Patrice ouvre le Nice Jazz Festival

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/07/2014 à 15H02, publié le 10/07/2014 à 14H42
Patrice au Nice Jazz Festival, le 8 juillet 2014

Patrice au Nice Jazz Festival, le 8 juillet 2014

© Valéry Hache / AFP

Citoyen du monde, Patrice l’est assurément. Le chanteur germano-sierra Léonais a ouvert le Nice Jazz Festival. Cet événement qui se déroule jusqu’au 12 juillet se veut une passerelle entre les générations et entre les styles. Celui de Patrice est unique : le sweggae music est largement inspiré du reggae.

Il aurait presque pu fêter ses 35 ans sur scène. Ce 8 juillet, Patrice Bart-Williams a fait une démonstration de son talent au Nice Jazz Festival. Le chanteur, qui a déjà 15 ans de carrière derrière-lui et une demi-douzaine d’album dans les bacs a largement mérité sa place sur cette scène qui va voir passer les plus grands noms du jazz. Patrice revendique un "sweggae music", sorte de reggae modernisé, mais le Nice Jazz Festival est fier de mélanger les styles. 

Reportage : P. Varnier, J-P. Bierlein, G. Flegeau, B. Mariani
La confiance en soi
Mais d'où vient ce terme de "sweggae music". Patrice explique à nos confrères de Libération en septembre 2013  que "Ça vient de "swagga" qui, dans le hip-hop, désigne le fait d’avoir une grande confiance en soi". On comprend mieux où il puise son énergie car de la confiance, Patrice ne semble pas en manquer. C'est ce qui lui a permis de développer son talent et de proposer aujourd'hui un style qui même s'il s'inspire de Bob Marley ou Peter Tosh, a su inventer sa propre identité et des vibrations uniques. 

La jeune génération 
Si à 35 ans Patrice représente encore la jeune génération, d'autres musiciens qui ont partagé la même affiche que lui ce jour-là ont moins de 30 ans. C'est le cas de Kris Bowers, Cecile McLorin Salvant et Ben L'Oncle Soul.  
Kris Bowers 
A 25 ans, le claviériste américain Kris Bowers possède déjà une sacrée carte de visite (notamment vainqueur de la Thelonious Monk Piano Competition en 2011) qui s'est vérifiée lors de son concert niçois. A la tête d'un quartette très électrique (Adam Agati, guitare ; Burniss Earl Travis, guitare basse ; Jamire Williams, batterie), le brillant jeune leader pratique un jazz d'aujourd'hui, mâtiné de sonorités et de rythmes empruntant aussi bien aux musiques urbaines qu'aux racines. 

S'il cultive une musique aux approches résolument contemporaines et libres, il sait également créer de multiples climats, allant d'une musique où les rythmes foisonnent à une totale sérénité, propre à des solis particulièrement inspirés. Très fort techniquement, il met cette technique au service d'un jazz très moderne qui offre parfois à une vocaliste, Julia Esterlin, la possibilité de venir s'immiscer dans un monde ouvert aux expériences.

Cecile McLorin Salvant
Changement de décors avec Cécile McLorin Salvant. En l'espace de quelques mois, cette franco-américaine de 25 ans est devenue l'un des véritable grands espoirs du jazz vocal au féminin, digne des plus grandes divas. "Enchanteuse" de jazz au véritable sens du terme grâce à une voix qui cultive à merveille toutes les octaves, elle sait être à l'aise dans tous les registres et tempos.

Parfaitement soutenue par un trio piano-contrebasse-batterie (Aaron Diehl, piano ; Paul Sikivie, contrebasse ; Jamison Ross, batterie), la jeune femme parvient à faire passer beaucoup d'émotion, de swing et de délicatesse dans ses interprétations, même si son rapport au public peut paraître un peu distant, vraisemblablement la timidité de la jeunesse... Qui a tendance à disparaître quand elle chante en français avec des intonations et un phrasé proches de Juliette Gréco.
Mc Lorin Salvant  Au Nice Jazz Festival, le 8 juillet 2014

Mc Lorin Salvant  Au Nice Jazz Festival, le 8 juillet 2014

Ben L'Oncle Soul
Il avait déboulé sur la scène de la soul "made in France" au début des années 2010, raflant de nombreuses récompenses, avant de prendre un peu de recul. Aujourd'hui, Ben L'Oncle Soul, de son vrai nom Benjamin Duterde, entouré des Monophonics, un groupe rencontré à San Francisco, effectue un formidable retour dans le R&B des années 1960 pour faire revivre les riches années des labels Motown et Stax.

A l'aide d'une débauche et d'une déferlante de cuivres, le jeune chanteur revisite et réadapte dans un esprit très frenchy les riches et folles années de la soul afro-américaine. Pour la plus grande joie d'un nombreux public qui se laisse prendre au jeu de la nostalgie.
Ben L'oncle Soul au Nice Jazz Festival, 8 juillet 2014

Ben L'oncle Soul au Nice Jazz Festival, 8 juillet 2014

© Valéry Hache / AFP

Nice Jazz Festival du 8 au 12 juillet. Retrouvez le programme ici