Jazz à Vienne

du 29 juin au 13 juillet 2017

Jazz à Vienne : l'hommage d'Emile Parisien et Vincent Peirani à Joe Zawinul

Par @Culturebox
Mis à jour le 05/07/2017 à 17H55, publié le 05/07/2017 à 17H05
Vincent Peirani à l'accordéon

Vincent Peirani à l'accordéon

© Jules Azelie

Hier soir, Emile Parisien et Vincent Peirani ont rendu un hommage juste et fort à Joe Zawinul disparu il y a dix ans. Pour cet évènement, les deux musiciens amis ont fait appel aux anciens compagnons de route du groover autrichien. Huit musiciens étaient sur scène pour un show débordant d’énergie. Parmi eux, l’excellent batteur Paco Séry et le bassiste Linley Marthe du "Zawinul Syndicate"

Embarquement immédiat pour la "planète Zawinul"

Il est 23h. Le théâtre antique de Vienne est plongé dans la nuit et le public, impatient, attend. Les musiciens arrivent. Aux premières notes du saxophoniste Emile Parisien, c’est un embarquement immédiat pour la "planète Zawinul". Premier hommage au pianiste virtuose : "Gibraltar", composition qui remonte à l’époque du groupe de "Wayne Shorter". Emportés par le rythme du saxophone, les musiciens nous transportent dans leur cadence folle. Le bassiste Linley Marthe se lance dans un long solo. Face à face avec Emile Parisien qui fait crier son instrument, ils se répondent, dialoguent, échangent des regards et enflamment Vienne. Les premières spectateurs sont déjà débout.
Emile Parisien au saxophone - Manu Codjia (guitare)

Emile Parisien au saxophone - Manu Codjia (guitare)

© Marion Tisserand
Puis le percussionniste Aziz Samahoui se met à chanter, apportant à cette ode musicale de délicieuses colorations africaines. Dès qu’il ouvre la bouche, c’est comme une évidence qui résonne à Vienne. Sa voix envoûtante nous transporte immédiatement en Afrique du Nord. Des influences essentielles pour cet hommage. Percussions, accordéon, batterie, mélodies africaines, toutes les influences qui font l’univers très singulier de Zawinul sont là.

Les compagnons de route de Joe Zawinul

Ce premier morceau endiablé de plus de 15 minutes fini, Emile Parisien prend la parole. Le saxophoniste exprime à quel point c’est un honneur de pouvoir jouer avec "ces musiciens-là". Pendant plus de dix ans, ils ont partagé la route avec Joe Zawinul et cela se ressent. Avant d’entrer sur scène, Emile Parisien nous confiait que c’était un véritable "fantasme" de pouvoir partager ce moment avec eux. Pendant tout le concert, il ne cessera de se balader sur scène, allant voir tour à tour chaque musicien. Il nous donne l’impression d’être comme un gamin qui s’émerveille face à ses pairs. On le sent habité par cette musique qu’il aime tant.
Le percussionniste Linley Marthe

Le percussionniste Linley Marthe

© Marion Tisserand
Après "Gibraltar" et "Madagascar", les musiciens nous emmènent en Orient sur "Orient-Express". Une envolée orientale à Vienne. Le morceau commence par des échanges intimes entre l’accordéon et le saxophone… Puis "1, 2, 3", c’est parti. Le batteur fait valser en l’air ses baguettes, les rattrape et le public est à nouveau debout. Huit grands noms sont présents sur scène mais on a l’impression d’être face à une bande de potes qui s’éclatent sur scène pour un véritable hymne à la joie. On ne les arrête plus.

Un final explosif !

Le batteur qui aime particulièrement parler avec le public fait croire que c’est fini… Des "oh" de déception retentissent et il s’empresse alors de jeter un "mais non ça continue vous allez voir !". Et en effet le Show continue. Sur ce morceau très rythmé, le public est en communion totale avec les artistes. Puis, c’est au tour de Vincent Peirani d’entrer dans la lumière. Il emporte tout Vienne au rythme de son accordéon.
Vincent Peirani à l'accordéon

Vincent Peirani à l'accordéon

© Marion Tisserand
L’excitation est à son comble dans le théâtre gallo-romain de Vienne mais la fin approche… Minuit est passé et le public en demande encore, ne veut pas que ça s’arrête. Ce dernier morceau est introduit par Aziz Sahmaoui qui s’engage dans un dialogue chanté avec le batteur Paco Sery. Le sourire communicatif du percussionniste en dit long sur leur complicité. Emile Parisien lui est complètement transporté. Il ne tient plus en place, fait des bons, avance sur la scène, revient sur ses pas. Tous donnent tout ce qu’ils ont pour ce final mémorable. Il est presque minuit trente. Tout le monde est levé puis dans une explosion musicale, la dernière note retentit et cette fois-ci, c’est bel et bien fini. Les huit copains s’enlacent, échangent quelques mots et viennent saluer le public conquis. C’était décidément un bien bel hommage à ce grand nom du jazz Joe Zawinul.