Le Bal Nègre renaît aujourd'hui sous le nom de Bal Blomet

Par @Culturebox
Mis à jour le 22/03/2017 à 22H50, publié le 20/01/2017 à 17H30
Au nouveau "Bal nègre"

Au nouveau "Bal nègre"

© France 3 / Culturebox capture d'écran

Le Bal nègre fut dans les années 20 l'un des hauts lieux de la musique noire des années folles. Influencé par le jazz américain comme par les traditions de communauté antillaise, ce cabaret vit passer les plus grands noms de la musique noire avant de fermer sous le joug nazi. Fermé depuis 2006, il rouvre sous le nom de "Bal Blomet" après restauration

A quelques encablures de Montparnasse, au 33 de la rue Blomet, le Bal nègre a été le rendez-vous des noctambules des années 20. L'ambiance y été débridée et on y entendait les musiques les plus avant-gardistes de l'époque, jazz américain et rythmes noirs. Le mot "nègre" n'avait pas alors la connotation raciste qu'il a prise ultérieurement. On utilisait, comme en anglais, le mot "negro" dans "negro spirituals" par exemple. Il devait rouvrir sous son nom d'origine. C'était compter sans les associations et notamment le Cran. Le Conseil représentatif des associations noires de France a mené une semaine de polémique avant d'avoir gain de cause. La direction de l'établissement a même été victime d'intimidations anonymes. Exit donc "Le Bal Nègre" et son cortège d'ambiguités, l'établissement rouvre sous le nom de "Bal Blomet", qui était le sien au début du XXe. Un slalom entre plusieurs appellations aujourd'hui "suspectes" puisqu'il fut aussi nommé à une époque "Bal colonial" !

Reportage : C. Laronce / A. Delcourt / A. Recouly / R. Torregrosa / A. Da Silva

"Grisbi"

En plus d'être le lieu de tous les délires musicaux de l'époque et le cabaret à la mode où il faisait bon se montrer pour être dans le coup, le "Bal nègre" était aussi l'un des lieux de rendez-vous des surréalistes qui se réunissaient à quelques pas de là. Autant de raisons qui firent que les nazis décidèrent de fermer le Cabaret nègre dès qu'ils posèrent leurs pieds bottés dans la capitale.

De 1945 à 1962, le Bal nègre a rouvert mais sans l'aura originale. Il devint ensuite jusqu'en 2006, un simple club de jazz sous le nom du "Saint-Louis Blues". Il faut noter qu'on voit le Cabaret nègre dans un film célèbre. Jean Gabin et Jeanne Moreau y sont en effet filmés par Jacques Becker dans "Touchez pas au grisbi", en 1954. Il s'apprête à rouvrir grâce à un ancien trader, pianiste et passionné par la musique et par l'époque.