Jazz à Vienne : "Tribute to Irakere" Chucho Valdés et les Afro Cuban Messengers

Par @Culturebox
Mis à jour le 04/07/2015 à 18H13, publié le 04/07/2015 à 16H57
Chucho Valdes et deux des Afro Cuban Messengers à Vienne le 3 juillet 2015

Chucho Valdes et deux des Afro Cuban Messengers à Vienne le 3 juillet 2015

© Jean-François Lixon

A 73 ans, le monstre sacré cubain Chucho Valdés était à nouveau sur la scène du théâtre antique de Vienne. Accompagné des Afro Cuban Messengers, il a délivré son "Tribute to Irakere" à la fois groupe et mouvement musical qu'il lança au début des années 70. Valdés s'est une fois de plus placé à la croisée exacte du jazz, de la musique cubaine et des rythmes africains. Vigoureux et enthousiasmant.

A gauche de la scène, un piano et au clavier, un géant. Doublement géant. Chucho Valdés est en effet le monstre sacré de la musique cubaine et de sa fusion avec le jazz, le classique et les musiques africaines, mais il est aussi, physiquement un colosse. Approchant le double mètre et d'une carrure à inhiber toute résistance, il dirige du geste rare et du regard les neuf musiciens qui composent les Afro Cuban Messengers. Une très belle formation qui compte cinq cuivres, un batteur, un percusionniste, un contrebassiste et un extraordinaire chanteur-joueur de djembe.


Fusion
Fidèle à sa réputation de rapprocheur de genres, le pianiste Chucho Valdés et ses musiciens triés sur le volet rendent un hommage à une autre formation, celle qui entourait le maître dans les années 70 : Irakere. Au passage le public viennois a droit au fameux morceau "Missa Negra". Jamais le terme afro-cubain n'a mieux été porté tant le mariage entre les deux influences est harmonieux. Mais c'est une union un peu étrange où viennent se mêler d'autres convives comme des influences classiques et un gros penchant pour le jazz. C'est coloré, gai, ethnique, époustouflant de technique et de maîtrise sans jamais donner dans l'exhibition virtuose.
Dreiser Durruthy Bombalé, chanteur et joueur de Djembe

Dreiser Durruthy Bombalé, chanteur et joueur de Djembe

© Jean-François Lixon

Entretien exclusif
Avant de monter sur scène, Chucho Valdés a rencontré Culturebox pour un entretien exclusif. Nous avons bénéficié des services d'un traducteur exceptionnel en la personne de Juan Anton Cararach, le directeur du festival de Jazz de Barcelone. Nous l'en remercions vivement. Voici un extrait de cette rencontre dont vous pouvez retrouver l'intégralité ici. Chucho Valdés explique pourquoi il a choisi de "ressusciter" Irakere. Tout est venu d'un concert donné, justement, à Barcelone.

Une température cubaine
La fin d'une soirée caniculaire. Chucho Valdés et les Afro Cubans Messengers saluent le public viennois du théâtre antique. La soirée était composée de trois spectacles : "Nouvelle Vague" du Français Stéphane Kerecki en quartet, "Two Friends -  One century of music" de Caetano Veloso et Gilberto Gil, et enfin "Tribute to Irakere" de Chucho Valdés et les Afro Cuban Messengers.

Chucho Valdés (à gauche) et les Afro Cuban Messengers saluent leur public à Vienne le 3 Juillet 2015

Chucho Valdés (à gauche) et les Afro Cuban Messengers saluent leur public à Vienne le 3 Juillet 2015

© Jean-François Lixon

Jazz à Vienne 2015 se poursuit jusqu'au 11 juillet