Jazz à Vienne 2015 : Pharrell Williams rend "happy" le théâtre antique

Par @Culturebox
Mis à jour le 24/06/2015 à 09H48, publié le 24/06/2015 à 03H17
Pharrell Williams à Vienne le 23 juin 2015

Pharrell Williams à Vienne le 23 juin 2015

© Jean-François Lixon

Quelques jours avant sa véritable soirée d'ouverture, le festival Jazz à Vienne accueillait Pharrell Williams. Le Virginien, auteur du succès planétaire "Happy", a emporté avec lui un théâtre antique conquis par son énergie. Musicien généreux à la croisée de nombreux styles, le quadragénaire à l'allure d'adolescent propose un show d'une heure et demie avec choristes et danseuses sexy. Pur bonheur!

A ceux qui ne connaîtraient de Pharrell Williams que l'enivrant "happy", l'hymne à l'optimisme qui a conquis le monde en 2013, il faut tout de suite dire que ce garçon mérite qu'on s'y intéresse davantage. Il n'est pas seulement l'homme de cette merveille groovy au funk élégant. A la croisée de styles pourtant très différents, Williams excelle dans tous. Quand il rappe, c'est avec une grâce qu'on attend peu dans ce style, son R'n'B évite les effets sirupeux du genre, sa pop n'a rien à envier à celle de Michael Jackson, moins élégant que Prince mais plus que Kid Créole, il parvient à une espèce de synthèse de ce qui s'est fait de mieux depuis une bonne trentaine d'années.

Pharrell Williams et l'une de ses choristes à Vienne

Pharrell Williams et l'une de ses choristes à Vienne

© Jean-François Lixon

 

Déçu par "Happy"

 Le public viennois devra attendre la toute fin de la soirée pour entendre "Happy" dans une version un peu décevante. En passant du studio à la scène, sans le peaufinage et le méticuleux travail technique sur le son et la réverbération, elle a perdu une grande partie de sa magie . Mais peu importe finalement, car le contact de l'artiste avec son public fait oublier cette petite déception. Générosité ? Oui, beaucoup de générosité. Quand il était impossible d'approcher Michael Jackson sans revêtir un scaphandre et quand Prince reste toujours à bonne distance de la foule, concentré sur la méticuleuse horlogerie de son spectacle, Pharrell Williams invite des spectateurs à partager la scène. Alors, certes le spectacle prend souvent une allure improvisée et brouillonne. Mais ce que le métronome y perd,  la convivialité le gagne. 
 

Pharrell Williams bien entouré à Vienne le 23 juin 2015

Pharrell Williams bien entouré à Vienne le 23 juin 2015

© Jean-François Lixon

Invités à monter sur scène

C'est d'abord un homme qui monte sur la scène et danse avec l'artiste, quelques minutes plus tard, ils sont une demi-douzaine. Après quelques chansons, Williams désigne l'une après l'autre une bonne vingtaine de jeunes filles qui n'en reviennent pas d'approcher la star. Pour "Happy" un groupe d'enfants que son équipe a repéré disséminés dans le théâtre antique se retrouve sous les projecteurs et devant les smartphones des parents conviés dans la fosse des photographes. Enfin, quand le public n'est pas sur scène, l'artiste se penche à la limite du déséquilibre pour serrer les mains qui se tendent vers lui depuis les premiers rangs. 
 
 
A la limite du déséquilibre

A la limite du déséquilibre

© Jean-François Lixon
 

Sexy et bon enfant

C'est un peu paradoxal, mais le show que propose Pharrell Williams est à la fois sexy et bon enfant. Sexy par ses rythmes et son groove, sexy encore à travers les déhanchements des danseuses qui approchent parfois dangereusement la ligne délicate qui sépare le geste gentiment évocateur de la vulgarité. Mais décidément bon enfant. Il se dégage de l'ensemble du spectacle une indéniable impression d'optimisme et de convivialité. Cela tient sans doute à la limpidité des mélodies mais aussi au sourire qui illumine la plupart du temps Pharrell Williams et qui donne vraiment l'impression qu'il est "happy" face à son public.

 

Choriste, danseuses et batteur autour de Pharrell Williams à Vienne le 23 juin 2015

Choriste, danseuses et batteur autour de Pharrell Williams à Vienne le 23 juin 2015

© Jean-François Lixon



Un panthéon
Il suffit de se pencher un instant sur la carrière de Pharrell Williams pour ne plus s'étonner de ce qu'il a offert ce soir au public viennois. Il a, dans le désordre, collaboré avec des gens aussi différents que Snoop Dog, Justin Timberlake, Sting, Daft Punk, Kanye West, Britney Spears, Shakira, les Hives, Jennifer Lopez, Madonna, Miley Cyrus ou Mika sans oublier l'immense musicien et producteur Nile Rodgers. Pharrell Williams est bien aujourd'hui l'un des plus grands. Compositeur, musicien, interprète, producteur, il s'inscrit sans aucun doute dans la lignée des Prince, Michael Jackson ou Stevie Wonder. Mais sa proximité avec le public fait de lui un artiste du nouveau millénaire. Loin de la star intouchable et fantasmée, il chante en blue jeans et avec une casquette de marin sur la tête. Un génie qui afficherait l'allure modeste d'un gentil rappeur en chemise hawaïenne !
 

Pharrell Williams, un jeune homme de 42 ans !

Pharrell Williams, un jeune homme de 42 ans !

© Jean-François Lixon