Jazz à Vienne: Jamie Cullum déchaîne le théâtre antique

Par @Culturebox
Mis à jour le 24/06/2015 à 11H52, publié le 08/07/2014 à 15H12
Jamie Cullum sur la scène du Théâtre Antique © Marie Herenstein

Une grande fête en compagnie de jeunes musiciens brillants... Voilà comment on pourrait définir la soirée de lundi sur la scène de Jazz à Vienne. Jamie Cullum a succédé à Thomas Dutronc au théâtre antique pour un concert à l'image du chanteur et pianiste anglais : survitaminé. Un concert qui devrait voir le jour prochainement en DVD.

Il est connu pour ses performances scéniques, son groove contagieux et son swing explosif... Pas de doute, Jamie Cullum assure ! Il l'a prouvé une fois encore ce lundi soir dans un théâtre antique archi comble, déjà bien préparé à une soirée festive par Thomas Dutronc et sa bande. La "tornade britannique" aux allures d'éternel ado (il a bientôt 35 ans) débarque sur scène comme à son habitude, en sautillant, archi moulé dans son pantalon noir, baskets, chemise blanche et veste noire et embraye d'emblée avec "The same things" (sur l'album Momentum). 
Jamie Cullum sur son piano © Marie Herenstein
Les shows de Jamie Cullum sont bien réglés: on sait d'avance qu'il grimpera sur son piano d'où il bondira quelques instants plus tard, que, telle certaine légende du rock, il martyrisera non pas une guitare mais cette fois-ci les touches du clavier de son piano (avec son tabouret), qu'il balancera certainement les baguettes de sa caisse claire au public... Mais qu'importe. La magie opère et le public est transporté. 

Quand arrive "Don't stop the music", reprise de Rihanna revue et (bien) arrangée (parue sur l'album The Pursuit), c'est l'ovation.

Extrait du concert: Don't stop the music 
Le jeune-homme, aussi à l'aise dans son rôle de crooner (pour son chant) que de rock star (dans l'attitude), a du coffre. Une voix puissante à vous donner des frissons, comme lorsqu'il interprète "Gran Torino", la ballade composée pour le film éponyme de Clint Eastwood.

Sa maîtrise du piano est elle aussi ébouriffante. Qu'il trépigne, installé à cheval sur son fameux tabouret, ou que, plus posé, il se lance dans un solo aux sonorités clairement jazzy, Jamie Cullum impressionne par sa maîtrise, qu'elle soit sous influence pop, trip hop, jazz donc voire rock parfois. 
Jamie Cullum, pianiste habité © Marie Herenstein
Pour sa seconde participation au festival Jazz à Vienne, il est venu bien entouré. Au quartet annoncé se sont greffés une vingtaine de musiciens, un big band composé d'une grosse section cuivres et de cordes. C'est que le concert de ce soir est un peu particulier: il sera filmé pour sortir en DVD. "Vienne est l'un des plus beaux endroits du monde pour jouer, c'est pour ça que j'ai décidé d'enregistrer ici!" lance Jamie Cullum au public dont l'enthousiasme ne fait que redoubler.
Jamie Cullum et son orchestre © Marie Herenstein
Au fil de la "play list" défilent les morceaux anciens ("Get your way", sur Catching Tales, 2005, "Mixtape" sur The Pursuit) ou plus récents (son sixième album, Momentum, est paru en mai 2013) comme les reprises : Rihanna, déjà citée, ou dans un autre registre John Coltrane à qui il rend hommage avec "Out of this world", "My one and only love" de Franck Sinatra (qu'il a enregistrée dans son premier album, Heard it all before), "Walkin'" de Miles Davis.

I love you Vienne

Plus les titres s'égrennent et plus les fans s'échauffent. La pluie qui tombe en averses depuis le début de la soirée n'a pas refroidi l'ambiance. Et quand le chanteur suggère "jump !", les gradins entiers se lèvent et dans la fosse, tout le monde se met à sauter. "I love you Vienne!"

Tous les musiciens viennent face au public saluer dans un concert de cris et d'applaudissements. Il est minuit passé, l'orchestre quitte la scène. Le chanteur revient pour le rappel et deux derniers titres pour finir, seul sur scène, lui et son piano. Il est comme ça Jamie Cullum, il passe sans crier gare d'une ambiance survoltée à une pause presque intimiste. Vienne l'aime aussi et voudra sûrement le revoir très vite.
Le public a ovationné Jamie Cullum © Marie Herenstein