"Secular Hymns", la passion blues de Madeleine Peyroux

Par @Culturebox
Publié le 28/11/2016 à 18H25
Madeleine Peyroux, ici au Festival de jazz de Nice, ouvrira demain le Festival "Jazz sous les pommiers"

Madeleine Peyroux, ici au Festival de jazz de Nice, ouvrira demain le Festival "Jazz sous les pommiers"

© VALERY HACHE / AFP

"Secular Hymns", le nouveau disque de la mélancolique Madeleine Peyroux, en concert mardi soir à Paris au Trianon, témoigne de la passion dévorante de la chanteuse américano-française pour le blues, une musique à laquelle elle ne peut "pas échapper".

De "Got You On My Mind", qui ouvre l'album, à "Trampin'", un traditionnel qui le referme, le blues hante ce septième album de Madeleine Peyroux, une  épure enregistrée avec recueillement dans une église anglaise. "Un bel  équilibre entre ciel et terre", juge-t-elle. 

"If The Sea Was Whiskey" de Leonard Caston, "Hello Babe" de Kansas Joe  McCoy, autres blues d'antan, figurent également dans cet album de reprises. Avec tout juste ce qu'il faut de réverbération dans la production pour mettre  en valeur sa voix claire et timbrée. "J'ai entendu du blues dans mon enfance, j'ai entendu cette peine dans les  voix des chanteurs de blues. Pour moi, ça nous rassemble", explique Madeleine Peyroux.

"C'est humain, ça veut dire qu'on est tous humains, qu'on a tous souffert  et que chaque souffrance nous est très chère, nous a marqués." Son blues n'est pas le Chicago blues rugueux, urbain et électrique auquel  rendent hommage dans les Rolling Stones dans le disque de reprises qui sort vendredi, mais plutôt le blues profond du sud rural, celui qui évoque une  consolation.

Mélancolique, Madeleine Peyroux trouve parfois "difficile de vivre au jour le jour" et puise dans le chant une certaine forme d'apaisement. "Je suis un petit peu solitaire. Si on veut être ouverte et aimante, il faut avoir cette solitude en soi-même. Ce sont les deux côtés d'une même page",  explique la chanteuse. "C'est un besoin, une nécessité".

"L’esprit de la musique de rue"

La formule minimale pour trio à cordes-voix, guitare, contrebasse- choisi  pour ce disque rappelle que Madeleine Peyroux a commencé en jouant dans des  orchestres de rue. "Dans l'esprit, cet album est un peu comme de la musique de rue. C'est vrai... Je suis extrêmement à l'aise dans cette formation", reconnaît la chanteuse.

Dans "Secular Hymns", au-delà du blues, l’artiste de 42 ans continue d'explorer le grand  livre de la chanson américaine, qui va du folk à la country, en passant par le  funk New-Orleans. Voisinent ainsi une composition de Stephen Foster, un auteur  du XIXe siècle considéré comme le père de la chanson américaine, et d'autres  plus contemporaines de Tom Waits ou Townes Van Zandt. "Nous avons une musique  fabuleuse, riche à cause des mélanges et de l'histoire absolument spécifique à  ce pays." Sur scène, elle ne manquera pas non plus d'interpréter Leonard Cohen, son  auteur fétiche. "Leonard Cohen est un des plus grands poètes. C'est un homme  qui veut maîtriser l'honnêteté", dit-elle à propos du barde canadien disparu au  début du mois à l'âge de 82 ans.