Jazz à Vienne : extraordinaire soirée soul avec Sharon Jones et Ben l'Oncle Soul

Par @Culturebox
Mis à jour le 24/06/2015 à 12H06, publié le 07/07/2014 à 00H10
Sharon Jones a dynamité le théâtre antique de Vienne

Sharon Jones a dynamité le théâtre antique de Vienne

© Jean-François Lixon

Pour fêter les 80 ans du célèbre Apollo Theater de New York, le festival Jazz à Vienne a programmé un spectacle de très haut niveau avec "Soul night at the Apollo" un show spécialement concocté pour l'occasion avec notamment Sharon Jones et Charles Bradley. Ben l'Oncle Soul assurait une première partie au niveau du défi.

L'affiche de la Daptone Super Soul Revue

L'affiche de la Daptone Super Soul Revue

© Apollo Theater
Sharon Jones
Sur la scène de Vienne, ceux qui ne la connaissaient pas ont pu voir cette petite femme devenir l'égale des plus grands de la Soul. Une présence qui écrase tout sur son passage, un charisme fantastique et un air d'avoir dans le sang à la fois des chromosomes de Tina Turner et l'ADN de James Brown. Elle n'a rien à envier à Aretha Franklin ou Mavis Staples, elle est Sharon Jones et son nom est déjà inscrit dans la colonne des inoubliables. 
Ex-convoyeuse de fonds, ancienne gardienne de prison, elle a commencé sa carrière de chanteuse soul en 1996, à l'âge canonique de 40 ans. La gloire est arrivée six ans plus tard et depuis cette date, elle poursuit sa carrière, fidèle aux fondamentaux de la Soul sixties et seventies. Le son qu'elle produit ne doit rien à un quelconque échantillonneur, l'âme de sa musique est vivante.
Sharon Jones, l'égale des plus grandes

Sharon Jones, l'égale des plus grandes

© Jean-François Lixon
Sharon Jones a publié six albums depuis 2002. le dernier en date "Give the people what they want" est sorti en 2014.
Charles Bradley
Si Sharon Jones a démarré dans le métier à quarante ans, Charles Bradley a attendu douze années de plus avant de publier son premier album. Né en 1948, il a juste 14 ans quand il est subjugué par James Brown qu'il voit sur la scène de... l'Apollo Theater. Le rêve est là, il ne le quittera plus. Plus tard, Charles Bradley est cuisinier pour divers organismes, dont un hôpital psychiatrique, aux Etats-Unis et au Canada tout en poursuivant une modeste carrière de chanteur.
Charles Bradley à Jazz à Vienne

Charles Bradley à Jazz à Vienne

© Jean-François Lixon
Pendant ses représentations il reprend alors invariablement les chansons de son maître "Mister" Brown. Il porte alors le pseudonyme de "Black Velvet". Le fondateur de Daptone Records,  qui n'est autre que Gabriel Roth le batteur de Sharon Jones, le remarque lors d'une de ses shows. Et c'est là que tout commence vraimment pour lui. Il réalise le rêve d'enfant qu'il avait forgé face à James Brown un soir de 1962 : il est aujourd'hui professionnel et tourne dans le monde entier. "Victim of love" son deuxième album vient de sortir. Assoiffée de chaleur humaine et d'amour, cela transpire de ses chansons, Bradley termine le spectacle dans le public, visiblement très ému et serrant contre lui les spectateurs qui lui rendent son geste avec ferveur.
A la fin du concert, Charles Bradley descend dans la foule et serre contre lui les spectateurs

A la fin du concert, Charles Bradley descend dans la foule et serre contre lui les spectateurs

© Jean-François Lixon
D'autres artistes encore
Les autres artistes de cette "Daptone Super Soul Revue" sont Sugarman 3, des soulmen blanc sans chanteur, Saun and Starr deux chanteuses soul et Antibalas, un artiste qui promène sa Soul musclée du côté de l'Afrobeat.
Saun & Starr

Saun & Starr

© Jean-François Lixon
La soirée Soul avait commencé avec un jeune non-voyant pianiste et organiste prodige de 14 ans, vainqueur de la nuit amateur organisée à New York par l'Apollo, Matthew Whitaker.

Matthew Whitaker a joué en ouverture de la soirée et interprété très brillamment au piano et à l'orgue des morceaux notamment de Rhoda Scott, Dr Lonnie Smith, Jimmy Smith, Michael Jackson et Stevie Wonder à qui il fait irresistiblement penser, bien qu'il ne chante pas.

Ben L'oncle Soul
Le soulman français a conclu la première partie de la soirée en surchauffant le théâtre antique. Il a prouvé qu'il n'y a pas forcément besoin d'être américain pour maîtriser un genre né outre atlantique. A ce détail près que, décidément, l'anglais convient bien mieux que le français à la soul music. 

Très tard
La soirée anniversaire de l'Apollo Theater s'est terminée très tard, privant les spectateurs du théâtre antique de la douceur de Sarah McFarlane qui se produisait au club de minuit. Le show s'est terminé avec la présence sur la scène de tous les artistes américains à l'exception du jeune Matthew Whitaker.