Jazz à La Villette célèbre le gospel avec Archie Shepp

Par @Culturebox
Mis à jour le 30/08/2017 à 15H18, publié le 30/08/2017 à 15H19
Archie Shepp à son domicile d'Ivry-sur-Seine (22 août 2017)

Archie Shepp à son domicile d'Ivry-sur-Seine (22 août 2017)

© J.Mars / JDD / SIPA

Jazz à La Villette, qui commence jeudi à Paris, célèbre les divers courants de la musique noire américaine, avec en vedette le gospel et le saxophoniste Archie Shepp, 80 ans, pour sa dixième participation à un festival dont il symbolise l'esprit d'ouverture.

"Archie Shepp représente un peu l'ADN de Jazz à La Villette, un festival où nous aimons raconter cette histoire de la "great black music", qui va du gospel au jazz, au free, au hip hop, à la soul, au funk", a confié à l'AFP Vincent Anglade, co-programmateur du festival, dont la 16e édition a lieu jusqu'au 13 septembre dans diverses salles du Parc de La Villette et d'autres lieux associés du nord-est parisien.
 
Après avoir, au gré de ses précédentes apparitions, mêlé son free jazz au blues, au hip hop, à la danse contemporaine ou au jazz afro-cubain, Archie Shepp a cette fois conçu une création autour des "spirituals", racines de la musique noire américaine. Il la présentera le 12 septembre, accompagné d'un choeur gospel.

Archie Shepp : le gospel, c'est ma vie, ma jeunesse

"Le gospel, ça représente ma vie, ma jeunesse, l'histoire de mon peuple", raconte Archie Shepp, qui a soufflé ses 80 bougies le 24 mai.
 
"J'ai été souvent à l'église avec ma grand-mère jusqu'à l'université. Je suis né en Floride (à Fort Lauderdale), mais on a déménagé très vite à Philadelphie, où il y avait beaucoup d'églises noires, qui organisaient des 'battle songs' auxquelles ont participé à l'époque Ray Charles, les Five Blind Boys ou le Golden Gate Quartet", poursuit-il.
 
"Le gospel découle des chants de travail, premières chansons folk noires américaines. Ces chants, non religieux au départ, le sont devenus ensuite, pour donner les spirituals", précise celui qui enseigna un temps la sociologie.

Le gospel et la soul au cœur du festival

"Le gospel, autant que le blues, sont informés par les chants de travail. Ecoute Ray Charles, ce cri, ça vient des chants de travail, nés de l'oppression. Les bluesmen comme Muddy Waters, Blind Lemon Jefferson ou BB King chantaient avec des âmes qui touchent", précise celui qui débuta à l'âge de seize ans dans des groupes de rhythm'n'blues.
 
Le gospel et son descendant direct, la soul music, sont au coeur du festival. Et ce, dès son ouverture jeudi avec Corey Henry & the Funk Apostles. Le jazz funk et le son du groupe de ce jeune musicien new-yorkais sont très actuels. Mais, par sa ferveur et l'utilisation de l'orgue Hammond, instrument longtemps confiné aux églises baptistes noires, elle est en prise directe avec le gospel.
 
Les chanteurs Gregory Porter et Don Bryant placeront aussi la soirée du 5 septembre sous le signe du gospel et de la soul.

A l'affiche, Dianne Reeves et Angelique Kidjo dans un hommage à Celia Cruz

Pur produit de ces musiques qu'il a interprétées au sein des Four Kings, Bryant appartient avec Otis Redding et Al Green à cette famille de chanteurs dont le style prenant, parfois véhément, évoque les prêches des pasteurs protestants.
 
Dianne Reeves, à l'affiche le 10, a opté rapidement pour une carrière de chanteuse de jazz. Mais plusieurs chansons de cette diva, née à Detroit où son adolescence fut bercée par les tubes de la Tamla Motown, trahissent son penchant pour la soul music.
 
Jazz à La Villette offrira également une soirée salsa. Le 6 septembre, Angelique Kidjo, Béninoise installée à New York, rendra hommage à Celia Cruz, la reine de la "salsa cubana". Avant elle, le Spanish Harlem Orchestra, créé en 2003 par Oscar Hernandez, un ancien musicien de Ruben Blades, aura chauffé la salle.