Dee Dee Bridgewater et la Nouvelle-Orléans embrasent Jazz à Vienne

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/08/2015 à 18H39, publié le 28/06/2015 à 18H32
Dee Dee Bridgewater, Jazz à Vienne 2015

Dee Dee Bridgewater, Jazz à Vienne 2015

© Jean-François Lixon

Le festival "Jazz à Vienne", qui vient de débuter, fête ce week-end la Nouvelle-Orléans. Une terre de jazz que connaît bien Dee Dee Bridgewater. La voix puissante de la chanteuse, accompagnée par « The New Orleans Jazz Orchestra », a une nouvelle fois fait vibrer le public du théâtre antique. En première partie, Lillian Boutté et Satchmo Gumbo ont rendu hommage à Louis Armstrong

"Jazz à Vienne" débute son festival dans la joie et la bonne humeur. Après sa soirée d’ouverture vendredi autour d’une grande parade qui a animé les rues de la ville, le festival avait hier sur scène les meilleurs représentants de la musique de la Nouvelle-Orléans.

Dee Dee Bridgewater, "une amie de Jazz à Vienne"

Dee Dee Bridgewater est une habituée du festival. "C’est une amie de Jazz à Vienne", explique Stéphane Kochoyan, le directeur du festival, au public du théâtre antique quelques minutes avant l’arrivée de la diva du jazz sur scène. La chanteuse a en effet fait son premier "Jazz à Vienne" en 1986. Depuis, elle ne compte plus ses participations. "Au moins huit", selon la chanteuse. "C’est une histoire d’amour entre le festival et moi", se réjouit Dee Dee Bridgewater.

Dee Dee Bridgewater et le NOJO, ambassadeurs de la Nouvelle-Orléans  

Cette année, Dee Dee Brdgewater est venue au festival avec "The New Orleans Jazz Orchestra" (NOJO). Un big band de cadors avec lequel elle a enregistré son dernier album "Dee Dee’s Feathers". Un opus sorti en avril gorgé de swing aux savoureuses couleurs musicales de la Nouvelle-Orléans.

Sur scène, le résultat est époustouflant. Pour ce premier concert français, Dee Dee Bridegewater et le NOJO ont transporté le public de Vienne au cœur de la musique de la Nouvelle-Orléans avec des chansons traditionnelles comme le joyeux "Big Chief" ou encore l’optimiste et le célèbre "What a wonderful world" de Louis Armstrong. L’émotion était également au rendez-vous avec "Come Sunday" de Duke Ellington. À ces succès planétaires, Dee Dee Bridgewater et le NOJO ont apporté leur touche personnelle avec des compositions originales. Il y a eu notamment  "C’est ici que je t’aime", un titre composé par le trompettiste de renom Irving Mayfield, fondateur du NOJO.

Dee Dee Bridgewater et le NOJO, complices sur scène 

Dee Dee Bridgwater et Irving Mayfield, une belle complicité sur scène 

Dee Dee Bridgwater et Irving Mayfield, une belle complicité sur scène 

© Jean-François Lixon

Dee Dee Bridgewater n’est pas qu’une voix. Le public de Vienne a assisté ce samedi soir à un véritable show. Dès son entrée sur scène, la diva du jazz s’est montrée drôle et charmeuse en présentant les musiciens du NOJO comme "ses maris". Un humour et une bonne humeur qui ne quitteront pas la scène du théâtre antique. Très complices, Dee Dee Bridgewater et Irving Mayfield ont offert au public des duos, voix/trompette, qui devraient rester dans les annales du jazz. 

Une parade émouvante

Et pour terminer, cette joyeuse bande a conclu cette soirée dans la plus pure tradition des fêtes de la Nouvelle-Orléans. Par une parade. Dee Dee Bridgewater a quitté la scène, suivie d’Irving Mayfield et des autres musiciens du NOJO, pour rejoindre le public. Ils ont déambulé  et joué dans l’enceinte du théâtre antique devant des spectateurs à la fois surpris, émus et ravis de partager ce moment musical rare. Un beau final qui s’est bien sûr terminé par une standing ovation.  

Une première partie en hommage à Louis Armstrong

Lillian Boutté, Jazz à Vienne 2015

Lillian Boutté, Jazz à Vienne 2015

© Jean-Francois Lixon

Juste avant le concert de Dee Dee Bridgewater et du NOJO, le public avait eu une agréable surprise avec la prestation de Lillian Boutté et de Satchmo Gumbo, un groupe fondé par le trompettiste Jérôme Etcheberry. Lillian Boutté est ambassadrice de la musique de la Nouvelle-Orléans. C’est la deuxième personnalité à détenir ce titre, après Louis Armstrong. Satchmo Gumbo, comme son nom l’indique rend hommage à Louis Armstrong. Satchmo était le surnom du musicien américain. Sur scène, Lillian Boutté et Satchmo Gumbo ont enchainé les succès de Louis Armstrong. À ce jour, cette collaboration n’a donné lieu à aucun CD. Mais Jérôme Etcheberry dit réfléchir à un album live.

L’actualité et les projets de Dee Dee Bridgewater

Dee Dee Bridgewater n’avait pas sorti d’album depuis cinq ans. Elle a présenté son nouveau disque dans le journal de 13H du 24 juin 2015, en présence notamment d'Irving Mayfeld.

Cet été, la chanteuse se produit à l'occasion de plusieurs festivals français avec les musiciens du NOJO (le 26 juillet à Albertville, le 30 juillet à Narbonne…). Le 23 septembre, la chanteuse de jazz et son groupe se produiront à l’Olympia.
Dee Dee Bridgewater en conférence de presse

Dee Dee Bridgewater en conférence de presse

© Jean-François Lixon

Après "J’ai des idées en tête, avoue-t-elle, mais en général quand j’en parle cela n’aboutit pas. Donc je préfère ne rien dire". Quand elle n’est pas sur scène, Dee Dee Bridgewater écoute et s’intéresse à la nouvelle génération. "J’ai produit un jeune trompettiste qui s’appelle Théo Croker. Son album est sorti l’année dernière (…). Je cherche encore de jeunes artistes à produire." Des Français, peut-être, car la chanteuse reconnaît qu’il y a beaucoup de talents dans notre pays…   

 

Jazz à Vienne 2015, du 26 juin au 11 juillet
Les concerts et les dates sur le site officiel