La mort de Larry Coryell, l'un des guitaristes pionniers du jazz-fusion

Par @Culturebox
Mis à jour le 22/02/2017 à 01H08, publié le 22/02/2017 à 00H47
Larry Coryell au festival de jazz de San Sebastian, en Espagne, le 20 juillet 2012

Larry Coryell au festival de jazz de San Sebastian, en Espagne, le 20 juillet 2012

© Javier Etxezarreta / MaxPPP

Larry Coryell, l'un des deux guitaristes essentiels du jazz-fusion avec John McLaughlin, s'est éteint dimanche dans l'hôtel où il résidait à New York, a annoncé son attaché de presse mardi. Le virtuose américain, mort de causes naturelles selon la même source, avait 73 ans. Il venait de donner deux concerts à l'Iridium, un club new-yorkais de jazz.

Parmi les nombreux albums de ce musicien qui a renouvelé l'art de la guitare jazz, figure en première ligne "Spaces", sorti en 1970, dans lequel il joue avec le pianiste Chick Corea et John McLaughlin.
Larry Coryell : "Spaces (Infinite)" (Julie Coryell), extrait de "Spaces"

John McLaughlin a rendu hommage à Larry Coryell sur Twitter : "Tu vas me manquer, mon cher ami."

Né à Galveston, au Texas, le 2 avril 1943, Larry Coryell a grandi à Seattle où il a appris le piano à partir de l'âge de 4 ans avant de se tourner, à l'adolescence, vers la guitare et le ukulele. Après avoir débuté dans des groupes de country et de rock, il s'était tourné vers le jazz dans les années soixante.

Le saxophoniste Charles Lloyd, le vibraphoniste Gary Burton et les batteurs Chico Hamilton et Mitch Mitchell, musiciens dont les horizons allaient bien au-delà du jazz, sont quelques-unes des rencontres importantes qu'il fit à son arrivée à New York en 1965. L'année suivant, il a fondé un groupe psychédélique, les Free Spirits (esprits libres).
Larry Coryell (guitare) et Gary Burton (vibraphone) sur scène à Berlin en 1967

Il révolutionne l'art de la guitare dans le jazz

Musicien progressiste et avant-gardiste, il a révolutionné l'art de la guitare dans le jazz durant cette période de grands bouleversements pour cette musique, en mariant des éléments de country, de rock, de blues et de free-jazz. À l'instar de "Spaces", "Barefoot Boy" (1971) est une autre référence majeure dans son œuvre.
Larry Coryell : "Gypsy Queen" (Gábor Szabó)

Larry Coryell, reconnaissable à ses lunettes à montures noires épaisses, restera aussi comme l'un des pionniers du jazz-fusion. En 1973, il avait fondé The Eleventh House en compagnie, notamment, du batteur Alphonse Mouzon. Ce groupe restera comme l'un des groupes phare du genre, avec Weather Report de Wayne Shorter et Joe Zawinul, Return to Forever de Chick Corea et The Headhunters de Herbie Hancock.

En septembre 1973, l'émission française culte Pop 2 était allée le filmer au Bataclan.
Pop 2 avec Larry Coryell (extrait) le 22 septembre 1973 - Ina

"Nous voulions être les leaders d'un mouvement combinant le jazz dans toute son intégrité, l'excitation du rock et les paillettes du funk. Nous pressentions alors que c'était le moment pour créer cette combinaison de styles", avait-il écrit dans son autobiographie sortie en 2007, "Improvising : My Life in Music".

Après cette période faste, où il joue également avec Paco De Lucia et Al Di Meola, Coryell a multiplié les tournées, en Europe et au Japon où il avait toujours son noyau de fans.
Paco de Lucia et Larry Coryell jouent en duo, sur scène, "Entre dos aguas", grand classique de Paco de Lucia, à la fin des années 70

En 1979, il a formé un trio de guitare d'anthologie avec Paco de Lucia, maître du flamenco, et John McLaughlin, qui a tourné en Europe et dont il demeure quelques enregistrements vidéo historiques. En proie à des problèmes avec la drogue, Coryell a été remplacé au début des années 80 par Al Di Meola.
Larry Coryell, John McLaughlin, Paco de Lucia : "Manhã do Carnaval" (Luiz Bonfá)

Tout au long de sa carrière, Larry Coryell aura travaillé avec de nombreux grands noms du jazz comme Charles Mingus, Sonny Rollins ou, en France, Stéphane Grappelli.

Derrière la musique très abstraite, Larry Coryell, adepte du bouddhisme, manifestait aussi une certaine forme d'engagement. Dans l'un de ses disques, "Montgomery" (2011), il avait abordé la question des droits civiques aux États-Unis. Il avait enregistré un nouvel album, "Seven Secrets", annoncé pour le mois de juin.
Quand Larry Coryell présentait son album "Montgomery" (2011)


Bill Frisell, un autre géant de la guitare jazz, a posté sur Twitter une photo prise en 2013 avec le musicien disparu.


Le festival Jazz in Marciac a également rendu hommage au guitariste disparu.

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