Une soirée blues cosmopolite aux Nuits de Fourvière, de Leyla McCalla aux Como Mamas

Par @Culturebox
Mis à jour le 21/07/2017 à 11H43, publié le 21/07/2017 à 10H21
Leyla McCalla,  Ester Mae Wilbourn du trio Comos Mamas,  et Robert Lee Coleman de la Music Maker Blues Revue

Leyla McCalla,  Ester Mae Wilbourn du trio Comos Mamas,  et Robert Lee Coleman de la Music Maker Blues Revue

© Jean-François Convert

Le blues s'est affiché sous toutes ses facettes ce mercredi soir au Festival des Nuits de Fourvière : des couleurs créoles de Leyla McCalla à l'énergie communicative de la revue Music Maker, en passant par les racines afro-américaines des Como Mamas, toutes les variantes de cette musique ont rappelé combien elle était à la fois actuelle et ancrée dans la tradition.

La soirée était présentée par Rapahël Imbert, saxophoniste de jazz ayant collaboré avec plusieurs des artistes jouant sur scène. Il les a d'ailleurs rejoint à plusieurs reprises pour nous offrir de maginfiques solos.

Leyla McCalla Trio : un mélange de modernité et de folklore créole

Free Feral, Leyla McCalla et Daniel Tremblay

Free Feral, Leyla McCalla et Daniel Tremblay

© Jean-François Convert
Au départ, le trio semble improbable, surtout pour jouer du blues : une chanteuse violoncelliste (Leyla McCalla), une choriste jouant de l'alto (Free Feral), et un discret guitariste qui parfois opte pour le banjo ou le triangle (Daniel Tremblay). Et puis on se laisse embarquer des Antilles jusqu'en Louisiane par des chansons traditionnelles créoles, mélangées à du blues-folk du deep south, et des mélodies au saxo ou au violon évoquant l'Europe centrale. Un métissage joyeux qui montre toute l'étendue du blues d'aujourd'hui.
Le saxophoniste Rapahël Imbert a rejoint le trio sur scène pour plusieurs morceaux

Le saxophoniste Rapahël Imbert a rejoint le trio sur scène pour plusieurs morceaux

© Jean-François Convert
Leyla McCalla s'exprime en français entre chaque chanson, s'attirant immédiatement la sympathie du public. Elle nous explique qu'elle s'inscrit dans la tradition des troubadours d'Haïti d'où elle est originaire. Sa technique au violoncelle fait des merveilles, passant de l'archet au pizzicato, de la rythmique basse au solo, le tout en chantant, avec une facilité déconcertante. Quand elle change pour le banjo, le rythme en devient encore plus entrainant et le public ne peut s'empêcher d'accompagner en frappant des mains, et même de faire les choeurs sur "Manman Mwen".
Leyla McCalla et son violoncelle

Leyla McCalla et son violoncelle

© Jean-François Convert
Retrouvez ici le live culturebox de Leyla McCalla au festival Jazz sous les Pommiers 2016

 

The Como Mamas : le Negro Spiritual à l'état pur

Le trio The Como Mamas

Le trio The Como Mamas

© Jean-François Convert
Changement de style avec cet autre trio. Nous vous avions présenté leur troisième album lors de sa sortie en mai. L'enregistrement studio faisait déjà preuve d'une épure pas commune dans la musique Gospel : pas de chorale imposante, mais seulement trois voix magnifiques accompagnées par un backing-band sobre, réduit à l'essentiel. La prestation en concert a poussé encore plus loin la démarche : pendant une heure, les trois chanteuses, seules en scène, ont scandé leur répertoire, a capella, avec pour unique accompagnement le public battant le rythme.
Les trois chanteuses : Della Daniels, Ester Mae Wilbourn et Angelia Taylor

Les trois chanteuses : Della Daniels, Ester Mae Wilbourn et Angelia Taylor

© Jean-François Convert
Trois voix puissantes, chaudes, fortes, impressionnantes, déclamant des chants très souvent à connotation religieuse, qui sont parfois plus proches de l'incantation que de la mélodie. Difficile de classer leur musique entre blues, soul et gospel. Mais ce qui est sûr, c'est que l'esprit originel du Negro Spiritual est plus que jamais vivant.

La Music maker Blues revue : l'énergie euphorisante des vieux routiers du blues

La Maker Music Blues Revue a clôturé la soirée, ici avec Robert Lee Coleman

La Maker Music Blues Revue a clôturé la soirée, ici avec Robert Lee Coleman

© Jean-François Convert
Les Como Mamas font partie de la Music Maker Relief Foundation, qui aide nombre de musiciens américains à pouvoir continuer de jouer leur musique. Cette fondation a eu l'idée de proposer une "revue" regroupant plusieurs artistes membres, dont la plupart ne sont plus tout jeunes, mais dont l'énergie n'a rien à envier aux petits jeunes désireux de leur succéder. Accompagnés par un backing-band solide (composé de Albert White à la guitare, Little Joe Burton au Trombone, Nashid Abdul à la basse et Ardie Dean à la batterie), trois pilliers du blues authentique se sont succédés sur le devant de la scène et ont mis le feu au théâtre antique de Fourvière : Alabama Slim, Robert Lee Coleman et Robert Finley.
Raphaël Imbert a rejoint Alabama Slim sur scène et a délivré un long et somptueux solo sur un blues langoureux.
Rapahël Imbert a rejoint Alabama slim sur scène

Rapahël Imbert a rejoint Alabama slim sur scène

© Jean-François Convert
Robert Finley, sans sa guitare pour mieux haranguer la foule

Robert Finley, sans sa guitare pour mieux haranguer la foule

© Jean-François Convert
Le dernier morceau les a tous réunis et le public s'est attroupé devant la scène transformant le parterre en une immense piste de danse, preuve que le blues est toujours une valeur sûre et qui sait encore enthousiasmer les foules.
Le public est venu danser devant la scène sur les derniers morceaux

Le public est venu danser devant la scène sur les derniers morceaux

© Jean-François Convert