lumineux "Belle Époque", mentionné plus haut.
Vincent Peirani reprend "Indifférence" de Tony Murena (connu récemment sous le titre"La Vie d'ici-bas" avec les paroles d'André Minvielle), aux Sables d'Olonne le 30 juillet 2013
- Enfin, le percutant tromboniste Daniel Zimmermann, fort d'une carrière déjà très dense lancée au début des années 2000 (dans le groupe de Claude Nougaro), a évolué entre jazz, jazz-rock et musiques du monde, participé à de nombreux ensembles de jazz grand format avant de sortir en 2013 un album brillant et original, "Bone Machine" (Gaya Music).
Daniel Zimmermann : extraits de l'album "Bone Machine" (2013)


Album de l’année
- "Encore, live au Petit Faucheux" (Neuklang) : Grand ensemble de jazz fondé par Frédéric Maurin en 2005, Ping Machine fait enfin son apparition parmi les finalistes des Victoires du Jazz. Une nomination hautement méritée, tant l'album live “Encore", capté à Tours en 2013, d'une écriture et d'une créativité magistrales, emporte l'auditeur dans un puissant voyage sonore.

Ping Machine : "Trona - 12 pm" (2013)
- “Play Sun Ra” (Quasart / Quark Records) : le saxophoniste et chanteur Thomas de Pourquery a réuni des musiciens qu'il admire au sein d'un groupe baptisé Supersonic pour visiter quelques joyaux du répertoire de Sun Ra, pianiste et extra-terrestre du jazz américain. Un très beau moment de musique et d'humanité. - “Bleu” (Plus Loin Music) : Thomas Savy, joueur de clarinette basse, a réuni pour la deuxième fois le groupe Archipel (huit ans après la sortie d'un premier disque), composé de brillants jazzmen (dont Pierre de Bethmann au piano ou Michael Felberbaum à la guitare), pour explorer le "bleu" du jazz, mais aussi du blues.
N'ayant pas trouvé d'extrait musical de l'album, voici un extrait de l'émission "Open Jazz"" (France Musique) dans lequel Thomas Savy présente "Bleu" (interview : Alex Dutilh - mars 2014)
Les Victoires du Jazz seront retransmises fin juin sur France 3. Et dès le 13 juin sur Culturebox en "live".