Jazz à Vienne

du 29 juin au 13 juillet 2017

Jazz à Vienne : Ibrahim Maalouf, magicien de la trompette

Par @Culturebox
Mis à jour le 24/06/2015 à 12H25, publié le 02/07/2014 à 18H27
Ibrahim Maalouf et sa trompette à quarts de tons © Marie Herenstein

Le trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf a assuré la première partie du concert de Robert Plant and the Sensational Space Shifters mardi 1er juillet au festival Jazz à Vienne. Le musicien est revenu au Théâtre Antique avec ses "Illusions", titre de son dernier album. Il n'a pas eu à user d'autre magie que de sa musique pour conquérir une nouvelle fois le public.

"Artiste de l'année aux victoires du jazz" 2013 (prix remis lors de la précédente édition de Jazz à Vienne), un cinquième et dernier album, "Illusions", qui décroche une victoire de la musique en 2014 dans la catégorie "musiques du monde", sans compter les nombreux prix obtenus auparavant... Ibrahim Maalouf a du talent et les professionnels comme le public ne se privent pas de le lui faire savoir. Pour sa quatrième prestation au festival Jazz à Vienne (la troisième au Théâtre Antique), le virtuose de la trompette a confirmé, si besoin était, qu'à 34 ans il joue dans la cour des grands.
"Il y a 10 ans, je n'aurais jamais osé rêver une chose pareille" confie-t-il sur la fin du concert, alors que le public (7 400 personnes quand même !) lui fait une standing ovation. Un peu plus tôt, il nous confiait qu'il était "très honoré" d'être une fois encore invité dans ce lieu magique. "Quand on arrive sur cette scène, on a une sensation qui n'existe nulle part ailleurs".

Une multitude de sonorités

Pendant près d'une heure et demie, Ibrahim Maalouf et ses musiciens, François Delporte (guitare), Laurent David (basse), Franck Woeste (claviers), Stéphane Galland (batterie), Youenn Le Cam (trompette quart de ton), Yann Martin et Martin Saccardy (trompette) ont envouté le Théâtre Antique avec leurs sonorités mêlant musique orientale, funk, blues, rock ou même classique (clin d'oeil au "Vol du Bourdon" de Rimski-Korsakov notamment) oscillant entre une énergie débordante et des mélodies plus douces, où la trompette chuchote, voire se transforme presque en un chant plaintif.
Ibrahim Maalouf et ses musiciens
Un mélange des genres que le trompettiste revendique, lui qui a pour principe de ne se fermer aucune porte et s'enthousiasme de la diversité de ses projets passés (il a travaillé avec Vincent Delerm, Grand Corps Malade, Lhasa de Sela, Amadou et Mariam ou Sting pour n'en citer que quelques-uns) et à venir.


Ce concert était aussi un peu particulier pour Ibrahim Maalouf. Passer dans la même soirée que Robert Plant pour un musicien dont l'un des morceaux, "Beirut" (sur l'album Diagnostic), fait directement référence à Led Zeppelin, c'est une petite pression supplémentaire. "Cela fait 8-10 ans que je rends un mini hommage à Led Zep à chaque concert quand je joue ce morceau !" On ne saura pas si Robert Plant a reçu le message. Ibrahim Maalouf, lui, espère qu'il n'était pas loin et aura tendu l'oreille ! Cela dit, ce n'est pas la première fois qu'il joue en présence de pointures internationales et qu'il ressent cette pression. C'est ce qu'il a raconté en fin d'après-midi, à trois lecteurs du Dauphiné Libéré.


Partenaire du festival, le quotidien offre chaque année à quelques lecteurs prompts à répondre à l'appel lancé dans le journal, l'opportunité de rencontrer certains artistes en petit comité avant d'assister à leur concert. Trois d'entre eux se sont donc retrouvés pour un moment privilégié avec un Ibrahim Maalouf très cordial. 

Sur la route

Après Vienne, Ibrahim Maalouf poursuit sa route, et elle sera longue puisqu'il enchaine les dates jusqu'en décembre. Il est notamment attendu sur les scènes de Jazz à Montauban (7 juillet), du Nice Jazz Festival (9 juillet), du Festival des Cinq Continents (Marseille, le 25 juillet), de Jazz in Marcial (30 juillet) ou au Festival du Bout du Monde (Crozon, 2 août).

Le musicien est décidément partout. Il était ce mercredi 2 juillet l'invité d'Elise Lucet dans le journal de France 2