Jazz à Vienne: The Golden Gate Quartet et Naomi Shelton, quel "Happy day" !

Par @Culturebox
Mis à jour le 28/07/2015 à 15H30, publié le 06/07/2015 à 18H23
Les quatre membres du Golden Gate Quartet, Jazz à Vienne 2015

Les quatre membres du Golden Gate Quartet, Jazz à Vienne 2015

© Jean-François Lixon

Le gospel était à l’honneur dimanche à Jazz à Vienne avec deux concerts. Le mythique groupe américain "The Golden Gate Quartet" était la tête d’affiche de la soirée. La première partie était assurée par Naomi Shelton et son Gospel Queens. Trois heures de communion avec le public.

Du Gospel, un dimanche, jour du seigneur, au festival de Jazz à Vienne. Hasard du calendrier ou pas, le public a de toute façon vécu un grand moment de spiritualité, de joie et de partage. La Madone perchée au dessus du théâtre antique a du, elle aussi, se régaler. L’ambiance  était digne d’une église de gospel de Brooklyn.

"The Golden Gate Quartet", 80 ans d’histoire de musique spirituelle

21h15, les quatre compères du "Golden Gate Quartet" entrent en scène, sous une chaleur encore écrasante. Les premières chansons sont des classiques du répertoire du groupe comme "Nobody’s knows the trouble have seen" ou encore "Didnt’it rain". Un hommage aux disparus, aux fondateurs du groupe qui ont créé ce quatuor en 1934. Quatre-vingts ans plus tard, le groupe existe toujours. Paul Brembly (baryton), Frank Davis (1er ténor), Michael Robinson (2eme ténor) et Terry François (basse) sont les héritiers artistiques du groupe. Ils ont tous été formés par d’anciens membres dans le respect des traditions du quartet.

La grand-messe du Gospel

21h50, le "Golden Gate Quartet" change de registre avec des titres plus proches du gospel que du negro spiritual.  Le public jusqu’à maintenant un peu mou, à cause sans doute de la canicule, se réveille au son de "Standing in the need of prayer". Devant la scène, des bras se lèvent, certains dansent. Une ambiance très gospel typique des églises de Brooklyn qui se répand jusqu’au sommet du théâtre antique.

De "Billie Jean" à "Stand by me" des hommages émouvants

"The Golden Gate Quartet" a l’année dernière fêté ses 80 ans d’existence. A cette occasion, le groupe a sorti un album ("80 years") qui allie modernisme et tradition, les clés de sa longévité. Sur la scène du théâtre antique, le quatuor a interprété quelques morceaux de cet opus. Il y a d’abord eu la reprise de "Billie Jean", de Michael Jackson. Une version bien évidemment gospel. Moment très émouvant, les quatre chanteurs ont interprété également « Stand by me ». Tout le public a bien sûr eu une pensée émue pour Ben E.King , l’interprète de ce tube planétaire décédé il y a seulement deux mois. Mais comme le gospel est une musique qui donne la joie de vivre, "The Golden Gate Quartet" ne pouvait refermer cette soirée que sur une note optimiste. Le groupe a offert au public une magnifique interprétation de "Oh, happy day !".   

Interview exclusive de Paul Brembly

Paul Bremly (baryton) entouré de Frank Davis (1er ténor) et Terry Francois (basse)

Paul Bremly (baryton) entouré de Frank Davis (1er ténor) et Terry Francois (basse)

© Jean-François Lixon
Quelques heures avant le concert, Paul Brembly, qui est à la tête du quartet, depuis le début des années 2000, a accordé une interview exclusive à Culturebox. Il revient notamment sur ces 80 ans de longévité. Une interview que vous pouvez retrouver en cliquant ici.



Naomi Shelton, une grande dame du Gospel


Naomi Shelton avec le bassiste Fred Thomas, Jazz à Vienne 2015 

Naomi Shelton avec le bassiste Fred Thomas, Jazz à Vienne 2015 

© Jean-François Lixon

Juste avant "The Golden Gate Quartet", c’est une grande dame du gospel qui a lancé la soirée. Naomi Shelton est arrivée sur scène avec sa canne. Mais dès les premières paroles de "Take me up", les 70 printemps de la diva se sont envolés. Sa voix rauque et vintage a immédiatement séduit le public qui s’est empressé de l’applaudir. Une réaction sincère dénuée de compassion. Vêtue comme les chanteuses de gospel d’une ample robe bleue, Naomie Shelton a enchainé les titres de ses deux uniques albums. Car cette habituée du circuit underground soul et gospel n’est sous les feux de la rampe que depuis 2009, date à laquelle elle a été repérée en France lors des "Transmusicales". Le célèbre label new-yorkais Daptone Records lui a ouvert les portes de ses studios. Son premier album "What have you done" est sorti en 2009. Un deuxième, qui navigue entre gospel et soul,  a vu le jour en 2014 ("Cold World").

Depuis qu’elle est sortie de l’ombre, Naomi Shelton et son groupe "The Gospel Queens" multiplient les concerts. Elle est notamment accompagnée à la basse par Fred Thomas, qui a passé la plus grande partie de sa carrière aux cotés de James Brown. 

Jazz à Vienne, jusqu'au 11 juillet