Le jazz galactique et littéraire des "Voyageurs de l'Espace"

Par @Culturebox
Publié le 10/10/2016 à 17H06
Mars 2015, l'image de l'Agence spatiale européenne montre la vue depuis Philae sur les falaises d'Abydos.

Mars 2015, l'image de l'Agence spatiale européenne montre la vue depuis Philae sur les falaises d'Abydos.

© HO / ESA / AFP

"Eh, toi, là-bas, dans l'univers, me vois-tu, vois-tu ma lumière ?" Un trio de jazz (le violoncelliste Didier Petit, la chanteuse Claudia Solal et le percussionniste Philippe Foch) s'associe à des écrivains et des dramaturges contemporains pour créer un un album cosmique : "Voyageurs de l'espace". Disponible vendredi 14 octobre, le disque remet au goût du jour un thème cher aux années 70.

Le violoncelliste Didier Petit est l'initiateur du projet "Voyageurs de l'espace" avec Gérard Azoulay, responsable de l'Observatoire de l'Espace du CNES (Centre national d'études spatiales). "Beaucoup de chanteurs américains se sont intéressés à l'espace, notamment  dans les années 60/70, mais ces derniers temps, cela s'était un peu tassé", explique à l'AFP Didier Petit. 

Une chanson sur Philae

Et puis Philae est devenue une star en se posant sur une comète au nom  imprononçable à des centaines de millions de kilomètres de la Terre, relançant  l'intérêt du grand public pour l'espace. 

Nous voulions "travailler avec des auteurs contemporains sur l'imaginaire  spatial", dit Didier Petit. Une chanson de cet album "spatial", écrite par la dramaturge Mariette Navarro, est d'ailleurs dédiée au petit robot Philae. Rosetta tente de le faire sortir de son mutisme en lui promettant monts et merveilles : "Je rapprocherai le soleil", "je serai ton clown orbital", "je te redirai nos dix ans", "pour te réveiller Philae".

Les exoplanètes relues par Karin Serres, puis la guenon spatiale, Martine 

"L'espace et tous ses possibles sont l'une de mes obsessions", avoue la metteure en scène Karin Serres, qui signe une chanson baptisée "Xoxo" comme un surnom donné aux "exoplanètes". C'est "une infinité de possibilités différentes qui pourraient modifier à l'infini notre façon de voir les choses", ajoute-t-elle. Et "la nuit, la nuit, quand je ne dors pas, je rêve", écrit Karin Serres,  "Eh, toi, là-bas, dans l'univers, me vois-tu, vois-tu ma lumière ?". "Quels êtres bivalves ou gazeux ... vivent sur ces autres planètes bleues ?"

Au total, sept auteurs contemporains ont été invités par l'Observatoire de  l'Espace du CNES à créer un texte à partir de photos illustrant l'aventure  spatiale, du lancement d'une fusée au portrait de Martine, la guenon que la  France a envoyée dans l'espace dans les années 60. Dans l'album, on peut  entendre la guenon regretter de ne pas avoir été plutôt "une araignée,  inattachable en cabine".

Le jazz spatial improvisé du trio Petit-Solal-Foch

Les textes sont illustrés par le jazz de Didier Petit, la chanteuse et vocaliste Claudia Solal et le percussionniste Philippe Foch. La musique et les chants sont nés de l'improvisation. "On joue, on improvise et tout à coup, Claudia se met à chanter, une chanson née", raconte Didier Petit.

Didier Petit dit avoir commencé le violoncelle en 1969, quand Neil  Armstrong a marché sur la lune. "Comme il y avait beaucoup de disques de Louis Armstrong à la maison, je pensais que c'était le trompettiste qui était allé sur la lune", s'amuse le musicien. "Je me suis toujours dit que je finirai par  aller jouer sur la lune, les rêves d'enfant, il ne faut jamais les piétiner".

Sur l'album (qui sort chez Buda Musique), il chante son arrivée sur l'astre de la nuit : "Ici pas de maître, pour enfin être et ne pas être". "Face à l'espace, on prend conscience qu'on est rien du tout", dit Didier Petit. "C'est formidable de n'être rien, ça nous apporte une certaine légèreté, presque une insouciance". Un voyage auquel le public est convié pour un concert de lancement mercredi soir au siège du Cnes, à Paris.

Cinq chansons célèbres sur l'espace

"Space Oddity" de David Bowie (1969) : premier succès du chanteur, inspiré par "2001, l'Odyssée de l'espace" du réalisateur Stanley Kubrick, la chanson narre la conversation entre un astronaute malchanceux, Major Tom, personnage récurrent de ses compositions à venir, et la Terre.

"Contact" de Brigitte Bardot (1967) : écrite par Serge Gainsbourg la chanson est interprétée par Brigitte Bardot, l'icône française des années 70. En tunique métallique elle appelle au secours : une météorite lui a transpercé le coeur, il lui faut une transfusion de mercure.

"Rocket Man" d'Elton John (1972) : l'un des classiques du chanteur. Il y raconte le blues d'un astronaute qui part loin de chez lui, loin de sa femme, mais dont c'est le travail de partir dans l'espace. La chanson est inspirée d'une nouvelle éponyme de Ray Bradbury.

"Across The Universe" des Beatles (1970): John Lennon, est le principal auteur de cette chanson. En 2008, la Nasa, l'agence spatiale américaine, l'a transmis vers l'étoile polaire, distante de 430 années-lumière, afin d'envoyer un message de paix à d'éventuels extraterrestres.

"Walking On The Moon" de The Police (1979) : "Tu fais des pas de géant, en marchant sur la lune", le légendaire trio rock relate la marche en apesanteur. "Nous pouvons vivre ensemble, en marchant sur, en marchant sur la lune", a encore entonné Sting le 7 août 2008 lors de la dernière tournée du groupe.