Rudy Van Gelder, grand architecte du son du jazz, est mort

Par @Culturebox
Mis à jour le 26/08/2016 à 18H17, publié le 26/08/2016 à 18H07
Rudy Van Gelder

Rudy Van Gelder

© Blue Note Records

Rudy Van Gelder, l'ingénieur du son qui a enregistré quelques-uns des albums de jazz les plus marquants de l'histoire, s'est éteint jeudi à l'âge de 91 ans.

Né le 2 novembre 1924 dans l'État du New Jersey, Rudy Van Gelder est considéré comme le plus important ingénieur du son de l'histoire du jazz.

En plus d'un demi-siècle, il a œuvré dans des milliers de sessions studio. Il a notamment supervisé en 1964 l'enregistrement de "A Love Supreme" de John Coltrane, l'un des plus grands disques de jazz de tous les temps. Rudy Van Gelder a aussi travaillé avec Miles Davis, Herbie Hancock, Thelonious Monk, Wayne Shorter, Sonny Rollins, Art Blakey, Freddie Hubbard, Joe Henderson ou encore Horace Silver.
"A Love Supreme", album de John Coltrane sorti en 1965 sur le label Impulse!

La mort de Rudy Van Gelder a été confirmée par le prestigieux label Blue Note Records, où il a été le chef ingénieur du son pendant des décennies, et par son neveu Gregg Van Gelder qui vit dans le nord de l'État de New York où il a un magasin de disques. "Il n'y a pas pas de mots pour dire l'importance de son rôle dans l'histoire du jazz", a souligné Blue Note. Le label a notamment rendu hommage à Van Gelder sur son site et sur Facebook.
Opticien de formation, Rudy Van Gelfer a voulu devenir ingénieur du son dans les années 40, en même temps qu'il a découvert les concerts de jazz à New York et qu'il s'est pris de passion pour la radio.

Il a fait ses premiers enregistrements dans le salon de ses parents dans le New Jersey, où les artistes new-yorkais venaient, attirés par les tarifs imbattables de Van Gelder, qui continuait alors de travailler comme opticien pour acheter du matériel.

"Blue Note sound"

À l'âge de 29 ans, en 1953, il a débuté chez Blue Note, le label ayant été séduit par la qualité particulière de ses enregistrements. Le son Van Gelder s'est ensuite confondu avec le label au point de parler de "Blue Note sound". Outre Blue Note, Rudy Van Gelder a aussi travaillé pour les labels Impulse!, CTI ou Prestige.

C'est en bidouillant les micros allemands Neumann U47, fraîchement sortis sur le marché à l'époque, que Van Gelder a réussi à capturer l'essence des instruments et des musiciens. "En ce temps-là, y compris jusque dans les années 50, la qualité de l'équipement et celle des disques eux-mêmes étaient totalement incapables de rendre ce que les musiciens jouaient sur scène", avait-il raconté au blog JazzWax en 2012. "J'ai dû expérimenter pour trouver le meilleur moyen de disposer musiciens et microphones de façon à ce que le son soit le plus chaud et le plus réaliste possible." Rudy Van Gelder est resté secret sur ses méthodes d'enregistrement.

Quelques jours après la disparition du vibraphoniste Bobby Hutcherson, qui fut l'un des grands noms du prestigieux label, Blue Note se retrouve à nouveau endeuillé par la perte d'une personnalité qui a contribué à sa légende.